Cinq autobus, Rose-Alma et des petits partis
Pendant quelques heures cette semaine, les autobus des cinq chefs se sont tous retrouvés dans le même quadrilatère, à Québec.
Deux des auteurs de ces lignes, qui revenaient du St-Hubert un butin de volaille en main, les ont aperçus se garer tour à tour, mercredi, autour du parc de la Francophonie, tout près de l’hôtel du Parlement.
Les leaders des cinq formations politiques principales étaient attendus à l’Assemblée nationale, où se tenait l’émission radio-canadienne Cinq chefs, une élection.
Dans l’agora du parlement, ils ont répondu aux questions des trois animateurs, Sébastien Bovet, Alec Castonguay et Anne-Marie Dussault, pendant que leurs adversaires les regardaient du coin de l’œil à l’écran en bouclant leurs préparatifs quelques étages plus haut.
Premier d’une série de grands rendez-vous télévisuels de la campagne, Cinq chefs, une élection n’occupe pas une place majeure dans l’esprit des organisateurs politiques.
« Si tu as une mauvaise performance, ça peut te nuire », a convenu un membre de l’entourage du chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon. « Mais ce n’est pas ça qui fait bouger l’aiguille. »
La preuve, souligne-t-il : « PSPP » a été le seul à recevoir une question dite « génie en herbe », sur la taille du budget de la santé au Québec. Même s’il s’est trompé d’environ 20 milliards de dollars, ce n’est pas ce qui a été retenu de sa performance, estime notre source. « L’œuvre générale nous satisfait. »
Chassez le naturel…
Entre les entrevues aux heures de grande écoute, les annonces ultra-chorégraphiées et les périodes de questions serrées, des imprévus viennent parfois humaniser l’exercice électoral. Éric Duhaime en a surpris quelques-uns mardi en racontant comment sa grand-mère avait réagi quand il lui a révélé qu’il était homosexuel.
« Moi, une des personnes que j’ai le plus aimées au monde, c’est ma grand-mère, qui nous a quittés il y a quelques années. Puis Rose-Alma, c’était une femme pieuse qui allait à l’église tous les jours. […] Puis un jour, il a fallu que j’annonce que je suis homosexuel et ça a été difficile pour elle et pour moi. Puis on ne s’est pas chicanés. On n’a pas arrêté de se voir, on s’est aimés autant. Puis elle m’a accepté comme je suis », a-t-il relaté alors qu’il était talonné sur l’homophobie d’un de ses candidats favorable aux thérapies de conversion.
« J’ai toujours pensé que, politiquement, mon rôle comme leader politique, c’était de rassembler les gens. Peu importent nos croyances religieuses, peu importe qu’on soit athée ou non. »
Dans certains cas, les campagnes planifient, voire scénarisent, des moments plus authentiques. Ce fut le cas pour Charles Milliard, que son équipe a dépêché mardi sur la rue principale de Magog pour servir des crèmes glacées et des poutines à la cantine Chez Paul. À l’arrière du comptoir, le candidat au poste de premier ministre semblait trouver que ce n’était pas trop compliqué.
Ruba Ghazal, de son côté, a exposé une facette de sa vie privée cette semaine, au Bas-Saint-Laurent, en faisant campagne aux côtés de son conjoint, l’acteur Hubert Proulx. Le couple s’est notamment arrêté à la Fromagerie des Basques, où les journalistes présents ont pu constater à quel point l’acteur était populaire. Davantage qu’elle, a reconnu candidement le comédien à Radio-Canada. « Dès que je sors de Montréal, tout le monde me reconnaît. Mais Ruba commence à être connue quand même pas mal. »
Le conjoint de Christine Fréchette, lui, fait campagne à ses côtés sans interruption depuis le lancement. Il observait attentivement, vendredi, quand la cheffe caquiste a dû répondre à une série de questions sur ses allégeances référendaires. Vice-président chez Desjardins, Guy Nadeau a pris un congé sabbatique pour profiter pleinement de l’expérience. En entrevue à Tout un matin, il a décrit la campagne comme une « occasion unique », mais aussi comme un « marathon avec un 100 mètres à tous les jours ».
Petits partis, grandes idées
Pendant ce temps, le brassage d’idées a cours aussi à l’extérieur des cinq principaux partis en lice.
Invités mercredi à débattre des enjeux qui concernent la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, à Montréal, Linda Sullivan, Adrien Welsh ou encore Lina Zdruli ne manquaient pas d’idées. Inconnus pour le commun des électeurs, ils sont tous candidats sous l’étiquette d’un « petit parti ». Linda Sullivan, du Parti marxiste-léniniste du Québec, propose, par exemple, de réquisitionner les hôtels pour sortir les gens de la rue, ou de confier le ministère du Logement à l’un des coordonnateurs du Front d’action populaire en réaménagement urbain.
Pour lutter contre l’insécurité grandissante dans le Village, Lina Zdruli, du Parti vert du Québec, aimerait repenser l’éclairage de certaines rues et des terrains vagues. Selon elle, cette solution a déjà fait ses preuves à New York ou à Philadelphie.
Adrien Welch, le représentant du Parti communiste du Québec, souhaite que les soins de santé mentale soient couverts à 100 % par l’assurance maladie. Idem pour la santé dentaire et oculaire.
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