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Friday, September 11, 2026

Des crânes transformés en coupes et des os découpés : ce que révèlent trois grottes du Néolithique dans cette région d’Europe

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Les grottes de Malalmuerzo, Carigüela et Majolicas, dans la région de Grenade, sont connues depuis plus d'un demi-siècle pour avoir livré des restes humains portant des traces de découpe, de fractures ou de morsures.

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Dans une étude publiée dans le Journal of Archaeological Science, des chercheurs ont réexaminé près de 1 000 fragments osseux provenant de ces trois cavités. Ils ont étudié les coupures, impacts, fractures et marques de dents, tout en estimant l'âge des individus grâce au développement des os et de la dentition. Des analyses statistiques et des outils d'apprentissage automatique ont également aidé à classer les différents types de dommages.

Pour Antonio Rodríguez-Hidalgo, co-auteur de ces recherches, ces vestiges montrent surtout qu'il serait trompeur de parler d'une seule forme de « cannibalisme néolithique ».

Trois grottes, trois histoires

À Malalmuerzo, les ossements semblent correspondre à un épisode unique de violence collective survenu vers 5000 avant notre ère. Des victimes de différents âges auraient été concernées, suggérant un événement particulièrement brutal.

À Carigüela, le scénario est différent. Les restes s'échelonnent sur plusieurs périodes du Néolithique, ce qui indique que ces pratiques ont pu s'y répéter. Deux crânes ont même été transformés en coupes, signe d'un traitement particulier réservé à certains restes humains.

Au moins deux crânes humains datant du Néolithique ont été transformés en coupes dans la grotte de Carigüela, à Grenade. © Antonio Rodríguez- Hidalgo / IAM-CSIC

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Ainsi, des marques de découpe comparables peuvent cacher des contextes sociaux très différents. Consommer un corps humain n'aurait donc pas nécessairement eu la même signification d'un groupe à l'autre, ni d'une époque à l'autre.

Une pratique parfois rituelle ?

À Majolicas, les traces les plus récentes remontent à environ 3800 avant notre ère et ne semblent pas directement liées à un épisode violent. Certains ossements ont été colorés en rouge, probablement avec du cinabre, un pigment minéral pouvant être associé à des pratiques symboliques ou funéraires.

Des traces de découpe sont visibles sur l’os zygomatique d’un crâne adulte découvert dans la grotte de Majolicas. © Antonio Rodríguez- Hidalgo, IAM-CSIC

Cette particularité suggère que la manipulation des corps pouvait aussi relever du rituel. Plus largement, les données archéologiques montrent que le cannibalisme est réapparu à plusieurs moments du Néolithique européen, sans former pour autant une pratique continue et uniforme.

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Les chercheurs restent prudents sur les motivations. Conflits, pratiques funéraires ou traitements symboliques des morts ont pu se succéder ou coexister. Des millénaires plus tard, les os racontent donc moins une histoire unique du cannibalisme qu'une mosaïque de comportements humains.

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