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Friday, November 6, 2026

Les seuils d’immigration d’Ottawa restent au même niveau

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Les seuils d’immigration permanente et temporaire au Canada ne sont finalement pas revus à la hausse, contrairement à ce que le premier ministre Mark Carney avait récemment laissé entendre. Son gouvernement maintient ses cibles annuelles d’admission de 370 000 résidents temporaires et de 380 000 résidents permanents jusqu’en 2029, des niveaux jugés « plus viables » que sous l’ère Trudeau.

Les grandes lignes du Plan des niveaux d’immigration 2027-2029 ont été révélées jeudi dans le budget fédéral 2026, intitulé Maîtres chez nous.

Les seuils des trois prochaines années restent donc inchangés par rapport aux cibles évoquées l’an dernier, qui avaient elles aussi été dévoilées dans le budget fédéral. Ottawa avait alors réduit considérablement le nombre de résidents temporaires (travailleurs et étudiants) et avait stabilisé ses seuils d’immigration permanente pour ramener l’immigration à des « niveaux acceptables ».

Le gouvernement Carney estime que c’est maintenant chose faite. « Depuis notre entrée en fonction, il y a 20 mois, nous avons repris le contrôle de l’immigration. Le Plan des niveaux d’immigration 2027-2029 est axé sur la stabilisation de l’immigration à des taux viables », peut-on lire dans le document de 583 pages.

Plusieurs s’attendaient à ce que les seuils d’immigration soient revus à la hausse, notamment en raison d’une entrevue qu’avait accordée Mark Carney au New York Times en septembre. Le chef du gouvernement avait alors affirmé qu’il fallait dorénavant chercher à savoir quand entamer une « augmentation contrôlée » de la population du pays, le système d’immigration canadien étant rentré dans l’ordre.

Trouver un équilibre

À la veille du dépôt du budget, le chef conservateur Pierre Poilievre avait quant à lui demandé au gouvernement de réduire davantage le nombre d’admissions pour l’immigration permanente, sans toutefois s’avancer sur un chiffre. À Québec, le premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, souhaitait lui aussi une réduction des seuils d’immigration.

Dans son budget, le gouvernement Carney explique toutefois qu’il doit rester à l’écoute des inquiétudes de différents milieux quant à la pénurie de main-d’œuvre. Les cibles d’immigration doivent venir « répondre aux besoins régionaux et sectoriels » tout en maintenant les taux globaux d’immigration à « des niveaux viables ».

« Cela signifie qu’il faut trouver un équilibre entre l’immigration temporaire qui répond aux pressions immédiates sur la main-d’œuvre, et l’immigration permanente qui répond aux besoins économiques à long terme et aux lacunes structurelles du marché du travail », peut-on lire.

Voie vers la résidence permanente

Si le gouvernement Carney n’a rien changé à ses cibles, il présente tout de même une nouveauté dans son budget de jeudi : d’ici la fin de 2027, il a l’intention d’accélérer la voie vers la résidence permanente pour 200 000 résidents temporaires qui se trouvent déjà au Canada. Ces résidents ne sont toutefois pas inclus dans les cibles annuelles globales.

Aucune autre information n’est précisée sur les critères de sélection de ces résidents, mais Ottawa espère que cela se traduise par une « plus grande immigration économique permanente ».

La moitié des 200 000 résidents temporaires pourront d’ailleurs accéder à la résidence permanente au moyen du programme Entrée express, un programme fédéral qui traite des demandes pour les travailleurs qualifiés, ou du Programme des candidats des provinces, qui permet aux provinces et territoires de sélectionner des travailleurs.

Les admissions d’immigrants temporaires ont chuté considérablement depuis les deux dernières années : le nombre de nouveaux étudiants internationaux a diminué de 71 % de janvier à août 2026 par rapport à la même période en 2024 ; celui des travailleurs temporaires, de 57 % ; et celui des demandeurs d’asile, de 68 %.

Le nouveau plan d’Ottawa en immigration est somme toute peu détaillé dans les documents budgétaires, tenant sur environ une page et demie. La ministre fédérale de l’Immigration, Lena Diab, doit déposer le rapport complet sous peu.

Il s’agit du deuxième budget déposé par le gouvernement Carney, mais le premier depuis qu’il est devenu majoritaire à la Chambre des communes. Son adoption est donc assurée.

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