« Un député m’a proposé de la cocaïne » : la drogue, l’ultime tabou du monde politique

La drogue, tabou ultime du monde politique ? « La drogue est un problème de société, y compris chez les personnes hautement qualifiées et je ne peux pas imaginer que la politique y échappe. On a parfois qualifié l’alcool de dernier tabou en politique. Non, c’est la drogue, le tabou ultime. »
Le Parlement, la nuit
Ivan De Vadder est journaliste et l’un des plus fins observateurs néerlandophones de la vie politique. Dans une interview à des médias flamands, en lien avec son nouveau livre, il revient sur la demande du Premier ministre, Bart De Wever, de bannir l’alcool du Parlement.
Nous avons posé les mêmes questions aux six partis francophones qui ont des député(e)s à la Chambre.La drogue est-elle le dernier tabou en politique ? Les partis rejettent l’idée, en insistant sur le devoir d’exemplarité des politiques. « C’est l’esprit des nouveaux statuts adoptés par le PS en juillet : ils renforcent les exigences éthiques, tout en prévoyant que les situations soient examinées en tenant compte de l’ensemble des circonstances ».
Au MR, on fustige néanmoins ceux qui propageraient des soupçons sans apporter de preuves… ou qui se tairaient alors qu’ils savent quelque chose.
« Le débat doit reposer sur des faits, pas sur des soupçons ou amalgames. Il existe d’autres tabous en politique », réagit Sofie Merckx, cheffe de groupe du PTB à la Chambre, ciblant le sexisme.
Devoir d’exemplarité aussi pour Écolo, « car la population attend d’eux qu’ils soient pleinement en mesure de consacrer leur énergie à apporter des solutions concrètes à ses problèmes ».
Les Engagés veulent « une cohérence entre ce que nous considérons comme inacceptable dans une entreprise et ce que nous acceptons dans un parlement, un cabinet ministériel ou un gouvernement. Pas de passe-droit pour les politiques ! ».
Cohérence également chez DéFI « au regard de notre lutte contre le narcotrafic, mais aussi une nécessité pour restaurer la confiance déjà si faible des citoyens dans les institutions ».
2. Comment réagiriez-vous si un de vos mandataires était pris en flagrant délit de consommation ? « Exclusion immédiate », dit le président du MR, Georges-Louis Bouchez. « Celui qui consomme a du sang sur les mains. C’est encore plus inadmissible si un politique n’en a pas conscience. »
« Nous attendrions d’un de nos mandataires qu’il assume pleinement ses actes et leurs conséquences, sur le plan individuel et politique », renchérit-on chez Les Engagés.
Pour DéFi, la sanction doit être l’écartement, en parallèle d’une orientation vers une structure de soins, alors que le PS « examinerait les faits avant de prendre, le cas échéant, les mesures appropriées et proportionnées »
« Nous serions extrêmement fermes », dit-on au PTB, alors qu’Écolo met un tel comportement incompatible avec la dignité de la fonction sur le même pied que des propos racistes ou des comportements violents.
Le dépistage des ministres et de leurs équipes en France, un exemple à suivre en Belgique ? Au MR, on trouve le débat français un peu malsain ; s’il faut y soumettre les politiques, pourquoi ne pas y associer toutes les professions sensibles (policiers, pilotes d’avion, enseignants, etc.) ?
Le PS veut que cela réponde à un objectif précis, de façon proportionnée et strictement encadrée. Une position que partage Écolo. Le PTB dit qu’il s’y soumettrait et DéFI y est totalement favorable, dans un cadre juridique clair.
Les Engagés ne veulent ni d’une chasse aux sorcières, ni d’un régime de faveur : « Des dépistages systématiques et généralisés nous sembleraient excessifs ; cela instaurerait une forme de suspicion permanente. Des mécanismes de contrôle peuvent exister lorsqu’il y a des indices concrets ».
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