Laïcité pour les élèves du primaire | Choisir entre sa foi et son éducation n’est pas une option, s’indignent des groupes religieux

Des représentants des communautés religieuses québécoises dénoncent l’intention du nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon d’interdire le port de signes religieux aux enfants du primaire. Une décision qui obligerait les enfants et leurs familles à faire un « choix impossible » entre la foi ou l’éducation, déplorent-ils.
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« Les personnes qui représentent l’État doivent paraître neutres. Les enfants ne sont pas l’État. Un élève en classe ne représente personne d’autre que lui-même », a soutenu Mehramat Kaur, représentante de l’Organisation mondiale sikhe du Canada.
« Une telle interdiction placerait nos familles devant un choix impossible entre leur foi et l’éducation de leurs enfants », a-t-elle dénoncé, en conférence de presse aux côtés d’autres représentants des communautés chrétiennes, juives et musulmanes.
Cette sortie des groupes religieux survient après que le nouveau ministre de l’Éducation, Joël Arseneau, a annoncé qu’il était « non négociable » d’interdire le port des signes religieux par les élèves québécois, une promesse du parti.
« Une petite fille de 10 ans devrait avoir le droit d’aller à l’école, point final », a lancé Anaïs Bussières McNicoll, directrice des libertés fondamentales à l’Association canadienne des libertés civiles, à l’intention du nouveau gouvernement.
Pendant sept ans, le précédent gouvernement a « détourné la notion de laïcité de l’État pour exclure certains groupes religieux, les femmes musulmanes en particulier, de pans de plus en plus grands de la vie publique », estime-t-elle.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Anaïs Bussières McNicoll, directrice des libertés fondamentales à l’Association canadienne des libertés civiles, affirme que l’intention du gouvernement péquiste sur le port des signes religieux au primaire « attaque directement les enfants ».
Pertes d’emplois, réorientation de carrières ou arrêt de certaines activités sont des conséquences de la loi sur la laïcité adoptée par la Coalition Avenir Québec avant, a-t-elle rappelé. Mais cette fois, le gouvernement « s’attaque directement aux enfants » et envoie un « message qui normalise l’exclusion et le rejet de la différence », ajoute-t-elle.
Les directions d’école ont souligné dans les derniers jours que le port des signes religieux par les élèves du primaire ne causait pas d’ennuis. « Une fois de plus, on est devant une solution à la recherche d’un problème », a dit Mme Bussières McNicoll.
Une mobilisation potentielle
Des actions de mobilisation sont envisagées par les organismes, affirme Anaïs Bussières McNicoll « Ce n’est pas le genre de mission qu’on peut mener à bien tout seul. Il faut s’unir. »
« Paul St-Pierre Plamondon avait promis d’être le premier ministre de tous les Québécois et Québécoises. Il promettait un gouvernement rassembleur avec des politiques équilibrées et intelligentes. Mais malheureusement, en moins de deux semaines, cette promesse est effacée », estime Stephen Brown, président-directeur général du Conseil national des musulmans canadiens.
Il déplore que le gouvernement souhaite « négocier le retrait de droits fondamentaux » sans les consulter. On se rapproche de ce qu’il se passe « dans les républiques de bananes », soutient-il. « Est-ce que nos droits valent quelque chose ? »
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