Sophie Adenot bientôt de retour sur Terre : pourquoi la gravité sera alors son plus grand défi
L’astronaute française Sophie Adenot s’apprête à bientôt quitter la Station spatiale internationale (ISS), où elle vit depuis février 2026. Le plus difficile est-il pour autant derrière elle ? À son retour, un grand défi l’attendra, lorsque son corps devra se réhabituer à la gravité terrestre.
Trois sorties extravéhiculaires, dont une de près de 7 heures : depuis février 2026, le séjour de Sophie Adenot a déjà mis son corps à rude épreuve. Son retour sur Terre approche : même si la date exacte du départ de l’ISS de Sophie Adenot n’est pas encore fixée, on sait que l’équipage de Crew-13, qui prendra la relève, se prépare au décollage pour le 1er octobre 2026. La rotation entre les équipages ne devrait donc pas tarder à s’organiser, ce qui sera synonyme de fin de mission pour Sophie Adenot.
Même une fois la mission achevée, quand l’astronaute française sera de retour sur la terre ferme, elle ne sera pas au bout de ses peines. Après des mois en apesanteur, son organisme aura en quelque sorte désappris la gravité.
Là-haut, un corps qui se déconditionne
Dans la Station spatiale internationale, le corps ne porte plus son propre poids. On parle d’apesanteur, même si les scientifiques préfèrent le terme de microgravité : une gravité résiduelle subsiste toujours, mais le corps, lui, flotte. Ses muscles travaillent alors beaucoup moins, et ses os se déminéralisent peu à peu. C’est pour limiter cette perte osseuse que les astronautes font autant de sport en orbite, chaque jour.

De retour, tout pèse une tonne
La première sensation, à l’atterrissage, est souvent le poids de sa propre tête. L’astronaute français Thomas Pesquet a raconté cette impression troublante, comme si sa tête basculait toute seule. Chaque objet semble soudain peser une tonne, et le moindre geste peut donner la nausée.
À l’intérieur, c’est la pagaille. En orbite, le cœur envoie moins de sang vers le cerveau, car il n’a plus à lutter contre la pesanteur. De retour au sol, cette adaptation se retourne contre l’astronaute : les malaises et les évanouissements sont fréquents dans les premières heures.
Le cerveau, lui, est déboussolé. Il doit retrouver ses repères pour tenir en équilibre, s’orienter, distinguer le haut du bas. Autant d’informations que la gravité nous fournit en permanence, sans qu’on y prête attention.
Il y a aussi ce réflexe oublié : sur Terre, tout tombe. Thomas Marshburn, astronaute de la Nasa, en a fait une vidéo pleine d’humour, en lâchant une tasse et un stylo comme s’ils allaient flotter autour de lui. Ce réflexe met quelques jours à revenir. Pesquet, lui, s’était retrouvé fasciné par sa première douche, à regarder les gouttes tomber bien droit vers le bas.
Le corps des astronautes, un véritable laboratoire
Tous ces symptômes intéressent les scientifiques au plus haut point. Le corps des astronautes devient un laboratoire à lui seul : en le comparant avant et après la mission, les chercheurs mesurent comment l’organisme humain encaisse l’absence de gravité, puis s’y réadapte. Notre corps orchestre en permanence des mécanismes qu’on ne remarque même pas.
Pendant des mois, Sophie Adenot aura vécu sans presque aucune gravité. En rentrant, elle va redécouvrir la plus banale des sensations : le poids de son propre corps. Comme souvent dans l’aventure spatiale, il faut s’éloigner de la Terre pour comprendre à quel point notre organisme est réglé pour y vivre.
Cet article est issu de la chronique de Numerama dans l’émission « À suivre avec Loïc de La Mornais » diffusée du lundi au jeudi de 21h à 23h.
Une émission en partenariat avec Numerama : retrouvez les chroniques de Nelly, Lisa et Julien en direct tous les mercredis à 22h20.
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