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Saturday, September 12, 2026

Saint-Léonard | Des oiseaux de proie ont effrayé des résidants

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Le calme est revenu dans un secteur paisible de l’arrondissement de Saint-Léonard, dans le nord-est de Montréal. Les deux éperviers de Cooper qui ont intimidé des résidants, au mois d’août, se sont éloignés. Mais pendant quelques jours, ils ont fait sentir leur présence et soulevé bien des questionnements.

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Les cris stridents d’un épervier de Cooper, le 10 août et les jours suivants, ont été remarqués par plusieurs citoyens du secteur, qui ont vu l’oiseau à différents endroits. Chez une famille en particulier, le sentiment d’insécurité a atteint son paroxysme lorsqu’un deuxième épervier de Cooper s’est joint à lui.

« Cette journée-là, les deux éperviers criaient dès que ma mère sortait dans la cour, se rappelle Alyssa Egiziano. Je me suis sentie prisonnière dans ma maison. Je ne savais pas s’ils nous voyaient comme des proies. »

« Déjà, les jours précédents, j’attendais une heure après la fin des cris avant d’aller dans la piscine. Mais ce jeudi-là, c’était épouvantable. Ils étaient deux et je les voyais se précipiter vers quelque chose dans les arbres. Ma mère avait eu une mésaventure avec le premier épervier et on se demandait s’ils pouvaient être agressifs envers nous », poursuit-elle.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Alyssa Egiziano se sent davantage en sécurité dans sa cour depuis qu’elle n’entend plus les cris des deux éperviers de Cooper.

Sa mère avait en effet eu une bonne frousse lorsque, en admirant l’épervier de Cooper, perché sur le cabanon d’un voisin, elle a croisé son regard. L’oiseau de proie a plissé ses yeux et a soulevé ses épaules en criant comme s’il s’apprêtait à l’attaquer. Elle a eu le réflexe de se jeter sous la table à côté d’elle, pour se protéger. Était-elle en danger ?

À en juger par une photo qui a été prise, il s’agissait d’un épervier de Cooper juvénile, selon le DGuy Fitzgérald, enseignant à la Clinique des oiseaux de proie de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, qu’il a fondée en 1986.

« L’humain n’est pas une proie potentielle, mais il est intrigant pour les jeunes, qui restent en famille pendant une certaine période d’apprentissage, explique le vétérinaire. Les adultes leur montrent à chasser et leur réaction envers les humains peut être très variable, parce qu’ils n’ont pas appris à les craindre. Les regarder dans les yeux crée de l’inquiétude et, quand ils sont inquiets, ils vont monter les épaules ou essayer de se faire gros pour intimider. C’est une réaction de défense. Quand on travaille avec les oiseaux de proie, on ne les regarde pas dans les yeux. Si on regarde dans le vide en les approchant, ils sont beaucoup plus calmes. »

PHOTO FOURNIE PAR LE DGUY FITZGÉRALD

Au début de septembre, le DGuy Fitzgérald a effectué l’examen d’admission d’un jeune balbuzard pêcheur trouvé pris dans un fil à pêche.

Il y a 27 espèces d’oiseaux de proie au Québec, qui sont toutes protégées, et on en retrouve de 18 à 20 dans la région de Montréal, révèle le médecin vétérinaire, qui préside l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie. Certaines d’entre elles sont présentes depuis relativement peu de temps, comme l’épervier de Cooper, un oiseau de proie forestier. Les humains ont empiété sur son territoire, à cause de l’étalement, et il s’adapte.

« Les oiseaux de proie sont à déclaration obligatoire aux agents de protection de la faune, s’ils sont en difficulté, indique-t-il. On en reçoit environ 400 par année, qui viennent de partout au Québec, et on leur donne des soins adéquats avant de les remettre en liberté. On effectue aussi un travail d’éducation, en donnant de 350 à 400 conférences par année dans les écoles, les parcs et les bibliothèques. C’est de la médecine préventive, parce qu’il y a encore des oiseaux de proie qui sont tirés au fusil, alors qu’il n’y a pas de raison de les chasser. Ce qui se fait à l’Université de Montréal avec les faucons pèlerins est d’ailleurs merveilleux, en rendant accessibles des images inédites d’une espèce qui est un peu le porte-étendard des espèces menacées. Comme l’a écrit l’UNESCO dans les années 1990, on est plus enclin à protéger ce qu’on apprend à aimer. »

En 2008, lorsque Eve Bélisle a installé un nichoir au sommet du pavillon Roger-Gaudry pour les faucons pèlerins qu’elle avait vus voler autour de la tour de l’Université de Montréal, elle était loin de s’imaginer que son projet grandirait et rejoindrait éventuellement des milliers d’amateurs d’oiseaux de proie sur YouTube et Facebook. L’Université de Montréal vient même de lancer une infolettre.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Eve Bélisle a installé un nichoir pour des faucons pèlerins au sommet du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal en 2008.

« Je les trouvais beaux et ils étaient encore sur la liste des espèces menacées, indique Mme Bélisle, qui est professionnelle de recherche à Polytechnique Montréal. Le nichoir a fonctionné la deuxième année, parce que je m’y suis prise plus tôt, puis on s’est dit que ce serait le fun d’avoir une caméra pour voir ce qui se passe. D’année en année, le projet a évolué. On a maintenant quatre caméras et le projet est autofinancé grâce aux revenus générés par YouTube. »

Plus de 35 fauconneaux sont nés dans le nichoir, dont 3 le printemps dernier, qui se portent bien. « La plus grande contribution du projet, c’est l’éducation du public, estime Eve Bélisle, qui s’est toujours impliquée bénévolement. Il faut protéger les oiseaux de proie et s’assurer qu’ils aient un site de nidification adéquat. Ils ont une très grande importance en ce qui concerne l’équilibre de la faune à Montréal. »

Certaines des espèces pouvant être vues à Montréal

  • Le harfang des neiges
  • La petite buse
  • Le vautour d’Amérique
  • Le pygargue à tête blanche
  • Le petit-duc maculé
  • Le grand-duc d’Amérique
  • La chouette rayée
  • Le faucon pèlerin
  • L’épervier de Cooper

Source : le DGuy Fitzgérald, fondateur de la Clinique des oiseaux de proie de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Consultez la page sur les faucons du site de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal Consultez le site de l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie Consultez le site Chouette à voir

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