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Friday, October 16, 2026

Policier urinant sur un sans-abri | Un geste « abominable », condamne la mairesse de Montréal

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La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, dénonce les gestes qui auraient été posés au poste de quartier (PDQ) 21, où un policier a été suspendu pour avoir uriné sur un sans-abri. Dans le milieu communautaire, on déplore que cette affaire soit « loin d’être un cas isolé ».

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« On ne peut pas imaginer qu’aujourd’hui, en 2026, quelqu’un pose un geste aussi inhumain. La frustration que j’exprime aujourd’hui, c’est celle de plusieurs citoyens », a fait valoir la mairesse vendredi, lors d’une entrevue téléphonique. Sur les ondes de TVA, un peu plus tôt, elle avait qualifié le geste « d’abominable ».

Vendredi, La Presse révélait que des plaintes de comportements humiliants ont mené à deux suspensions au PDQ21 du centre-ville de Montréal au cours des dernières semaines.

Le premier serait un policier affecté à la patrouille qui a été suspendu de ses fonctions parce qu’il aurait uriné sur une personne itinérante pendant ses heures de travail. L’autre dossier concernerait des images sur lesquelles un agent semblerait prendre la pose et s’amuser à ridiculiser un suspect placé dans une position humiliante dans le cadre d’une interpellation.

Pour Mme Martinez Ferrada, « c’est dommage que la nouvelle sorte le jour où on se rassemble pour parler d’itinérance ». Elle fait ainsi référence à la Nuit des sans-abri qui a lieu ce vendredi. À Montréal, divers rassemblements sont prévus, dont une marche de solidarité qui s’amorcera sur la rue Notre-Dame vers 13 h 30.

« Ça vient faire ombrage au travail incroyable des organismes communautaires, qui collaborent très bien avec les policiers du PDQ21. Tout ce travail, il est basé sur la confiance. Et aujourd’hui, cette relation de confiance est fragilisée. Moi, c’est surtout ça qui m’inquiète », a insisté la mairesse.

Elle se dit néanmoins « rassurée de savoir » que ce sont des policiers de la base, choqués par les inconduites dont ils auraient été témoins, qui ont eux-mêmes dénoncé. « Le service de police a réagi très rapidement, on a eu une rencontre ce matin. Maintenant, on doit attendre les résultats de l’enquête. »

Pas un cas isolé, dit une intervenante

La Fraternité des policiers et policières de Montréal a de son côté évoqué vendredi des « allégations choquantes ». Dans un bref communiqué, l’association syndicale « réitère avec force qu’elle condamne totalement et fermement toute atteinte à la dignité de quiconque, ainsi que tout comportement dérogatoire et contraire à ses valeurs ».

L’affaire a vite rebondi dans le milieu communautaire. « C’est bien loin d’être un cas isolé, comme certains vont tenter de faire croire à la population », a réagi la directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, Annie Savage.

« On a déjà parlé à la haute direction du SPVM pour adresser des situations hautement inquiétantes, comme celle qu’on voit ce matin. On aurait beaucoup d’exemples comme ça à donner », soutient Mme Savage, en évoquant « de la violence verbale, des menaces, des tickets et de l’intimidation récurrente » envers les personnes vulnérables.

Son groupe s’inquiète par ailleurs « d’entendre la Ville parler de hausse de la surveillance et de caméras » dans le métro de Montréal, où l’itinérance est plus visible que jamais. « On sait que ça se traduit par de la répression envers nos communautés, mais aussi des violences comme celle qu’on voit ce matin », note Mme Savage.

Mardi, la Société de transport de Montréal (STM) avait annoncé que son Centre de répartition et de vigie des opérations (CRVO) sera « modernisé » au coût de 3 millions. Cela fera passer le nombre de caméras pouvant être surveillées en temps réel par un employé de 72 à 432, afin d’accélérer la détection de méfaits ou d’incivilités.

La cheffe de l’opposition officielle, Ericka Alneus, se demande quant à elle si « la mairesse estime que son règlement sur les incivilités s’applique aussi aux agents en fonction ».

Adopté fin septembre, le règlement en question interdit d’intimider, harceler, menacer ou insulter les policiers et les employés municipaux, sous peine d’amendes pouvant aller jusqu’à 2000 $. « Être en situation d’itinérance ne fait perdre à personne ses droits ni sa dignité. Rien ne justifie de traiter un être humain de cette façon », a conclu Mme Alneus.

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