Starlink bridé en Ukraine, un ministre polonais tance Elon Musk : « Mon grand, tu fais encore de la politique avec tes produits ? »
Radosław Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, a interpellé Elon Musk, après que SpaceX a bridé à 160 km/h les terminaux Starlink de l’armée ukrainienne. Les deux hommes s’étaient déjà accrochés publiquement en mars 2025 et en janvier 2026.
Radosław Sikorski vs Elon Musk, round trois ? Alors que la polémique sur le bridage des terminaux Starlink en Ukraine a éclaté dans la matinée du 14 octobre 2026, le ministre polonais des Affaires étrangères est rapidement sorti de sa réserve. Sur X, le politique a directement mentionné le patron de SpaceX pour lui demander des explications.
Le message, rédigé avec un sens certain de la provocation, tient en deux phrases :
« Hé, @elonmusk, mon grand, tu fais encore de la politique avec tes produits ? En tant que clients européens, on te surveille. » La formule répond au « tais-toi, petit bonhomme » qu’Elon Musk avait lancé lors d’un précédent accrochage entre les deux hommes, déjà sur X, en mars 2025.

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Dans ce tweet, Radosław Sikorski partage surtout un article du média ukrainien Kyiv Independent. On y apprend que dans la nuit du 13 au 14 octobre, SpaceX a bridé les terminaux Starlink de l’armée ukrainienne, qui perdent désormais la connexion quand les appareils qui les utilisent se déplacent au-delà de 160 km/h.
L’Ukraine se sert de ce réseau Internet par satellite pour guider ses drones jusqu’à leur cible, et certains volent bien plus vite que ça. Serhii Beskrestnov, conseiller de Volodymyr Zelensky sur les technologies de défense, affirme que l’armée n’a pas été prévenue. Plusieurs missions ont été perturbées et, à ses yeux, cela « ne peut pas être une coïncidence ».

Pourquoi Varsovie se sent concernée ?
On pourrait s’étonner de voir Varsovie se mêler d’une affaire qui concerne au premier chef l’Ukraine et SpaceX. C’est cependant oublier la réalité géographique de la Pologne d’une part (le pays, membre de l’OTAN, partage une frontière avec la Russie via l’enclave de Kaliningrad, et jouxte la Biélorussie, pays allié du Kremlin), et sa contribution financière d’autre part.
La Pologne, en tant qu’alliée de Kiev, assume une grande partie du coût de Starlink en Ukraine — c’est pour cela que M. Sikorski parle ici en client. Varsovie, qui consacre 4,8 % de son PIB à la défense en 2026, deux fois plus qu’en 2022, a largement intérêt à ce que l’Ukraine, en première ligne face à Moscou, ait les coudées franches pour résister à l’invasion russe.
Les rapports entre Radosław Sikorski et Elon Musk se sont régulièrement tendus sur les réseaux sociaux. Outre l’épisode de 2025, on se souvient que le milliardaire l’avait traité d’« imbécile baveux » en janvier 2026, après la découverte des terminaux Starlink à bord de drones russes. Par la suite, des mesures ont été prises pour désactiver cet usage.
Le moment choisi par SpaceX n’arrange rien. Ce bridage arrive quatre jours après qu’Elon Musk a jugé que Volodymyr Zelensky était « allé trop loin » dans sa stratégie de riposte militaire sur le territoire russe, alors que Donald Trump presse Kiev d’arrêter de frapper les raffineries russes. Dès lors, cette manœuvre peut être lue comme un coup de pression de Washington.
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