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Tuesday, November 3, 2026

Est de Montréal | Pourquoi des cerfs devront-ils encore être abattus ?

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Montréal devra vraisemblablement abattre plus d’une centaine de cerfs de Virginie dans l’est de l’île. La première opération de ce genre, menée il y a trois ans, n’a pas réglé pour de bon l’enjeu de surpopulation des cervidés, qui nuit à la biodiversité et génère de nombreux accidents routiers.

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L’information se trouve dans un contrat de presque 200 000 $ accordé sans tambour ni trompette, ces dernières semaines, à l’entreprise du technicien de la faune François Pelletier. L’opération, dont le budget total avoisine les 350 000 $ avec les frais de gestion, aura lieu d’ici quelques jours et sera affichée aux entrées du parc pour les résidants.

Selon le dernier dénombrement, réalisé à l’hiver 2026 par des experts du ministère l’Environnement, de la Faune et des Parcs, il y avait 211 cerfs au parc de la Pointe-aux-Prairies et ses environs. C’est « loin des niveaux compatibles avec la régénération naturelle des forêts, soit entre 5 à 7,5 cerfs/km², un total de moins de 20 cerfs dans le parc », lit-on dans des documents municipaux officiels.

Tout cela suggère qu’environ 190 bêtes pourraient être abattues, selon les données de la Ville de Montréal. Par courriel, cette dernière précise que le Service de police de la Ville de Montréal « sera présent de façon ponctuelle dans le secteur et pourra intervenir au besoin, si une situation particulière l’exige ».

C’est la deuxième fois en trois ans que Montréal mène une telle opération de contrôle de la population des cerfs de Virginie dans ce secteur. La dernière fois remontait au mois d’octobre 2024. À ce moment, environ 112 bêtes avaient été tuées par arme à feu.

L’exercice découlait d’un long processus entamé en 2020 par le Centre d’études sur la forêt (CEF), épaulé par un comité scientifique. Or, depuis, « la densité de la population est demeurée élevée et les efforts de contrôle n’ont pas été répétés en 2025 », affirme aujourd’hui la Ville de Montréal.

Une mort « sans souffrance »

Au total, deux tireurs seront impliqués dans l’opération, en plus de plusieurs spécialistes de la faune, le tout pendant deux ou trois nuits. L’abattage se fera à l’aide d’armes à feu, à partir d’une position surélevée sur un véhicule.

Montréal indique que « les tirs de précision doivent cibler en priorité la tête ou les vertèbres cervicales afin que la mort soit rapide et sans souffrance ». « Le bien-être animal et la sécurité sont prioritaires. Les interventions doivent être les plus discrètes possibles », fait-on valoir.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Affiche de sensibilisation sur la présence de cerfs au parc de la Pointe-aux-Prairies

Règle générale, l’abattage devra prioriser les femelles ainsi que les individus qui ne portent pas de dispositif de localisation, c’est-à-dire un collier émetteur ou encore une étiquette GPS solaire apposée à une oreille. La viande sera ensuite redistribuée à des bouchers et des organismes venant en aide aux personnes vulnérables, par l’entremise de Moisson Montréal.

Comme en 2024, la municipalité se justifie essentiellement par le fait que la surpopulation de cerfs nuit à la biodiversité et entraîne la disparition de plusieurs plantes, tandis que des espèces envahissantes prolifèrent.

Mais surtout, le couvert forestier ne se régénère plus de la même façon, ce qui met en péril la santé des cerfs, qui ne trouvent plus assez de nourriture, en plus de nuire à d’autres espèces animales comme les oiseaux.

Sur le réseau routier, les collisions de voitures avec des cerfs dans l’est de l’île sont également de plus en plus fréquentes, ce qui pose des enjeux de sécurité pour le public. On compterait les impacts liés à la présence des animaux par centaines. Enfin, il convient de rappeler que les cerfs peuvent être des vecteurs de la tique causant la maladie de Lyme, ce qui en fait aussi un enjeu de santé publique.

Des activités scolaires déplacées

Par mesure de précaution, le Collège Saint-Jean-Vianney, voisin du parc, a déplacé toutes les activités qui devaient se dérouler dans le parc les 9, 10 et 11 novembre.

« Nous souhaitons vous en informer afin d’éviter toute inquiétude si des détonations sont entendues dans le secteur », a indiqué la direction de l’établissement dans un avis interne, en appelant à la collaboration des parents.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Manifestation contre l’abattage des cerfs du parc Michel-Chartrand à Longueuil, en 2022

Le cas de Montréal est loin d’être unique. À Longueuil, où l’administration de Catherine Fournier est aux prises avec un enjeu similaire dans le parc Michel-Chartrand, plusieurs opérations d’abattage ont aussi eu lieu au fil du temps. L’affaire s’était même rendue devant les tribunaux, en raison de l’opposition de résidants, de juristes et d’organismes.

« Ce ne sont pas seulement les humains qui peuvent être traités de manière injuste, mais aussi les animaux. Au Québec, notre gouvernement préfère l’extermination des animaux qui réussissent à vivre autour de nous au lieu de gérer de façon plus humaine la surpopulation », écrivait à l’époque l’avocate Me Anne-France Goldwater.

Le dossier s’est depuis résolu. Mme Fournier vise maintenant « le rétablissement de l’équilibre écologique du parc », en y plantant 600 nouveaux arbres et 10 000 végétaux supplémentaires. À long terme, la municipalité veut reverdir entièrement les lieux, avec jusqu’à 100 000 arbres et arbustes.

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