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Friday, November 6, 2026

Militants d’extrême gauche | Un poids lourd de la vidéosurveillance attaqué chez lui

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Alors que des dizaines de manifestants ont vandalisé la résidence montréalaise du patron d’une grande entreprise de vidéosurveillance, le soir de l’Halloween, la police se fait rassurante sur l’expansion de son réseau de caméras.

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Le président de Genetec, Pierre Racz, a été la cible chez lui de militants d’extrême gauche costumés et masqués. L’entreprise québécoise compte plusieurs corps de police parmi ses clients, dont le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Des œufs et du papier toilette ont été utilisés pour redécorer cette demeure valant plusieurs millions de dollars », ont anonymement rapporté les vandales sur une plateforme souvent utilisée par des militants anarchistes pour se vanter de leurs actions. Des feux d’artifice ont été lancés. « Les technologies de Pierre nous observent contre notre gré, alors le mot PERVERT a été inscrit en rouge sang sur son mur. »

TIRÉE D’UNE VIDÉO DIFFUSÉE PAR LES MANIFESTANTS

Banderole déployée par les militants samedi

Le groupe dit avoir agi contre « un empire de dystopie technologique tenant nos libertés fondamentales en laisse pour faire du profit ». Genetec, fondée en 1997, compte 2000 employés et des bureaux partout dans le monde.

La Presse a rapporté mardi que le SPVM avait lancé un appel d’offres pour tripler son parc de caméras de « sécurité urbaine » dans les rues de la métropole. Trente des nouveaux appareils seront destinés à la lecture et à l’enregistrement de plaques d’immatriculation, afin d’aider les enquêteurs dans la recherche de véhicules.

M. Racz n’a pas rappelé La Presse. Dans une déclaration transmise par son entreprise, il n’a pas réagi directement à l’attaque de son domicile, préférant regretter l’« image erronée » des activités de Genetec qui circule dans l’espace public. « Le Québec dispose de certaines des lois les plus strictes d’Amérique du Nord en matière de protection des renseignements personnels, et nous exportons ces valeurs partout dans le monde. »

Mercredi, le SPVM a confirmé que « des méfaits [avaient] été commis vers 18 h 30 sur une résidence » d’Outremont correspondant à la description des militants, le soir de l’Halloween. « On parle de graffitis et de papiers de toilette », a indiqué le relationniste policier Jean-Pierre Brabant. « Pour le moment, il n’y a pas eu d’arrestations, mais un dossier a été ouvert en lien avec ces évènements. »

Une vidéo diffusée en même temps que le communiqué de revendication montre un homme correspondant à la description de Pierre Racz qui prend à partie certains des manifestants, tentant d’arracher une banderole.

« On a besoin de bonifier le nombre de caméras »

Mercredi, le SPVM a aussi accepté de commenter la façon dont elle utilise la vidéosurveillance urbaine, alors que le corps de police cherche à acheter 66 nouvelles caméras traditionnelles et 30 nouveaux lecteurs de plaques. Le SPVM exploite déjà 46 caméras de « sécurité urbaine ».

« Le Service de police est là pour remplir son mandat qui est la sécurité publique et mener des enquêtes criminelles à terme », et non pas « pour surveiller les gens », a assuré l’inspecteur Yannick Desmarais, en entrevue téléphonique avec La Presse.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

L’inspecteur au SPVM Yannick Desmarais

Il a assuré que les images captées par le SPVM étaient stockées sur un serveur interne et n’étaient accessibles qu’aux enquêteurs concernés.

L’utilisation du système fait l’objet d’une traçabilité qui permettrait de détecter tout dérapage. Le Washington Post a révélé que des dizaines de policiers américains avaient utilisé des données de vidéosurveillance pour traquer des conjointes ou ex-conjointes.

Lundi, une experte en cybersécurité s’était dite surprise que la décision d’accroître de façon importante le parc de caméras de surveillance du SPVM ait été prise en catimini.

« Ça mérite définitivement qu’on en discute en tant que société : est-ce qu’on est confortables avec le fait que nos plaques d’immatriculation soient collectées de façon systématique dans le but d’éventuellement faire des enquêtes ? », faisait valoir Catherine Dupont-Gagnon, fondatrice de l’organisme d’éducation Cyber Citoyen.

Mercredi, l’inspecteur Yannick Desmarais a assuré que la décision avait fait l’objet d’un examen d’une instance municipale dans le cadre de la Loi sur la protection des renseignements personnels. L’orientation a été approuvée, selon M. Desmarais. Cette décision n’a pas été rendue publique.

« Comme vous le savez, on a quand même tout près de 2 millions de personnes à Montréal, et avec un parc de 46 caméras, c’est très peu », a-t-il continué. « On a besoin de bonifier le nombre de caméras qu’on a actuellement pour être capable de faire le travail qu’on a à faire. »

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