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Tuesday, November 3, 2026

Étude | Les vapoteuses nuisent à la santé buccodentaire

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(Montréal) Les différentes substances chimiques produites par le vapotage endommagent les tissus et les cellules de la bouche, prévient une revue de la littérature scientifique publiée par un chercheur de l’Université Laval.

Publié à

Jean-Benoit Legault La Presse Canadienne

Ces substances, précise-t-on, entraînent une réduction des fonctions de défense des tissus de la bouche, comme la langue, la gencive et les glandes salivaires ; causent des atteintes à des tissus durs comme les dents et l’os dans lequel s’implante la dent ; et nuisent aux matériaux de restauration dentaire.

« On a plusieurs études qui démontrent clairement que, avec l’exposition (aux substances du vapotage), les cellules humaines normales de la bouche sont modifiées de façon très importante, et pas dans le sens positif », a dit le biologiste-immunologiste cellulaire et professeur Mahmoud Rouabhia.

Ses collègues et lui rapportent que, « sur la base des études in vitro, in vivo et cliniques disponibles, nous concluons que les aérosols des cigarettes électroniques interagissent avec différents éléments (tissus mous, tissus durs, salive, micro-organismes buccaux, etc.), entraînant un dérèglement susceptible de provoquer des maladies bucco-dentaires ».

Ainsi, disent-ils, « les cigarettes électroniques ne sont pas inoffensives pour la santé bucco-dentaire ».

Ils estiment donc que les utilisateurs de cigarettes électroniques devraient « être informés des risques potentiels liés au vapotage ; utiliser des doses de nicotine plus faibles ; réduire autant que possible leur consommation de cigarettes électroniques ; éviter de fumer des cigarettes traditionnelles et de vapoter en même temps ; noter tout changement au niveau de leur santé bucco-dentaire (sécheresse, saignements, ulcérations, toux, etc.) afin d’en faire part à leur professionnel de santé dentaire ; (et) maintenir une hygiène bucco-dentaire adéquate pendant le vapotage ».

Les nouvelles générations de vapoteuses, rappelle M. Rouabhia, peuvent atteindre des températures trois ou quatre fois plus élevées que les premières et on constate une « modification importante » des liquides qui sont chauffés, ce « qui donne naissance à de nouveaux produits qui sont déjà connus comme étant toxiques ».

« Parmi ces produits-là, on peut parler du formaldéhyde, a-t-il dit. C’est quelque chose qu’on utilise pour fixer des cellules ou des tissus pour les garder longtemps et faire les analyses, et c’est un produit qui est maintenant reconnu (comme étant) cancérigène. »

Des expériences réalisées en laboratoire ont révélé que l’exposition à ces substances brise les liens qui unissent naturellement les cellules de la bouche entre elles, a expliqué M. Rouabhia, alors qu’elles doivent être liées pour pouvoir se défendre efficacement face aux bactéries et autres.

Conséquemment, a-t-il dit, « les bactéries pathogènes vont trouver le chemin libre et il va y avoir beaucoup plus d’infections au niveau de la bouche ».

Les cliniciens le constatent d’ailleurs sur le terrain, assure le chercheur : les lésions qui apparaissent dans la bouche de leurs patients après le début du vapotage disparaissent quand il cesse.

Malheureusement, poursuit M. Rouabhia, ces dangers demeurent mal connus non seulement du grand public, mais aussi des professionnels de la santé. Il y a donc encore beaucoup d’éducation à faire.

« Comme avec n’importe quel clou, il va falloir taper dessus à plusieurs reprises pour réussir à l’enfoncer », a-t-il conclu.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par la revue médicale Dentistry Journal.

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