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Saturday, September 19, 2026

«Au Mali, quand les animaux dansent»: une plongée dans un théâtre ancestral menacé

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Le musée des Confluences de Lyon invite à un voyage sur les rives du Niger avec l'exposition « Au Mali, quand les animaux dansent ». À travers 110 masques, marionnettes et instruments issus de la collection de Sonia et Albert Loeb, dont une centaine ont été donnés au musée, elle dévoile l'univers du sogo bōles animaux sortent », en langue bamanan), un théâtre populaire ancestral du centre-ouest du Mali. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco depuis 2014, cette tradition est au cœur d'une immersion entre art, musique et mémoire.

Dès l'entrée, une impressionnante tête d'antilope de plus de quatre mètres de haut donne le ton. Au fil du parcours, lions, girafes, buffles décorés de boîtes de conserve et éléphants aux couleurs éclatantes peuplent les salles du musée. Conçues à partir de bois, de tissus, de métal ou encore de fibres végétales, ces créations témoignent de la richesse artistique du sogo bō, qui signifie littéralement « les animaux sortent », en langue bamanan.

Pour Albert et Sonia Loeb, galeristes, collectionneurs et passionnés de longue date du Mali, ces œuvres sont bien plus que de simples objets. « C'est un très ancien spectacle, très poétique, où les animaux représentent les hommes », expliquent-ils. Accompagnées de chants, de percussions et de mises en scène, ces représentations jouent également un rôle essentiel dans la cohésion sociale des communautés.

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Traditionnellement organisés sur les places de village, au bord du fleuve Niger ou même à bord de pirogues, les spectacles du sogo bō mettent en scène des récits fondateurs, des mythes, mais aussi des scènes de la vie quotidienne. Une pratique profondément liée au rythme des populations locales. Comme le souligne Yoann Cormier, commissaire de l'exposition, chez les Bamana, peuple agricole, les représentations accompagnent les grandes périodes de récolte. Chez les Bozo, davantage tournés vers la pêche, elles sont associées aux grands cycles du fleuve.

Pendant près de 20 ans, Sonia et Albert Loeb ont parcouru les rives du Niger pour collecter objets, témoignages et enregistrements. Un travail de sauvegarde devenu précieux alors que cette tradition est aujourd'hui fragilisée. L'insécurité et la pression des groupes jihadistes ont rendu de nombreux rassemblements villageois impossibles, menaçant la transmission de ce patrimoine inscrit depuis 2014 au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

Malgré ce contexte difficile, l'exposition se veut porteuse d'espoir. Selon Yoann Cormier, plusieurs festivals internationaux et initiatives locales contribuent encore à faire vivre cette pratique, à l'archiver et à la transmettre aux nouvelles générations.

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