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Friday, November 6, 2026

"Je ne vais pas pleurer si ce gouvernement tombe", explique Raoul Hedebouw (PTB) dans Jeudi en Prime

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Les partis de l’Arizona n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la manière de réaliser l’effort budgétaire de dix milliards d’euros à l’horizon 2029 tel que voulu par le Premier ministre. Entre dépenses à réduire et recettes à augmenter, il n’y a pas de consensus dans la majorité. 

Pour Raoul Hedebouw, "on a un gros problème dans les dépenses", et pour lui ce sont les dépenses prévues en matière de Défense qui sont à revoir. "En 2017, on dépensait quatre milliards d’euros pour la guerre, pour les bombes […] Aujourd’hui, on va dépenser douze milliards d’euros, trois fois plus et la projection décidée aujourd’hui par le gouvernement Arizona est d’aller à 22 milliards d’euros", avance le président du PTB.

"Plus on dépense dans la guerre, plus on a des chars, plus on a des bombes, plus on va vers la guerre", assure-t-il.

Ne faudrait-il pas, comme le demande l’OCDE, aussi réduire les dépenses dans la sécurité sociale ? "Je ne suis pas d’accord qu’on ait une nouvelle fois à faire payer les pensionnés, les jeunes, l’enseignement, les services publics pour financer la guerre, les bombes, les F-35", réagit Raoul Hedebouw. "Il y a évidemment un problème de recettes. Je vous rappelle que ceux qui ont creusé le trou de manière industrielle à la pelleteuse industrielle, c’est la droite", pointe le leader du parti d’extrême gauche, visant "le fameux tax shift qui a sous-financé la sécurité sociale".

Pour le PTB, en matière de recettes, "un problème, c’est qu’on ne va pas chercher l’argent où il est". Et de pointer du doigt les diminutions de cotisations sociales. "On a offert des cadeaux, des milliards de cadeaux aux grandes multinationales qui se sont retrouvées où ? Dans les dividendes", affirme le président du PTB. "Ça n’a pas créé de l’emploi de qualité, que du contraire. Par contre, ça a augmenté les marges bénéficiaires des grandes entreprises", assure-t-il. "C’est de l’ordre de douze à treize milliards d’euros qui sont passés des poches du travail au capital", ajoute-t-il, citant une étude réalisée par son parti.

Le PTB ne veut pas non plus entendre parler de coupes dans la sécurité sociale, même si dans la majorité, même du côté des socialistes flamands de Vooruit on ne semble pas opposé à une certaine lutte contre le gaspillage. "Qu’on arrête de me parler de la sécurité sociale, il y a toujours eu un tout petit peu de profiteurs et de gaspillage. Mais, globalement, ce qu’on veut faire aujourd’hui, c’est aller couper dans notamment les pensions et dans les soins de santé", réagit Raoul Hedebouw. "Je trouve inacceptable que dans les pays les plus riches au monde, comme la Belgique, des pensionnés ne savent pas payer leur maison de repos. Donc non, pour moi, en ce qui me concerne, on ne touchera pas aux pensionnés", ajoute-t-il.

Quant à une augmentation du ticket modérateur, la part supportée par les patients quand ils bénéficient de soins de santé, "C’est une fausse bonne idée", répond le président du PTB, car selon lui, "les gens vont moins consulter en première ligne et ils auront des problèmes en deuxième et troisième lignes".

Bref, si l’on résume ses propos, cela finirait par coûter plus cher.

Le patron du PTB explique aussi miser sur la "mobilisation du peuple". "Une des raisons pour laquelle ils (les partis du gouvernement, ndlr) sont bloqués aujourd’hui au niveau des négociations, […] c’est qu’à côté des 5 négociateurs des partis traditionnels, il y a un 6e joueur. C’est l’opinion publique et le mouvement social", estime Raoul Hedebouw. "S’ils sont en crise aujourd’hui, les politiciens, c’est parce qu’ils n’osent pas affronter l’opinion publique", ajoute-t-il.

Alors, "je ne vais pas pleurer si ce gouvernement tombe", poursuit le leader d’extrême gauche. Mais ajoute-t-il, "les élections ne suffiront pas. Il faut une mobilisation des gens".

Le PTB est-il prêt à se retrouver dans un gouvernement, le cas échéant ? Si oui, avec qui ? "Ce n’est pas un scoop ici, ce soir, ça ne va pas être avec le MR que le PTB va faire un gouvernement", répond-il. "C’est plutôt avec les partis progressistes, comme Écolo et PS. Mais je ne vais pas tourner autour du pot. Ça ne va pas être évident", ajoute-t-il, pointant "le bilan de la participation du PS et d’Ecolo" dans les gouvernements précédents. "La chasse aux chômeurs a commencé avec Elio Di Rupo. Les taxes ont augmenté avec Ecolo et le PS la dernière fois", affirme Raoul Hedebouw.

On rappelle que le PTB n’a jamais participé à un aucun gouvernement que ce soit à l’échelon fédéral ou régional et communautaire. Toutefois, depuis les dernières élections communales, le PTB est entré dans quelques majorités au niveau communal, Mons, Forest et Molenbeek. "Je ne suis pas en train de vous dire que c’est évident. Gérer un État, ce n’est pas évident", explique Raoul Hedebouw. "Le jour où vous avez un ministre PTB qui doit décider de la politique énergétique, il faudra un rapport de force avec Engie-Electrabel", ajoute-t-il.

Enfin, le PTB instrumentalise-t-il la colère des jeunes et attise-t-il les braises en se focalisant sur les thèmes qui touchent de près les jeunes ? "En France, dès qu’il y a des casses, c’est de la faute à Mr Mélenchon et à LFI. En Belgique, dès qu’il y a des casses, c’est de la faute au PTB et à Raoul Hedebouw", réagit le président du PTB. "Qu’on arrête de criminaliser LFI, qu’on arrête de criminaliser le PTB. Nous incarnons des réalités, des alternatives pour toute cette jeunesse", poursuit-il.

"Evidemment que le PTB est aux côtés de la jeunesse. Elle a raison de se mobiliser", ajoute Raoul Hedebouw, comptant sur "cette alchimie entre la jeunesse et la classe travailleuse".

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