Scènes de chaos près de Kiev : des manifestants affrontent la police sur fond de soupçons de torture de soldats


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Les autorités ukrainiennes ont ouvert mardi une enquête après des échauffourées la veille liés à la détention supposée dans la région de Kiev de soldats ayants désertés et à des allégations de torture.
Lundi soir, des dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant un bâtiment de Petropavlivska Borchtchahivka, dans la banlieue de Kiev, après la diffusion d’informations affirmant que des personnes y étaient détenues contre leur gré et victimes de violences.


Ce rassemblement a donné lieu à des échauffourées avec la police. Des vidéos diffusés sur les réseaux sociaux ont montré de jeunes hommes tentant de renverser un autobus de la police et lançant des oeufs sur les policiers alors que résonnaient des coups de semonce.
Sur d’autres vidéos, on peut voir plusieurs personnes sortant du bâtiment et se dirigeant vers une ambulance, certains le visage tuméfié et d’autres blessures apparentes, ou visiblement en état de choc.
Le chef de l’administration présidentielle, Kyrylo Boudanov, qui s’est rendu sur place dans la nuit, a dénoncé mardi des « événements inacceptables » consistant à « diviser les Ukrainiens », qui n’auraient pu se produire « sans influence extérieure », dans une allusion à la Russie.
« Après la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations faisant état d’une détention prétendument illégale de militaires (dans une habitation, NDLR), des citoyens se sont rassemblés près de la maison. L’incident a dégénéré en affrontements, au cours desquels des coups de feu ont été tirés et des véhicules de service de la police ont été endommagés », ont indiqué les enquêteurs dans un communiqué.
Les enquêteurs « s’attacheront à établir les circonstances et les conditions du séjour des militaires » dans une maison leur servant de « logement temporaire » et à vérifier s’ils y étaient effectivement retenus contre leur gré, ont-t-il ajouté.
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont de leur côté annoncé avoir identifié « plus de 100 personnes » ayant participé aux heurts, confirmant que le bâtiment visé était « un établissement de la Garde nationale ».
Le médiateur pour les droits humains, Dmytro Loubinets, a demandé de faire la lumière sur « les missions que les militaires et les représentants de la Garde nationale » effectuaient à cet endroit, et « si les exigences de la loi ont été respectées ».
Il a aussi condamné « l’attaque de civils contre des militaires ».
Cet incident illustre les tensions liées à la mobilisation militaire, très impopulaire en Ukraine.
En juillet, des échauffourées impliquant près de 200 personnes avaient éclaté à Lviv, grande ville de l’Ouest de l’Ukraine, après l’enrôlement d’un jeune homme par des militaires.
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