Cambodge: la diaspora appelée à voter pour un Parlement en exil symbolique pour promouvoir la démocratie

Les Cambodgiens de la diaspora appelés à voter depuis le 1er et jusqu’au 14 octobre. On ne parle pas là de scrutin présidentiel ou législatif, mais d’élire un Parlement en exil. Le Mouvement khmer pour la démocratie (Khmer Movement for Democracy, le KMD) est à l'origine de cette initiative et 47 sièges sont à pourvoir. Si l'enjeu est avant tout symbolique, l'objectif est de promouvoir la démocratie dans un pays tenu d'une main de fer par la famille Hun depuis quatre décennies.
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Ce combat pour la démocratie, c'est de l'étranger – aux États-Unis où elle réside – ou, comme ce lundi 5 octobre, de passage en France que Mu Suchoa le porte. Cette ancienne ministre cambodgienne vit en exil depuis sa condamnation en 2017 par contumace au Cambodge à plusieurs peines pour un total de 47 ans de prison pour haute trahison et complot après la dissolution du seul parti d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC).
« Nous voulons soutenir la voix des Cambodgiens pour que des gens comme moi n'aient plus à sortir de leur pays, n'aient plus à se trouver réfugiés ou enfermés dans les prisons du pays pour des raisons politiques », affirme Mu Suchoa.
L'un des messages des 47 élus de ce futur Parlement en exil est d'exiger des élections libres. « Le Cambodge est un régime autoritaire. Il n'y a pas eu d'élections libres et équitables depuis 1993. C'est pour ça que nous, les Cambodgiens à l'étranger, nous voulons vraiment voir le visage d'une société plus ouverte, un Cambodge qui appartient aux Cambodgiens », ajoute-t-elle.
Le KMD revendique 3 300 électeurs
Pour voter, les électeurs doivent s'être inscrits préalablement sur les listes électorales mises en place par la Commission électorale des Khmers de l'étranger (KOEC). Le KMD revendique 3 300 électeurs sur une diaspora mondiale estimée par le mouvement à un million et demi.
Kanika Lim est candidate à un siège en région parisienne. L'équivalent de sa « circonscription » rassemble les Cambodgiens qui résident dans l'Essonne, la Seine-et-Marne, le Val-de-Marne et les Yvelines, soit environ 15 000 électeurs.
C'est pour son grand-père, victime du génocide des Khmers rouges, qu'elle se présente : « Pour moi, ce n'est pas qu'un devoir de mémoire, mais aussi de penser à toutes ces personnes qui n'ont pas la chance, comme moi, d'avoir pu naître en France avec des droits. Je suis engagée dans l'opposition depuis 2013 et c'est important d'aller jusqu'au bout, et peu importe le résultat des élections. C'est déjà une victoire qu'on puisse avoir une assemblée extérieure nationale qui représente les intérêts des Cambodgiens », se réjouit-elle.
Les opposants appellent Emmanuel Macron à placer leurs revendications à l'agenda du XXe sommet de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Il se tiendra à Phnom Penh les 15 et 16 novembre.
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