Qualcomm et ARM s’étrillent à nouveau devant la justice : le prix de votre prochain smartphone va-t-il augmenter ?

Cinq jours de procès, des milliards de redevances et deux entreprises dont la technologie équipe l’essentiel des smartphones Android : Qualcomm et ARM déterrent la hache de guerre pour un troisième round devant les tribunaux américains.
Qualcomm et Arm se retrouvent depuis lundi au tribunal fédéral de Wilmington, pour cinq jours d’audiences avec jury sous la présidence de la juge Maryellen Noreika. Cette fois, Qualcomm attaque : le concepteur des puces Snapdragon reproche à Arm des outils de test refusés malgré le contrat, et une fuite organisée autour de sa menace de résiliation de licence de 2024. En face, l’avocat d’Arm balaie d’une phrase : « ils n’ont pas subi le moindre préjudice ».
Cinq ans de redevances sur la table
La demande de Qualcomm donne l’échelle du dossier : suspendre jusqu’à cinq ans les redevances dues à Arm, soit plusieurs milliards de dollars. L’Américain pèse environ 9 % du chiffre d’affaires d’Arm sur son dernier exercice, et les deux maisons sont liées par contrat jusqu’en 2033. Qualcomm chiffre par ailleurs à 170 millions de dollars la valeur perdue sur un accord avec Meta à cause de la fuite de 2024, qu’il attribue à son adversaire. La juge n’a pas encore tranché la validité juridique de la clause de suspension invoquée.
Arm avait ouvert les hostilités en 2022, autour des licences héritées du rachat de Nuvia. Un jury a donné raison à Qualcomm en décembre 2024, un jugement final a confirmé cette victoire en septembre 2025, et Arm a fait appel dans la foulée. Un second procès se tient en parallèle, sans jury, pour examiner la bonne foi d’Arm dans la négociation des licences de prochaine génération. Qualcomm a aussi saisi les autorités de la concurrence en Europe, aux États-Unis et en Corée du Sud, où les bureaux d’Arm ont été inspectés fin 2025.
Des redevances enfouies dans chaque smartphone
Chaque puce Snapdragon embarque de la technologie Arm sous licence, et ces redevances entrent dans le coût des composants des téléphones Android, du milieu de gamme aux fleurons. Les cœurs maison issus du rachat de Nuvia, dont la licence a été validée par la justice fin 2024, irriguent les Snapdragon des prochaines générations, attendus dans les smartphones de 2027.
Aucun effet sur les prix ou la disponibilité n’est documenté à ce stade, et le verdict de 2024, sous réserve de l’appel en cours, a déjà sécurisé l’essentiel pour les puces actuelles. Le vrai enjeu pour l’acheteur se loge dans le procès parallèle : il porte précisément sur les conditions des licences de prochaine génération, celles qui fixeront le coût des puces de demain. Si les redevances bougent à l’issue du bras de fer, la facture des composants suivra, dans un sens ou dans l’autre.
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