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Saturday, September 12, 2026

La CIA déclassifie des notes concernant Al-Qaïda 25 ans après le 11-Septembre

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Plusieurs dizaines de documents d’information destinés au président américain, déclassifiés vendredi à l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11-septembre, détaillent les renseignements que les responsables gouvernementaux avaient recueillis sur Oussama ben Laden et Al-Qaïda avant les détournements d’avions qui ont coûté la vie à près de 3000 personnes et bouleversé la sécurité intérieure américaine.

Ces documents illustrent le suivi des déplacements de Ben Laden et de son réseau de soutien par des analystes de sécurité, ainsi que les inquiétudes concernant d’éventuelles menaces pesant sur des cibles américaines. Ils détaillent également la connaissance qu’avaient les autorités sur son réseau aux États-Unis et dans d’autres pays, ainsi que sur le financement de ses opérations.

Qualifiant cette initiative d’« acte de transparence exceptionnel », le directeur de la CIA, John Ratcliffe, affirme que ces documents constituent la plus importante publication jamais réalisée pour des notes quotidiennes à l’intention du président déclassifiées. Ces rapports strictement confidentiels sont préparés par les services de renseignement américains pour les plus hauts responsables du gouvernement.

Ces documents couvrent une période allant de 1998 à 2001, partant d’un dossier préparé en février pour le président Bill Clinton, intitulé « Terroristes cherchent capacité d’arme de destruction massive » et mentionnant Ben Laden ainsi que d’autres extrémistes islamiques, et se rendant jusqu’à un rapport au lendemain des attentats, dans lequel une source indique que les attaques étaient planifiées depuis deux ans et visaient également le Capitole.

Portrait de l’activité de l’organisation sur trois ans

Un document datant d’avril 1998 décrivait la réticence des talibans à livrer Ben Laden, considéré à l’époque comme leur « hôte » en Afghanistan, soulignant que leur « gratitude pour l’aide qu’il leur avait apportée pendant l’occupation soviétique » les rendait « réticents à se le mettre à dos en surveillant ou en contrôlant ses activités ».

En juillet 1998, des responsables ont estimé qu’il était « plausible que Ben Laden accorde une grande priorité à la perpétration d’attentats aux États-Unis » et ont noté son « intérêt pour la perpétration d’attentats à l’aide d’agents chimiques et biologiques ».

Deux mois plus tard, un intervenant écrivait que « l’option privilégiée par Ben Laden est de frapper les États-Unis sur leur propre sol, à Washington », et qu’Al-Qaïda « pourrait diriger un avion bourré d’explosifs contre une ville américaine ».

La question des détournements potentiels a également été abordée en décembre 1998, lorsqu’un responsable des rapports a décrit comment des conspirateurs « avaient contourné les contrôles de sécurité lors d’un récent essai dans un aéroport non identifié de New York » et que « certains membres du réseau de Ben Laden avaient suivi une formation sur le détournement d’avion ».

D’autres documents détaillent la recherche par Ben Laden de matériaux destinés à la fabrication de « bombes sales », c’est-à-dire des armes conventionnelles imprégnées de matières radioactives. En juin 1999, selon des responsables des services de renseignement, ses agents avaient mené de telles expériences avec des explosifs afin d’« augmenter leur puissance ».

Environ deux ans avant les attentats, les responsables des services de renseignement savaient que Ben Laden semblait induire les talibans en erreur quant à sa réticence à lancer une attaque non provoquée contre les États-Unis.

Des notes préparées pour le président George W. Bush début 2001 mettaient notamment l’accent sur les « expérimentations menées par Ben Laden à l’aide de moyens rudimentaires pour fabriquer et déployer des agents biologiques ».

Un rapport datant d’un mois avant les attentats indiquait la détermination de Ben Laden « à mener des attentats terroristes aux États-Unis », soulignant que les attaques d’Al-Qaïda de 1998 contre des ambassades américaines « démontraient qu’il préparait ses opérations des années à l’avance et ne se laissait pas décourager par les revers ».

À ce moment, en août 2001, les responsables faisaient état d’« activités suspectes sur le territoire américain pouvant correspondre à des préparatifs de détournements d’avions ou d’autres types d’attaques, y compris une surveillance récente de bâtiments fédéraux à New York », ajoutant que le FBI « menait environ 70 enquêtes de terrain à travers les États-Unis qu’il considérait comme liées à Ben Laden ».

Après-coup des attentats

De nombreux documents ont été caviardés afin de dissimuler les noms des sources et d’autres informations permettant de les identifier. Ils ne semblaient pas apporter d’élément nouveau sur la planification des attentats ni sur la compréhension qu’avaient les responsables américains de la manière dont ceux-ci s’étaient déroulés.

Après les attaques, une commission bipartisane a mis en évidence un manque de partage d’informations entre des agences telles que la CIA et le FBI. Elle a formulé des recommandations qui ont conduit à la création de nouveaux postes, notamment celui de directeur du renseignement national et du Centre national de lutte contre le terrorisme, qui analyse les informations sur le terrorisme national et international provenant de différentes branches du gouvernement.

Interrogée sur cette publication, la Maison-Blanche a évoqué celle d’une autre série de documents par les Archives nationales, également survenue vendredi. Cette série, comprenant des entretiens avec des responsables de la sécurité nationale des administrations Clinton et Bush, était le fruit des travaux de la commission qui a enquêté sur les attentats de 2002 à 2004.

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