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Monday, September 28, 2026

Christine Fréchette s’est «disqualifiée» dans le dossier de l’ingérence

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La Coalition avenir Québec (CAQ) s’est « disqualifiée » en retenant de l’information à propos d’une possible ingérence dans la campagne électorale pendant une dizaine de jours, ont jugé dimanche les opposants politiques de Christine Fréchette.

En matinée, Radio-Canada a publié un article dans lequel elle établit une chronologie sur cette histoire d’ingérence, qui anime la campagne électorale depuis vendredi.

Il y est écrit que les équipes caquistes auraient commencé à contacter des journalistes le 12 septembre au sujet d’une tentative américaine d’influencer le vote en faveur du Parti québécois (PQ). La première ministre, elle, n’en aurait été informée qu’une semaine plus tard, le 19 septembre.

Puis, le 22 septembre, la directrice générale du parti se serait finalement tournée vers le Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS). Selon Radio-Canada, le SCRS aurait dit à la CAQ que les publications étaient déjà publiques. Le chroniqueur Jean-François Lisée en avait d’ailleurs fait état dans une chronique publiée en mars dans Le Devoir.

Vendredi midi, la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, s’est pourtant présentée devant les médias avec un ton grave, pour faire état d’« informations sérieuses sur de possibles risques d’ingérence étrangère dans l’élection québécoise » qui venaient, selon son propos « d’être divulguées ».

Fréchette veut « faire la lumière »

Réagissant dimanche aux révélations du diffuseur public, Mme Fréchette a promis d’enquêter sur les agissements de sa propre équipe.

« Je vais faire la lumière là-dessus », a-t-elle répété lors d’un point de presse organisé au Cinéma du Parc, à Montréal. « Est-ce qu’ils [les membres de son équipe] m’informent de tous les contacts qu’ils font auprès des journalistes ? Absolument pas », a-t-elle ajouté.

Elle a refusé de jeter la pierre à son entourage ou de promettre le renvoi d’employés fautifs si nécessaire. « Je pense qu’ils auraient dû m’aviser », a-t-elle toutefois convenu.

Tour à tour, les chefs libéral et péquiste ont reproché à Mme Fréchette et à son parti de s’être disqualifiés. « C’est à la fois un pétard mouillé, du théâtre, mais, surtout, une disqualification de la part de la CAQ », a lancé Charles Milliard.

Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) est allé dans le même sens. « On apprend que la CAQ possédait cet obscur billet de blogue depuis dix jours et tentait de le passer aux journalistes. Et ensuite, quand ça n’a pas fonctionné, elle a passé ça aux services secrets, ensuite elle a réussi à le sortir, mais en feignant d’être surprise et en feignant qu’il y avait un risque lié au Parti québécois », a-t-il résumé.

De l’avis de PSPP, « il y a là quelque chose d’incompatible avec la fonction de première ministre ». « Et je pense que ça la disqualifie pour la suite, pour ce poste-là. Le rôle d’un ou d’une première ministre n’est pas de faire des mises en scène pour faire peur aux gens. »

Un « sideshow » ?

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a quant à elle qualifié les révélations de Radio-Canada d’« extrêmement troublantes ». Elle a accusé la première ministre de détourner des enjeux de sécurité nationale à des fins électorales. C’est « inacceptable », a-t-elle lancé.

Le chef conservateur, Éric Duhaime, a critiqué le travail de l’entourage de Mme Fréchette. « Tu ne peux pas informer les médias une semaine avant d’informer ton chef. Si quelqu’un faisait ça dans mon entourage, aujourd’hui il se chercherait un job », a-t-il tranché.

À son avis, il y a dans cette histoire « une faute grave ». « On sait certainement qu’il y a des gens qui mentent là-dedans, mais j’ai comme l’impression que c’est un mauvais film, un mauvais sideshow, et je n’ai pas l’impression que ça va influencer le vote d’aucune espèce de manière. Je pense que c’était une tentative ratée d’essayer de faire peur au monde », a-t-il aussi déclaré.

Fréchette désavoue sa propre loi

Dans un autre dossier, une situation inusitée s’est produite dimanche lorsque la cheffe de la CAQ a désavoué une loi adoptée par son gouvernement en 2025, tandis que son adversaire péquiste, lui, a défendu son application.

La conversation concernait la Loi visant notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation. Entrée en vigueur il y a presque un an, celle-ci a eu pour conséquence d’empêcher à des parents bénévoles souhaitant conserver leur signe religieux de participer à des activités scolaires ou parascolaires.

C’est le cri d’une mère qui a obligé les partis à se prononcer sur l’étendue de la loi. Dans un message relayé dans La Presse, Joanne Codère s’indignait que l’épluchette de blé d’Inde annuelle organisée par l’école de ses enfants, située dans un quartier de Montréal « à prédominance maghrébine », exclue les femmes voilées qui souhaitent donner un coup de pouce.

Mise au courant, Christine Fréchette s’est engagée dimanche à « faire la lumière là-dessus », pour bien comprendre « l’application de nos règles ». « L’objectif initial, c’était d’établir des règles pour [les personnes] qui ont un lien d’autorité par rapport aux enfants. Ça touche, je vous dirais, le programme pédagogique », a-t-elle expliqué.

Le chef du PQ s’est, lui, retrouvé à défendre la loi adoptée par la CAQ. À Granby, il a invité les parents bénévoles souhaitant participer à une activité scolaire à retirer leurs signes religieux. « La personne adulte bénévole demeure une personne en [position d’]autorité », a-t-il dit.

Par ailleurs, face aux critiques d’artistes et de médecins au sujet de ses positions en immigration, PSPP a dit y voir le signe d’« accointances avec d’autres partis, comme Québec solidaire ».

— Avec Mathieu Carbasse, Sébastien Tanguay et Isabelle Porter

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