Le « bain de sang social » tant redouté va avoir lieu chez GSK : un maximum de 1.217 emplois supprimés, des travailleurs ont décidé de débrayer !

Suivre Sudinfo sur Google
L’inquiétude était palpable mercredi matin aux abords du site de GSK à Wavre, peu avant un conseil d’entreprise extraordinaire particulièrement attendu. Les représentants syndicaux redoutent l’annonce de plusieurs centaines de suppressions d’emplois au sein du groupe biopharmaceutique. « On s’attend à un bain de sang social », lâche Jamal Amraoui, délégué principal FGTB pour les ouvriers, vêtu de sa chasuble rouge.
GSK Belgique, l’un des plus gros employeurs privés de Wallonie, a annoncé, mercredi, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, son intention de procéder à une réorganisation qui pourrait toucher « jusqu’à 1.217 emplois ». Selon un communiqué de la FGTB Chimie, les suppressions d’emplois porteraient sur 482 employés en CDI et 735 cadres en CDI. Le personnel ouvrier ne devrait pas être touché.
La direction affirme devoir réallouer les ressources vers ses candidats médicaments et vaccins les plus prometteurs, tout en simplifiant son organisation. Elle indique qu’à « l’issue de ces changements proposés, GSK restera le premier employeur biopharmaceutique de Belgique, avec plusieurs sites actifs dans la recherche, la production et les fonctions de support, soutenus par un investissement annuel de 300 millions d’euros dans ses sites belges. GSK Belgique continuera par ailleurs à jouer un rôle essentiel au sein du groupe, en contribuant à plus de 50 % de la production mondiale de GSK dans le domaine des vaccins. »
Cette annonce lance la phase d’information et de consultation de la procédure Renault. Direction et syndicats vont donc négocier au cours des prochaines semaines. « GSK s’engage à mener ce dialogue social avec sérieux, respect et transparence, en étroite concertation avec les représentants du personnel, afin d’examiner toutes les possibilités permettant d’éviter ou de réduire les licenciements collectifs envisagés et d’en atténuer les conséquences au moyen de mesures d’accompagnement social adaptées », indique l’entreprise.
La FGTB Chimie, tout en jugeant « inacceptable que l’emploi soit considéré comme une simple variable d’ajustement au service de la rentabilité d’une multinationale », exigera « de la direction une transparence totale sur les motivations économiques et stratégiques de cette restructuration, ainsi que sur les alternatives permettant de préserver l’emploi ». Le syndicat socialiste affirme avoir « des alternatives à proposer à la direction de GSK afin de diminuer au maximum l’impact de cette restructuration sur les travailleurs ».
En attendant, deux assemblées du personnel sont prévues ce mercredi pour informer plus en détails les travailleurs : l’une à 11h00, l’autre à 15h00.
David Clarinval réagit
Le ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval, se dit « vivement préoccupé » par ce projet de restructuration « Ma première pensée va évidemment aux travailleurs de GSK et à leurs familles, confrontés à une annonce lourde d’incertitudes. Notre priorité doit être de préserver le maximum d’emplois », insiste-t-il. Il demande à la direction de préciser les raisons de cette restructuration et d’examiner toutes les alternatives aux licenciements, notamment la mobilité interne, la formation et le redéploiement vers d’autres activités du groupe.
Le ministre entend également veiller au respect des obligations légales de l’entreprise et à la tenue d’une véritable concertation sociale. « Les représentants des travailleurs doivent disposer des informations nécessaires pour comprendre le projet, le discuter et proposer des alternatives. Cette consultation doit pouvoir peser sur le résultat. » David Clarinval prévoit des échanges rapides avec la direction et les syndicats, ainsi qu’une concertation avec les autorités régionales pour coordonner l’accompagnement des travailleurs concernés.
Mais le ministre y voit aussi un signal d’alarme pour l’ensemble du secteur pharmaceutique belge, qui représente 45.000 emplois directs et 15 % des exportations du pays. « Si nous n’agissons pas maintenant, d’autres entreprises pourraient choisir de réduire leurs activités en Belgique », prévient-il. Rappelant les mesures déjà prises, notamment le plan Pharma Boost, il appelle à aller plus loin : « Il est urgent de prendre d’autres mesures au niveau de la santé ou de la fiscalité en Belgique si nous voulons sauver la Pharma Valley belge. » Et de conclure : « La Belgique doit veiller à rester attractive et à préserver la compétitivité de son tissu économique. »
Tomber de haut
Les représentants syndicaux de GSK sont sous le choc à l’issue du conseil d’entreprise extraordinaire : « On s’attendait à des annonces, mais pour être très honnête, je suis quand même tombée de haut », a réagi à chaud Élodie Mascolo, déléguée principale CNE. « On est dans une entreprise qui est florissante. Quand vous voyez les chiffres du groupe GSK, c’est indécent ce qui est en train de se passer. »
De leur côté, en concertation avec le gouvernement fédéral, le ministre-président wallon Adrien Dolimont et le ministre régional de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet rencontreront, « sans délai », les organisations représentatives des travailleurs ainsi que la direction de GSK, annoncent-ils mercredi.
Visiblement ébranlé, les craintes de Jamal Amraoui, délégué principal FGTB chez GSK, se sont confirmées. Il a fait face mercredi matin aux micros et aux caméras à l’issue du conseil d’entreprise extraordinaire. « On vient de nous annoncer un bain de sang social. La FGTB n’est pas du tout alignée avec cette décision de la direction. On fera en sorte de la combattre », a prévenu le représentant syndical. Il déplore également la manière dont la direction a présenté ses intentions. « Elle nous a expliqué froidement l’impact et nous a donné sa décision, tout simplement. »
Pour justifier cette restructuration, la direction a invoqué une nouvelle stratégie et une baisse des volumes de production. Des arguments qui ne convainquent pas le syndicaliste. « Se séparer de 1.217 travailleurs dans une entreprise qui en compte 8.300 à 8.400, c’est énorme. C’est beaucoup trop. »
CDD et CDI
GSK emploie environ 8.500 personnes sur ses sites de Wavre, Rixensart et Gembloux, ce qui en fait le premier employeur privé de Wallonie.
Selon le syndicaliste, le groupe compte quelque 4.000 cadres sous contrat à durée indéterminée, environ 3.000 employés et 1.600 ouvriers. Les contrats précaires, essentiellement des CDD, représenteraient environ 4 % des effectifs chez les employés et plus de 10 % chez les ouvriers.
Ces derniers ont déjà payé un lourd tribut ces dernières années. Ils étaient encore quelque 2.200 en 2020, contre environ 1.600 aujourd’hui. « On a perdu près de 600 ouvriers en six ans », souligne Jamal Amraoui. Certains sont passés sous statut employé, tandis que d’autres ont quitté l’entreprise à la faveur de départs naturels. « On a mangé une grande partie de notre pain noir en six ans », insiste-t-il.
Du côté des employés, les inquiétudes sont tout aussi vives. Christophe Bouvier, secrétaire régional du SETCa-FGTB pour le Brabant wallon, évoque un impact potentiel de l’ordre de 10 % des effectifs et craint le déclenchement d’une procédure Renault.
À ce stade, on ignore quelles catégories de personnel et quels départements pourraient être touchés.
Pour les syndicats, plusieurs facteurs expliquent les difficultés rencontrées par le groupe, à commencer par la baisse des volumes de production de vaccins. La FGTB estime qu’ils ont reculé d’environ 40 % en cinq ans, tandis que certains marchés ont été perdus.
Dans le même temps, GSK se recentre sur des produits à forte valeur ajoutée. « On voit le chiffre d’affaires en croissance, mais les volumes diminuent », résume Jamal Amraoui. Certains vaccins peuvent rapporter davantage avec des volumes moindres. « Mais moins de volumes, c’est aussi moins de travail et moins d’emplois. »
Le marché des vaccins a également profondément évolué depuis le Covid. Autrefois largement dominé par quelques grands groupes comme GSK, Sanofi, Merck et Pfizer, il s’est ouvert à de nouveaux concurrents, notamment des sociétés de biotechnologie de plus petite taille.
Les États-Unis pèsent aussi lourd dans l’équation. Selon le délégué FGTB, environ 40 % des ventes du groupe y sont réalisées. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les droits de douane et la volonté de renforcer la production sur le sol américain incitent, selon lui, les groupes pharmaceutiques à y investir davantage. « Pour continuer à vendre là-bas, il faut y avoir un pied-à-terre. On n’est pas dupes », estime-t-il.
Contenus sponsorisés
Nos incontournables
À 64 ans, Josette est contrainte de vivre sous tente sur le parking du Hubo de Morlanwelz : « Je n’ai pas trouvé d’autre endroit où aller… »
Un entrepreneur de Verviers candidat aux élections communales victime d’un guet-apens cruel sur un site « Sugar Daddy » : piégé par une fausse ado de 17 ans, il a été tabassé et dépouillé !
L’Arizona dans l’impasse : impensable une chute du gouvernement ? Pour Bart De Wever, démissionner est l’une des options ...
La fin des élus politiques dans les provinces : 4 millions d’euros d’économies par an pour la Wallonie !
A quoi va ressembler l’école de demain ? Voici les réformes que Valérie Glatigny va encore mener d’ici la fin de la législature, de gros changements en vue !
BYD, XPeng, Leapmotor... : les Belges ont de plus en plus d’intérêt pour les voitures chinoises, elles représenteront une marque sur trois au Salon de l’auto, « la Chine mène une grosse offensive »
Allocations familiales des parents de mineurs délinquants, non-indexation des budgets : des mesures fortes en Wallonie !
Voir plusVidéos
A ne pas rater
Un enfant star qui avait joué aux côtés… d’une star d’Harry Potter : William, mort dévoré par un tigre, n’était pas n’importe qui !
Un robot arrêté après avoir agressé sexuellement une adolescente de 16 ans en Allemagne (vidéo)
Ce que les services de renseignement néerlandais savent sur les Belges, qu’on ne soupçonne même pas…
Voici le géant qui va prendre la place dans vos anciens magasins Cora !
« Je suis très nerveuse, j’affronte ma bête noire » : Leeloo, la fille de François Pirette, fond en larmes après son évaluation à la « Star Academy »
Juste pour vous
Brabant wallon Actu
Les jours d’un septuagénaire limbourgeois en danger après une chute à vélo à La Hulpe
Tragédie à Braine-l’Alleud : un homme a perdu la vie dans l’incendie de son habitation
Scandale à Grez-Doiceau : des symboles nazis retrouvés dessinés sur le mur d’une école, un suspect arrêté
Les 24 heures vélos de Louvain-la-Neuve fêteront leur 50 ans les 21 et 22 octobre
Les syndicats de l’enseignement annoncent une journée d’actions ce mardi, de Nivelles à Jodoigne
Les jours d’un septuagénaire limbourgeois en danger après une chute à vélo à La Hulpe
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.