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Friday, September 11, 2026

450 éboulements au Mont-Blanc cet été : pourrait-on voir une lave torrentielle comme au Népal frapper les Alpes ?

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La glace n'est pas seulement indispensable pour l'eau qu'elle apporte aux rivières et aux lacs de montagnes, mais aussi pour son rôle de stabilisateur : elle fait office de colle en maintenant les roches en place. Lorsque des épisodes répétés de forte chaleur font fondre les glaciers, le danger d'éboulement est réel : quelques roches peuvent se décrocher et tomber sur les routes situées en vallées... ou pire, c'est tout un morceau de la montagne qui peut se décrocher et entraîner une énorme catastrophe dans un village situé en contrebas.

Un important glissement de terrain sous glaciaire dans le massif de Langtang Lirung serait à l'origine de la catastrophe au Népal le 26 août 2026. © Luca, Adobe Stock

« Au moins 100 millions de mètres cubes » : décryptage de la catastrophe au Népal avec la glaciologue Kristen Cook

Plus de 1 200 morts et 4 200 personnes portées disparues : le bilan de la catastrophe qui a frappé la vallée de la Bhote Koshi, au Népal, ne cesse de s’alourdir. Mais que s’est-il réellement passé le 26 août ? Pour comprendre ce phénomène hors norme, Kristen Cook, géomorphologue à l’Université Grenoble Alpes et spécialiste des risques naturels dans l’Himalaya, apporte son éclairage sur les mécanismes de la catastrophe et sur notre capacité actuelle à les détecter précocement.... Lire la suite

Quelque 450 éboulements ont été enregistrés dans le massif du Mont-Blanc au cours de l'été 2026, un nombre bien plus élevé que la normale, qui inquiète. D'autant plus après le désastre absolument monstrueux survenu à la frontière du Népal et de la Chine le 26 août dernier : un glissement de terrain provoqué par l'effondrement d'un socle, composé de roches et de glace, a entraîné un torrent d'un débit inimaginable. Celui-ci a ravagé plusieurs villages en vallée et, à ce jour, le bilan provisoire fait état de plus de 1 400 morts et 5 600 disparus !

Le réchauffement climatique a sans doute joué un rôle, même si cela mérite des études approfondies sur la zone en question. Selon Kang Shichang, directeur et chercheur à l'Institut des risques et de l'environnement en montagne de l'Académie chinoise des sciences à Chengdu, le recul des glaciers est très important dans cette zone : une diminution d'environ 24 % en 60 ans de la glace présente sur le plateau Qinghai-Tibet, et une diminution de 40 % dans les régions méridionales (Himalaya, monts Gangdise et Nyenchen Tanglha). Le recul des glaciers a contribué à la formation et à l'expansion de nombreux lacs glaciaires et si les roches se déstabilisent, la crue est donc bien plus importante que dans le passé. 

Une catastrophe est possible dans les Alpes, et c'est même déjà arrivé !

Les villages situés en contrebas du massif du Mont-Blanc, dans les Alpes françaises, risquent-ils de subir le même sort un jour ? En Haute-Savoie, Chamonix est directement menacé par l'effondrement du glacier de Taconnaz, du glacier des Bossons et du glacier de la Charpoua. Saint-Gervais est, de son côté, menacé par le glacier de Tête-Rousse. Les prévisions estiment que, d’ici 2050, 45 à 65 % des glaciers alpins auront fondu et d'ici 2100, 100 % des glaciers alpins auront fondu.

Selon Séverine Bernardie, experte en glissement de terrain au BRGM, entre le Népal et le Mont-Blanc, « les volumes de glaces et de roches ne sont pas comparables ». « La dernière coulée de boue dévastatrice en date est celle du 28 mai 2025. Et elle a détruit le village de Blatten en Suisse », mais « les volumes charriés étaient 10 à 20 fois moins importants qu'au Népal ».

Suisse ???????? - Blatten

????Le village de Blatten a totalement été englouti par l'effondrement d'une partie du glacier de Birch.

Des évacuations avaient déjà été réalisées devant l'immense risque.

Vidéo du désastre dans le post suivant.

Sur les photos, c'est avant et après ⤵️ pic.twitter.com/ATXUgi0oYA

— ???????????????????????????????? (@GeoTales_) May 28, 2025

Ce phénomène, connu sous le nom de lave torrentielle (une crue fulgurante de débris rocheux, de boue et d'eau) s'est déjà produit plusieurs fois en France, et même très récemment : deux drames sont arrivés en l'espace de 10 jours dans le massif de Sixt-Fer-à-Cheval en Haute-Savoie, le 4 août 2026, une randonneuse de 56 ans a été emportée par une coulée de boue et de roches, et le 14 août 2026, un homme de 30 ans a été emporté de la même manière dans un canyon. Bien que dramatiques, ces deux événements se sont produits à petite échelle.

Un torrent dévastateur s'est abattu le 26 août sur plusieurs localités népalaises. Retour sur la chronologie de cette catastrophe. © vectorizer88, Adobe Stock (image générée avec IA)

Du glacier au torrent dévastateur : anatomie de la catastrophe en cascade du Bhote Koshi

À plus de 5 000 mètres d’altitude, un pan de montagne s’effondre dans un grondement brutal. Quelques minutes plus tard, des tonnes de glace, de roches et de sédiments dévalent la vallée avant de se transformer en un torrent dévastateur. Du glacier aux rivières, retour sur la réaction en chaîne qui a transformé un événement survenu en haute montagne en une catastrophe meurtrière jusque très loin en aval.... Lire la suite

Une catastrophe est réellement possible dans les Alpes, mais son ampleur serait bien moindre que celle survenue au Népal. Rappelons tout de même que des événements aux lourdes conséquences se sont déjà produits dans le passé, même si cela n'atteint pas l'ampleur du désastre au Népal :  le 12 juillet 1892, une lave torrentielle avait dévasté le village de Saint-Gervais en Haute-Savoie, faisant 200 victimes.

La rupture d'une poche d'eau à l'intérieur du glacier de Tête-Rousse avait entraîné ce qui reste dans l'histoire comme « la catastrophe de Saint-Gervais ». De nos jours, les poches d'eau glaciaires et lacs à risque des Alpes sont régulièrement surveillés et vidangés, mais une surprise, sans signe avant-coureur, est toujours possible.

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