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Friday, November 6, 2026

"Sal*pe, p*te, puantissime, miss botox, médiocre, grotesque, débile", Julie Taton refuse de se faire traiter de tous les noms

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On sait que les personnalités de tous bords sont scrutées, jugées, critiquées et parfois malmenées sur les réseaux sociaux. Mais certaines, surtout des femmes, sont carrément harcelées, insultées, humiliées, maltraitées, agressées. Et pas toujours anonymement d’ailleurs.

Sur Facebook et Instagram, Julie Taton a publié un florilège des messages haineux qu’elle reçoit régulièrement, et bon nombre des auteurs ne prennent même plus la peine de se dissimuler derrière un pseudo, comme s’il était désormais admis qu’on puisse vomir des insultes à visage découvert.

Depuis mon démarrage en politique, ça a été une déferlante d’une agressivité, d’une violence inouïe.

Julie Taton

Cela blesse évidemment l’ancienne reine de beauté de 2003 devenue députée en 2024 : "Depuis mon démarrage en politique, ça a été une déferlante d’une agressivité, d’une violence inouïe. Ce n’est pas normal, pas humain et pas du tout correct. Alors moi, j’ai une cuirasse, une force de caractère et je suis très bien entourée donc j’arrive à gérer ces insultes mais il y a mon entourage qui en souffre et surtout cela peut arriver à d’autres personnes, d’autres femmes qui sont plus isolées et cela peut avoir des répercussions dramatiques, on parle d’ados ou d’adultes qui tombent en dépression ou même qui se suicident. Donc ce harcèlement ne peut pas continuer, c’est le message que je veux lancer en diffusant ma vidéo."

Pourtant, comme de nombreuses victimes, Julie Taton n’a pas porté plainte, jugeant les procédures trop longues. Cela ne veut pas dire qu’elle renonce à réagir, au contraire, elle pense être plus efficace en publiant cette vidéo et surtout en contribuant à modifier la loi : "J’ai la possibilité de défendre des textes et j’ai la possibilité, en tout cas je l’espère, peut-être naïvement, de faire bouger les choses. Je suis donc en train de travailler sur un texte qui veut aboutir à une simplification, à une plus grande rapidité afin d’aider la justice qui est surchargée et débordée."

Je rappelle qu’on est dans le domaine du pénal, ces comportements sont punissables d’amendes et de prison.

Julie Taton

"Je suis pour la liberté de l’anonymat, on peut se cacher derrière un pseudo mais si l’internaute dépasse la ligne, on doit pouvoir le pénaliser, le sanctionner pour qu’il comprenne que ce n’est pas bien ce qu’il fait, planqué derrière son écran. Je rappelle qu’on est dans le domaine du pénal, ces comportements sont punissables d’amendes et de prison. Je veux aussi qu’il y ait un accompagnement, un encadrement des victimes, afin de les écouter et de les comprendre. Je suis très fière de partir sur ce nouveau combat et je sais qu’il va parler à beaucoup de personnes."

Du harcèlement en ligne et des menaces, l’ancienne ministre de la Défense, la socialiste Ludivine Dedonder, en a subi aussi il y a deux ans. Elle a porté plainte mais elle s’est en quelque sorte blindée contre ces agressions : "C’est vrai que j’ai eu mon lot de menaces et d’insultes. Mais vous savez, avec le temps, on fait le gros dos. J’ai porté plainte à plusieurs reprises, j’ai parfois réagi de façon verbale mais j’ai pris ce parti d’avancer avec mes objectifs qui sont effectivement de pouvoir défendre les citoyens, et de laisser de côté finalement ces messages de frustrés en tout genre qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux."

Une autre femme politique qui a été l’une des premières à réagir à la publication du coup de gueule de Julie Taton, c’est la ministre fédérale chargée du numérique, Vanessa Matz (Les engagés). Elle soutient la députée libérale mais pas question pour autant de remettre en cause l’anonymat en ligne : "Bien sûr, les auteurs pourront garder un pseudonyme, mais lorsqu’on commet une infraction pénale, on doit savoir qui est derrière, on doit pouvoir l’identifier pour mieux le poursuivre."

Il faut que les plateformes se sentent davantage responsables.

Vanessa Matz

Dans son viseur également, les plateformes qui doivent modérer les commentaires : "On a des plateformes qui nous disent que les messages sont postés chez elles mais que sur le fond, elles ne sont pas responsables. Mais c’est faux, évidemment, il y a un règlement européen qui leur impose des politiques de modération des contenus, qui leur impose de réguler tout cela. Et si ça ne se fait pas, il faut agir tout de suite, signaler ces contenus pour qu’il y ait une sanction par rapport à cela. Il faut que les plateformes se sentent davantage responsables, qu’elles retirent les contenus problématiques et sans doute qu’elles modifient leur politique des algorithmes qui amplifie ce qui est clivant et haineux."

Vanessa Matz recevra d’ailleurs les représentants des plateformes dans quelques semaines. L’invitation, ou la convocation c’est comme on veut, avait été lancée à la suite des appels à la violence postés sur les réseaux sociaux à l’occasion des récentes et houleuses manifestations à Liège et à Bruxelles. Le débat s’élargira donc au harcèlement en ligne, mais finalement la problématique reste la même, à savoir comment garantir la liberté d’expression tout en évitant des débordements qui prennent la forme d’appel à la haine ou à la violence.

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