Présidentielle au Brésil: la presse craint une victoire de Flavio Bolsonaro

Ce dimanche 25 octobre 2026, s'affronteront au Brésil le président sortant de gauche, Lula, et le candidat d’extrême droite, Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Dans les médias brésiliens, l’inquiétude grandit face au risque d’un retour de l’autoritarisme et à ses conséquences pour la liberté de la presse. D’autant que, pendant cette campagne, plusieurs journalistes ont été la cible d’attaques.
De notre envoyé spécial au Brésil,
La semaine dernière, 55 médias indépendants brésiliens en ligne ont publié un éditorial commun pour défendre la démocratie et la liberté de la presse. Leurs craintes : voir reprendre les représailles et les intimidations dont les médias ont été victimes sous la présidence de Jair Bolsonaro si son fils Flavio est élu. Une inquiétude justifiée selon Artur Romeu, directeur du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières. « La candidature de Flavio Bolsonaro reprend en grande mesure l’héritage politique de son père et capitalise sur cet héritage, souligne-t-il. Et il incarne en fait le mouvement de l’extrême droite, aussi incarné par le bolsonarisme, par ce qu’a représenté Jair Bolsonaro dans le paysage politique brésilien. »
Selon la Fédération nationale des journalistes brésiliens, plus de 1 400 cas de violence et d’agressions contre des journalistes ont été recensés sous la présidence de Jair Bolsonaro entre 2019 et 2022. C’est trois fois plus que les années précédentes. Et cette violence, notamment verbale, a de nouveau marqué la campagne présidentielle. C’est ce qu’a constaté Reporters sans frontières en surveillant les plateformes X et Instagram. « Nous avons répertorié autour de 3,5 millions de publications sur ces deux réseaux sociaux et, dans cet univers, plus de 14 000 attaques : stigmatisations, attaques verbales, insultes, tout ce que vous pouvez imaginer en termes de discours violent vis-à-vis de la presse, alerte Artur Romeu. Donc plus de 14 000 publications qui portaient ce discours. »
À lire aussiPrésidentielle au Brésil: l’IA comme arme de propagande et de désinformation
« Des lynchages en ligne »
Les conséquences de ces attaques verbales et de ces intimidations étaient déjà visibles sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. De nombreux journalistes ont notamment dû renoncer à publier certains contenus sur les réseaux sociaux. « C’était assez impressionnant à quel point pas mal de journalistes ont dû fermer leurs comptes sur les réseaux sociaux pour échapper à des lynchages en ligne », poursuit le directeur du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières.
Dans leur éditorial commun, les 55 médias rappellent une évidence : pour juger l’action d’un gouvernement, les citoyens ont besoin d’une presse libre. Et cette presse a besoin d’institutions capables de protéger son travail. Flavio Bolsonaro, lui, n’a pas réagi publiquement à cet éditorial.
À lire aussiPrésidentielle au Brésil: une campagne d'entre-deux-tours aux allures de guerre sur les réseaux sociaux
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.