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Thursday, October 29, 2026

Covid-19, guerres, inflation: sept années mouvementées pour Christine Lagarde à la tête de la BCE

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Après sept ans à la tête de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde a annoncé, jeudi 29 octobre, son départ en février 2027. Depuis 2019, la femme politique française aura traversé la pandémie du Covid-19, la flambée des prix et plusieurs chocs géopolitiques. Retour sur son action et son bilan, alors qu'en France, l'opposition critique un départ anticipé et une potentielle manœuvre politicienne dans l'intérêt d'Emmanuel Macron.

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Au moment de quitter son poste, le 7 février 2027, Christine Lagarde aura passé un peu plus de sept années à la tête de l'une des institutions financières les plus puissantes du monde. Sept années, et presque autant de crises à gérer pour l'ancienne ministre française. Début 2020, alors que Christine Lagarde a pris la tête de la Banque centrale européenne (BCE) depuis seulement quelques mois, elle affronte le Covid-19 et déploie un programme d'achats de dette de 1 850 milliards d'euros, avec un objectif : empêcher la pandémie de provoquer une nouvelle crise de l'euro.

Puis, vient le temps des pénuries : la guerre en Ukraine et le choc énergétique qu'elle provoque en 2022, avant celui lié à la crise actuelle au Moyen-Orient. En octobre 2022, l'inflation dans la zone euro dépasse les 10% ; Christine Lagarde opte alors pour une remontée extrêmement rapide des taux directeurs, ce qui freine les prix mais met aussi un terme à l'argent bon marché. Mais la patronne de la BCE aura aussi fait rentrer davantage la question du climat dans l'analyse des risques.

Autre grand chantier : l'euro numérique, version dématérialisée des modes de paiement européens, a bien progressé sous la présidence de la Française. Il n'est toutefois pas encore sorti des cartons. Le bilan de Christine Lagarde à la tête de la BCE reste globalement favorable pour de nombreux économistes. Restent désormais les interrogations sur les motivations politiques de son départ anticipé, huit mois avant la fin de son mandat qui devait durer huit ans.

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Lagarde retrouve sa « liberté de parole », LFI et le RN ciblent Macron

Depuis Francfort, siège de l'institution en Allemagne, celle qui fut ministre déléguée au Commerce extérieur dans le gouvernement de Dominique de Villepin de 2005 à 2007, puis ministre de l'Agriculture et de la pêche, et enfin ministre de l'Économie dans les gouvernements de François Fillon entre 2007 et 2011, a déclaré qu'elle souhaite « avoir la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté de m'engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire ». À quelques mois de la présidentielle en France, Christine Lagarde l'assure : « Je pense que ma voix, mon action peut être utile pour des principes qui me sont chers. (...) Je sens que je dois dire ces choses, et je ne peux pas le faire dans ma position actuelle ».

Emmanuel Macron, lui, a salué sur le réseau social X « l'action déterminée » de Christine Lagarde à la tête de la BCE et a appelé à une transition « ordonnée et équilibrée avec nos partenaires européens ». Une intervention qui fait bondir l'opposition dans l'Hexagone, à commencer par La France insoumise et le Rassemblement national. Car le départ anticipé de Christine Lagarde permettra au président de la République de négocier la succession à la tête de la BCE, à deux mois de l'élection présidentielle. LFI et le RN dénoncent ainsi une manœuvre politicienne.

L'eurodéputé Alexandre Varaut (RN) accuse Emmanuel Macron de vouloir verrouiller les institutions et Christine Lagarde de « rendre service » au chef de l'État qui « place ses pions un peu partout ». « Nous ne regretterons pas le départ de Christine Lagarde, mais nous pouvons déplorer cette piteuse manœuvre », martèle-t-il. Sur X, le candidat insoumis à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, se questionne : « Leur but est-il de nous convaincre que l'Europe est devenue aussi irrespectueuse des votes du peuple français que le croit Macron ? ».

Le ministre délégué chargé de l'Europe Benjamin Haddad affirme, lui, que les négociations suivent leur calendrier habituel.

Quel est le rôle de la Banque centrale européenne?

Après des mois de spéculations, Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a annoncé son départ anticipé au 7 février 2027. Plusieurs candidats sont déjà en lice pour la remplacer. Et pour cause : il s'agit de l'institution parfois appelée la « gardienne de l'euro ».

Depuis 1998, la BCE est la banque centrale de la zone euro. À ce jour, 21 des 27 pays membres de l'Union européenne ont adopté la monnaie unique.

Le rôle de l'institution basée à Francfort est de maintenir la stabilité des prix afin de préserver le pouvoir d'achat des Européens. Son objectif est de maintenir l'inflation sous la barre des 2%. Pour lutter contre la flambée des prix, la BCE augmente si nécessaire ses taux d'intérêt. Une mesure qui rend les crédits plus chers, mais entraîne aussi un ralentissement de l'activité.

L'institution contribue également à la solidité du système bancaire européen, à l'instar d'autres banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine ou la Banque du Japon. Ce rôle s'est avéré essentiel lors de la crise des dettes publiques dans la zone euro entre 2010 et 2012. Pour sauver l'euro, la BCE a prêté 1 000 milliards d'euros aux banques.

Distinct de la BCE, le Mécanisme européen de stabilité permet de fournir une aide financière aux États membres de la zone euro confrontés à de graves problèmes de financement.

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