Test Forerunner 70 : la montre la moins chère de Garmin tient-elle ses promesses ?

Cinq ans après la Forerunner 55, Garmin renouvelle son entrée de gamme dédiée à la course à pied avec la Forerunner 70. Vendue 249,99 euros, cette montre connectée GPS gagne un écran Amoled, un nouveau capteur cardiaque et l’oxymètre de pouls, mais laisse de côté plusieurs fonctions désormais courantes ailleurs. Notre test complet.
Garmin revoit sa montre la plus abordable de fond en comble. Pour entrer dans son écosystème, il fallait jusqu’ici se contenter d’un modèle vieillissant (la Forerunner 55) ou débourser plus de 300 euros. La Forerunner 70, lancée aux côtés de la Forerunner 170 plus complète, change la donne : à 249,99 euros, elle remplace une Forerunner 55 sortie en 2021 et toujours à son catalogue à 150 euros. Nous l’avons testée pour voir si ce nouveau ticket d’entrée tient ses promesses.

Plastique assumé, style Garmin
Garmin ne change pas de recette avec cette Forerunner 70, dont le style reste immédiatement reconnaissable. Le boîtier mesure 42,6 x 42,6 x 11,9 mm pour un poids annoncé de 40 grammes : rien d’extravagant, mais on est loin des modèles ultralégers qui peuvent peser moins de 30 grammes. Ce format reste néanmoins adapté aux poignets fins, un point non négligeable pour une montre pensée pour la course à pied.
Garmin Forerunner 70 au meilleur prix Prix de base : 249 €

Quatre coloris sont proposés (noir, blanc, citron et lavande) avec un bouton principal jaune sur le modèle noir et bleu clair sur les autres teintes, histoire d’apporter une petite touche de couleur même aux versions les plus sobres. Pas d’inox ni de titane ici : la coque est en polymère renforcé de fibres, une matière plastique robuste qui limite le coût sans faire de compromis sur la résistance aux chocs du quotidien. Pour autant, au toucher on peut regretter un feeling quelque peu plastique là où d’autres concurrents misent sur des matériaux plus nobles.

La vitre, elle, se contente d’un traitement chimique classique plutôt que d’un verre saphir, une option généralement réservée aux gammes supérieures — à surveiller si vous avez l’habitude de cogner votre montre contre le mobilier ou les portes. Le bracelet en silicone fourni de série, au format standard 20 mm avec dégagement rapide, reste agréable à porter et se change facilement pour un modèle en tissu ou en maille dans le catalogue d’accessoires Garmin.

Côté capteurs, on retrouve le cardiofréquencemètre optique et l’oxymètre de pouls, mais ni altimètre barométrique, ni capteur de température, ni profondimètre. L’étanchéité, limitée à 5 ATM, autorise la natation en piscine mais pas les activités en immersion profonde comme la plongée.

Un écran enfin à la hauteur
La vraie révolution de cette génération se joue sur l’écran. Exit la dalle MIP transflective de la Forerunner 55 : la Forerunner 70 passe à l’Amoled tactile, avec une diagonale de 1,2 pouce et une définition de 390 x 390 pixels, contre 1,04 pouce et 208 x 208 pixels auparavant. La différence saute aux yeux : les couleurs sont riches, les contrastes marqués et la lisibilité tient bon même en journée ensoleillée grâce à un capteur de luminosité ambiante qui adapte l’écran automatiquement. Attention tout de même, des reflets peuvent se faire sentir selon l’inclinaison de vision. On regrette aussi que les bordures autour de la dalle soient relativement épaisses.
Garmin Forerunner 70 au meilleur prix Prix de base : 249 €

Pour naviguer, Garmin combine tactile et boutons physiques, cinq au total ; une constante chez la marque, qu’on retrouve aussi bien sur ce modèle d’entrée de gamme que sur des références nettement plus onéreuses. On aurait pu imaginer une interface plus dépouillée pour un premier prix, mais l’ergonomie reste cohérente avec le reste du catalogue, chaque bouton ayant son rôle indiqué directement autour de l’écran.

Concrètement, glisser le doigt vers le bas fait apparaître les notifications, tandis que le sens inverse ouvre les widgets liés à la forme du jour. Un balayage latéral, lui, donne accès à la liste complète des applications. Il est possible de désactiver le tactile pendant les activités, pour éviter les appuis accidentels avec la sueur ou la pluie.

Riche, mais avare en extras
L’application Garmin Connect encadre l’ensemble et se structure en ses cinq espaces distincts habituels : un tableau de bord quotidien, un onglet communautaire avec défis et badges, un calendrier d’entraînement, un fil social baptisé Flux qui joue le même rôle que Strava et enfin les réglages. C’est également depuis l’app que l’on programme les plans Garmin Coach, personnalisés selon l’objectif de course visé. Comme toujours, on regrette une ergonomie compliquée de l’interface de l’application, mais impossible de nier que les données proposées n’ont presque rien à envier aux modèles plus chers de la marque.
C’est justement sur les à-côtés que Garmin a dû faire des choix pour maintenir son prix sous la barre des 250 euros. La montre se passe de puce NFC, donc de Garmin Pay ; elle n’intègre ni stockage ni lecture de musique, une fonctionnalité réservée à la Forerunner 170 Music vendue 100 euros de plus. Sans microphone embarqué, impossible de décrocher un appel directement au poignet, même si des réponses SMS toutes faites restent envoyables via Garmin Messenger sur Android. Dernier manque à signaler, la cartographie : totalement absente, elle est remplacée par un simple système de guidage.
Précise, mais pas polyvalente
Sur le terrain, le capteur cardiaque tient toutes ses promesses. Cette quatrième génération de capteur optique réagit mieux aux à-coups de rythme, typiquement lors d’un fractionné, que celle équipant la Forerunner 55. Face à notre Apple Watch Series 11 de comparaison, les révélés sont presque similaires, tandis quel la fréquence cardiaque moyenne et maximum étaient identiques au BPM près.

Malgré quelques décrochages pas trop perturbants, le positionnement GPS surprend agréablement, en dépit de l’absence d’une puce multibande double fréquence, plus onéreuse et généralement réservée aux montres mieux dotées. En pleine ville, entre immeubles et rues étroites, le tracé reste globalement fidèle au parcours réellement suivi.

En revanche, sans altimètre barométrique, l’altitude n’est estimée qu’à partir des données satellite — une méthode connue pour être moins fiable, ce qui pénalisera surtout les amateurs de trail ou de randonnée en dénivelé. On sait que la montre d’Apple n’est pas la plus performante sur ce point, mais la différence entre les deux modèles était importante sur notre parcours : 78 m de dénivelé positif pour la marque à la pomme, contre 181 m pour le modèle de Garmin !

Plus de 80 profils sportifs sont annoncés par Garmin, couvrant la course sous toutes ses formes (route, piste, sentier), le vélo, la natation en bassin, le yoga, le fractionné. Aucun mode multisport en revanche : ni triathlon, ni swimrun et la natation en milieu naturel n’est pas prise en charge ; des lacunes qui écartent d’office les triathlètes de la cible. Le reste de la panoplie Garmin est bien présent : VO2 max, statut et charge d’entraînement, indicateur de préparation, variabilité de la fréquence cardiaque, stratégies d’allure PacePro, suggestions d’entraînement quotidiennes désormais capables d’intégrer des séances de course-marche et programmes Garmin Coach personnalisés.
Garmin Forerunner 70 au meilleur prix Prix de base : 249 €

Nouveauté bienvenue pour les débutants : les entraînements rapides, qui permettent de bâtir une séance sur mesure directement sur la montre, en choisissant simplement sa durée et son intensité. Le volet santé n’est pas en reste avec le suivi du sommeil (accompagné d’un coach dédié et d’une détection automatique des siestes), le Body Battery, le suivi du stress et, en nouveauté par rapport à la Forerunner 55, l’oxymètre de pouls et la mesure de la variabilité cardiaque. Le suivi menstruel, lui, repose en revanche entièrement sur une saisie manuelle.
Une bonne élève en autonomie
C’est l’un des points forts de cette montre. Avec sa dalle Amoled toujours activée, Garmin promet entre 6 et 8 jours d’autonomie. Dans la réalité nous avons plutôt mesuré 5 jours complets. À l’inverse, le mode d’économie d’énergie le plus poussé permet de grimper jusqu’à 28 jours annoncés pour ceux qui acceptent de couper l’essentiel des fonctions connectées.En usage connecté classique, sans écran « always on » Garmin promet jusqu’à 13 jours d’autonomie selon l’intensité d’usage du GPS et des capteurs.

Côté recharge, Garmin conserve son connecteur propriétaire à broches, moins pratique qu’un socle magnétique à induction, mais qui réduit le risque mauvais contact au moment de brancher la montre. Il faut compter environ deux heures pour une charge complète, via un câble USB-C.
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