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Saturday, October 31, 2026

Ils simulent la mort par pesticide pour dénoncer les « reculs » de Carney

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Dans plusieurs villes du Québec et à Ottawa, des manifestants costumés ont mêlé l’Halloween à leur cri d’alarme contre les « reculs historiques » du gouvernement de Mark Carney en matière de contrôle des pesticides. Ils ont feint la mort l'espace d'une minute en hommage aux victimes de maladies liées aux pesticides.

Elizabeth MacNamara et Paul-Émile Carpentier, des agriculteurs à la retraite gatinois vivant avec Parkinson, n’ont pas pu manifester à Ottawa à cause de leur maladie. Leur belle-sœur, Monique Bisson, a pris la parole en leur nom et ceux des autres victimes des pesticides sur la colline du Parlement.

Les agronomes leur recommandaient d'utiliser des pesticides parce que c'était pour augmenter la production, et il ne savait pas [...] les dangers qu'ils couraient à manipuler les pesticides, ils n’étaient pas informés là-dessus, explique Mme Bisson, qui est la cofondatrice de l’association Victimes des pesticides du Québec.

Des centaines de personnes se sont rassemblées simultanément samedi à Québec, Ottawa, Sherbrooke,

Monique Bisson tient une pancarte.

Monique Bisson a cofondé l’association Victimes des pesticides du Québec.

Photo : Radio-Canada / Nick Persaud

Comme Monique Bisson, les groupes à l’origine des manifestations du 31 octobre exigent le retrait du projet de loi C-31 et l’abolition de la Loi C-30.

En juin dernier, C-30 a modifié la Loi sur les produits antiparasitaires, ce qui permet au Conseil des ministres d’autoriser l’utilisation de pesticides qui ont été interdits par Santé Canada à cause de leur dangerosité.

Un porte-parole de la ministre de la Santé avait alors affirmé que le Conseil des ministres n’autoriserait que l'utilisation temporaire de certains pesticides dans des conditions spécifiques.

Le gouvernement fédéral avait justifié ce changement par des raisons de sécurité économique et de sécurité alimentaire.

Ces arguments peinent à convaincre Monique Bisson.

À l'Halloween, on fait peur. Le projet de loi C-31 fait peur parce que c'est un recul pour la santé du Québec et du Canada.

Vers une homologation à vie?

Le projet de loi C-31, dont l’examen au Comité permanent des finances vient de s’achever, est lui aussi dans le viseur des manifestants.

Sa section 13 modifierait la Loi sur les produits antiparasitaires, mettant fin à l’obligation de réévaluer tous les 15 ans les pesticides homologués.

Ses opposants craignent une homologation à vie des pesticides.

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Ce changement va à l’encontre du principe de la médecine fondée sur des données probantes, estime la Dre Helen Hsu, qui représente l’Association canadienne des médecins pour l’environnement.

Helen Hsu.

Helen Hsu alerte sur les dangers des pesticides sur la santé.

Photo : Radio-Canada / Liam Baker/CBC

À l’inverse, la Dre Hsu voudrait que la réglementation entourant les pesticides soit renforcée.

Elle rappelle que des pesticides ont été associés à des maladies neurologiques chroniques, comme Parkinson, Alzheimer et la démence, ainsi que le développement de plusieurs types de cancers. Elle s’inquiète en particulier des risques pour la prochaine génération.

Un mouvement pour nos enfants

Devant l’Édifice du Centre, on comptait plusieurs enfants costumés pour l’Halloween parmi les manifestants.

Ensemble, jeunes et adultes se sont allongés au sol pour une minute lors d'un die-in, ou une simulation de mort, qui représentait les décès liés aux pesticides.

Une personne fait semblant de disperser un pesticide sur des personnes au sol faisant semblant d'être mortes.

Les manifestants ont simulé une mort par pesticide.

Photo : Radio-Canada / Nick Persaud

On se mobilise pour nos enfants, pour nos petits-enfants, explique la membre de Mères au front de l’Outaouais, Chantal Pelletier.

[C’est] pour qu'ils aient un avenir où est-ce qu'ils peuvent être bien en santé, grandir sans être inquiétés par la pollution ou sans tomber malades de l’effet des pesticides, ajoute-t-elle.

Chantal Pelletier.

Chantal Pelletier est membre de Mères au front de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Nick Persaud

Chantal Pelletier pense que des groupes d’intérêt pro-pesticides ont l'oreille des décideurs, ce qu’elle déplore.

La ministre de la Santé ne semble pas comprendre l'importance d'améliorer la réglementation plutôt que de la relâcher, regrette-t-elle.

Au moment d'écrire ces lignes, la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, n’a pas donné suite à la demande d’entrevue de Radio-Canada.

Sur la colline du Parlement, alors que les derniers manifestants partent, Chantal Pelletier espère encore obtenir l’attention du gouvernement fédéral. Elle ne se fait toutefois pas d’illusions.

L'Halloween, c'est la période où on fait la transition vers la noirceur, pense-t-elle. Peut-être que M. Carney et son gouvernement nous amènent vers la noirceur.

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