Poutine voudrait profiter des négociations de paix en Ukraine pour réduire la présence de l’OTAN en Europe
Selon The Telegraph, le président Vladimir Poutine entendrait profiter des négociations de paix en Ukraine pour exiger que l’OTAN ramène sa présence militaire au niveau de 1997, lorsque l’Alliance transatlantique ne comptait aucun pays de l’ancien bloc de l’Est.
Lore Vanhaelewyn
Source: HLN, The Telegraph
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La semaine dernière, la Russie, l’Ukraine et les États-Unis se sont montrés favorables à la tenue de négociations de paix en novembre à Abu Dhabi. Cette annonce a été faite après un rapprochement entre Poutine et Trump, le premier ayant promis au second d’approvisionner le marché en diesel russe à la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis. En parallèle, le président américain a fait pression sur Kiev en limitant partiellement l’utilisation des satellites Starlink par l’armée ukrainienne et en ne transmettant pas des informations recueillies par Washington sur des manœuvres russes.
Depuis, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé que la Russie envisageait d’impliquer l’Europe dans les négociations, mais seulement à un stade ultérieur. “Il est clair que l’architecture de la sécurité européenne ne peut être discutée sans d’autres participants”, a déclaré M. Peskov.
Selon The Telegraph, Moscou souhaiterait toutefois surtout profiter de cette opportunité pour affaiblir l’Europe en obtenant de l’OTAN des concessions bien plus importantes en matière de sécurité, à savoir le repli de l’Alliance transatlantique dans ses limites d’avant 1997.
L’Europe de l’Est privée de soutien occidental?
Cette année n’a pas été choisie par hasard. En 1997, l’OTAN comptait 16 États membres. À l’exception de l’Allemagne de l’Est, qui avait fusionné avec celle de l’Ouest, aucun pays de l’ancien bloc communiste n’en faisait partie. La Pologne, la Hongrie et la République tchèque n’y ont adhéré qu’en 1999. Les pays baltes – l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie –, tout comme la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie et la Slovénie, n’ont rejoint l’organisation qu’en 2004.
Sur le plan militaire, l’OTAN ne disposait donc pas encore d’unités permanentes ni de groupes de combat avancés en Europe de l’Est en 1997. Cette présence militaire n’a été considérablement renforcée qu’après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, puis encore davantage après l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Si la Russie parvient à ses fins, cela pourrait notamment signifier le retrait des troupes de l’OTAN de Pologne et des pays baltes. La Finlande, qui est membre de l’OTAN depuis 2023 et partage une longue frontière avec la Russie, est également citée par The Telegraph comme étant dans le viseur de Moscou.
La sempiternelle exigence de Poutine
Poutine vise depuis longtemps à repousser l’OTAN aussi loin que possible de la Russie. Fin 2021, quelques mois avant l’invasion de l’Ukraine, le Kremlin avait déjà présenté un projet de traité dans lequel il exigeait que l’OTAN ramène son infrastructure militaire à la situation d’avant 1997.
Selon The Telegraph, les diplomates européens craignent désormais que Moscou ne profite des négociations pour aborder non seulement la question de l’Ukraine, mais aussi celle de la future architecture défensive de l’Europe tout entière.
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