Polémique après la suppression par France Télévisions du replay de propos d'Adèle Haenel sur Israël

Adèle Haenel et de nombreuses voix à gauche ont dénoncé vendredi le retrait du site de France Télévisions d'une intervention de la comédienne accusant Israël de « génocide en Palestine » dans l'émission « La Grande Librairie ». Le groupe public se défend de toute « censure » et évoque une « mesure conservatoire ».
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Face caméra, Adèle Haenel, visiblement émue, conclu sa carte blanche par ces mots : « L’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine ». Invitée principale de l’émission La Grande Librairie, c’est dans le carte de la traditionnelle carte blanque qui clôture l’émission que l’actrice de 37 ans a prononcé ces mots.
Mais suite à cela, France Télévisions a supprimé le replay de l'émission La Grande Librairie dans laquelle les paroles ont été prononcés, provoquant ainsi une polémique. De nombreuses voix accusent le groupe d’audiovisuel public de censure. Plusieurs responsables LFI, le sénateur PCF Ian Brossat, ou encore le candidat à la primaire socialiste Olivier Faure se sont indignés de la suppression de cette séquence.
« Il n'y a aucune censure », s'est défendue la direction de France Télévisions, contactée par l'AFP. « Adèle Haenel était l'invitée principale de La Grande Librairie, elle a pu présenter son livre en toute liberté, elle a même été choisie parmi tous les invités pour faire la +carte blanche+ de fin d'émission et celle-ci a été diffusée », ajoute le groupe public.
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« Mais face à de multiples saisines, et comme notre cahier des charges est extrêmement strict sur le sujet, France TV a suspendu le replay pour laisser (le régulateur de l'audiovisuel) l'Arcom mener son travail d'évaluation par mesure conservatoire », se défend France Télévisions.
« Il y a certains mots, certaines réalités qui ne doivent surtout pas être dites »
L'actrice de 37 ans a estimé sur Instagram qu'en supprimant le replay de son intervention, France Télévisions fait « la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu'en fait il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dites ».
L'historien Jean Garrigues explique que l’emploi du terme génocide est difficile en France car il est lié à l’histoire du pays. « Il est incontestable que notre sensibilité au génocide est marquée essentiellement par l’histoire et le drame de la Shoah. Etant donné ce qu’a été la politique du régime de Vichy dans la collaboration avec précisément une politique génocidaire, qui était celle des nazis. Il y a eu aussi ce qu’il s’est passé au moment de l’affaire Dreyfus, qui était l’antisémitisme en France dans les années 30. Tout cela doit être pris en compte pour comprendre la complexité de cette appréhension collective du mot génocide ».
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De son côté, France télévisions assure que si le régulateur de l’audiovisuel ne trouve rien à redire à la séquence, celle-ci sera republiée.
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