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Monday, September 14, 2026

L’Alberta imposera des frais de recyclage de 14$ par panneau solaire

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L’Alberta impose un prix au retrait des panneaux solaires avant même qu’ils aient produit leur premier kilowattheure.

Dès le mois prochain, les acheteurs devront verser 14 $ par panneau en prévision de son éventuel recyclage, une facture qui pourrait être acquittée des décennies avant que l’équipement cesse de produire de l’électricité solaire.

La redevance s’applique à chaque nouveau panneau solaire d’au moins un mètre carré, qu’il soit installé sur le toit d’une résidence ou dans une vaste centrale solaire. Selon l’Alberta, il s’agit du premier programme officiel de recyclage des panneaux solaires au Canada.

Pour un projet comptant 100 000 panneaux, cette nouvelle redevance ajouterait 1,4 million de dollars à la facture. Il s’agit d’une somme considérable versée pour le retrait d’un équipement avant même qu’il ne commence à produire de l’électricité.

Il est certes logique de prévoir la fin de vie des panneaux. Le débat porte plutôt sur le coût de cette préparation, sur ceux qui doivent en assumer la facture et sur la valeur que l’Alberta peut préserver en prolongeant la durée de vie utile des équipements.

La justification du coût

La redevance fait augmenter dès aujourd’hui le coût d’achat des nouveaux panneaux solaires, alors qu’une grande partie des équipements déjà installés en Alberta ne devrait pas avoir besoin d’être recyclée avant les années 2040, selon le Business Renewables Centre (BRC).

Pour justifier cette mesure, le gouvernement albertain met d’abord de l’avant l’ampleur du nettoyage à venir. Selon le Recycling Council of Alberta, plus de 95 % des panneaux actuellement installés dans la province pourraient atteindre la fin de leur durée de vie utile d’ici 2045, ce qui représenterait jusqu’à 72 700 tonnes de matériaux.

Une interdiction d’enfouir les panneaux entrera également en vigueur le 1er octobre. La redevance doit financer leur collecte, leur transport et leur recyclage, tant pour les nouveaux panneaux que pour les équipements plus anciens. Les propriétaires ne se verront toutefois pas imposer rétroactivement de frais pour les panneaux déjà installés.

Le fait de percevoir des sommes à l’avance pour gérer ce futur flux de déchets pourrait éviter que la facture ne soit refilée aux municipalités et aux contribuables. Cela signifie toutefois que les acheteurs d’aujourd’hui contribueront à financer la prise en charge d’équipements acquis avant l’instauration de la redevance.

Pourquoi 14 $ ?

Cela rend le calcul à l’origine de cette somme particulièrement important.

Le BRC affirme que l’Alberta Recycling Management Authority (ARMA) n’a pas publié de ventilation permettant d’expliquer la redevance de 14 $. Le groupe voué à la promotion des énergies propres est favorable à l’imposition de frais de recyclage, mais juge ceux-ci excessifs. Il estime qu’ils ajouteront environ 1 million de dollars à la facture d’un projet solaire albertain moyen.

L’ARMA fournit néanmoins des explications sur sa méthode de calcul. Dans un document publié le 6 août, l’organisme décrit un modèle qui tient compte du volume de panneaux jusqu’en 2060, des coûts d’exploitation et d’investissement, des revenus tirés du recyclage ainsi que d’une réserve destinée à couvrir les dépenses futures.

Le document énumère les facteurs pris en considération, mais ne présente pas les hypothèses chiffrées qui permettent d’arriver à une redevance de 14 $.

Le BRC affirme également que les frais imposés en Alberta sont au moins 139 % plus élevés que ceux exigés ailleurs. Pour évaluer cette comparaison, il faut toutefois vérifier ce que couvre chaque programme et la manière dont il est financé.

La durée de vie utile des panneaux entre aussi en ligne de compte. L’Association canadienne de l’énergie renouvelable souligne que les systèmes solaires peuvent demeurer fonctionnels au-delà de leur durée de vie nominale de 25 ans. Certains panneaux remplacés ou endommagés peuvent également être revendus ou réparés de façon sécuritaire.

La foire aux questions du programme albertain prévoit déjà le tri des panneaux afin de déterminer s’ils peuvent être réutilisés ou remis à neuf, ce qui pourrait retarder leur entrée dans la filière du recyclage.

Des exemples en France et en Australie

La France montre comment une structure tarifaire plus détaillée peut fonctionner.

Selon Soren, l’organisme français responsable du recyclage des panneaux solaires, la contribution standard au recyclage d’un panneau au silicium cristallin muni d’un cadre d’aluminium et pesant entre 20 et moins de 30 kilogrammes s’élève à 1,73 € avant taxes.

Les panneaux qui répondent à des critères environnementaux supplémentaires bénéficient de frais réduits.

Les différences de géographie et d’infrastructures font que le tarif français ne permet pas de déterminer ce que l’Alberta devrait facturer. Sa structure constitue néanmoins un exemple intéressant, puisqu’elle rend les différentes catégories visibles et offre aux fabricants une incitation financière à respecter de meilleurs critères environnementaux.

L’Australie a adopté une autre approche.

En janvier, le gouvernement fédéral australien a annoncé un financement de 24,7 millions de dollars australiens sur trois ans pour un projet pilote national de recyclage des panneaux solaires, qui prévoit notamment jusqu’à 100 points de collecte.

Cette approche fait d’abord porter la facture aux contribuables. Elle offre aussi la possibilité de recueillir des données sur la collecte et le traitement des panneaux avant d’arrêter un modèle de financement permanent.

L’industrie solaire canadienne se prononce

Pour certaines entreprises canadiennes, l’essor du recyclage représente une occasion qui commence déjà à se concrétiser.

Sunset Renewable Asset Management a recueilli environ 10 000 panneaux dans ses installations près de Brooks, en Alberta, selon un article publié le 8 septembre par le Brooks Bulletin.

Le président de Sunset, Dan Carrocci, s’est réjoui des efforts visant à mettre en place les infrastructures nécessaires avant que les volumes de déchets ne prennent de l’ampleur. Il a notamment évoqué la possibilité de réutiliser le verre récupéré dans les trottoirs et l’aluminium dans la fabrication de pièces automobiles.

« Il existe de nombreuses applications pour ces matériaux en aval », a-t-il déclaré au journal.

Mais si l’on s’entend pour dire qu’il faut mettre en place des systèmes de recyclage des panneaux solaires, la question de leur financement demeure entière.

« La nécessité de recycler les panneaux ne suscite pas particulièrement la controverse », a écrit sur LinkedIn Michael McGahern, d’Ottawa Solar Power.

« La véritable question est de savoir comment les systèmes de recyclage devraient être financés, quand les infrastructures devraient être construites et comment les coûts devraient être répartis dans l’ensemble de l’écosystème énergétique. »

En conclusion

L’Alberta a défini les principaux éléments d’un système utile : la collecte, le recyclage et une filière permettant de donner une seconde vie aux panneaux encore fonctionnels.

La question qui demeure est de savoir comment les sommes perçues permettront de financer chacune de ces étapes.

La publication des hypothèses ayant servi à établir la redevance de 14 $, accompagnée d’objectifs mesurables en matière de réutilisation et de récupération, permettrait aux acheteurs de mieux comprendre ce qu’ils financent exactement.

Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.

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