Un alignement des plus drôles au calendrier humour cet automne
Commençons par saluer les chevronnés. Tout d’abord Pierre Verville, dont le spectacle est rien de moins que son au revoir à la scène en solo. Dans Pour une dernière voix, l’homme de 64 ans entrelace stand-up et imitations, intimité et collectivité, fiction et réalité. Accompagné de Pierre-Michel Tremblay pour l’écriture et de Nadine Turbide pour la musique, il évoque ses vies privée et professionnelle en invitant différentes personnalités politiques et artistiques à le « rejoindre » sur scène. À la Cinquième Salle de la Place des Arts les 26 et 27 novembre, à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec le 2 décembre, puis en tournée jusqu’en mai. À 61 ans, Boucar Diouf en est, si nos calculs sont bons, à son septième spectacle. Dans Trois prédateurs et un bungalow, le plus scientifique des humoristes québécois s’intéresse à notre cohabitation avec les chiens et les chats. On peut s’attendre comme d’habitude à un savoureux mélange de rire, de tendresse et d’apprentissage. Au Théâtre de la Ville (Longueuil) le 12 septembre, puis en tournée jusqu’à l’automne 2027.
Les prometteuses recrues
Sorti de l’école nationale de l’humour en 2019 avec une bourse d’excellence en poche, P-O Forget explore « les contradictions humaines et les absurdités qui nous façonnent ». L’humoriste natif de Québec a choisi d’intituler son premier spectacle solo Prises de tête. « Parce que les temps sont fous et qu’il faut se prendre la tête pour se les expliquer. Parce que traiter de tout et même du lourd avec humour, c’est ce que je fais qui crée le plus de légèreté. » À la salle Albert-Rousseau (Québec) le 30 septembre, au Gesù (Montréal) le 13 octobre, puis en tournée jusqu’a l’automne 2027. Alter ego de l’humoriste Zachary Allard, Zac Bulle est un garçon de 8 ans et demi qui s’est fait une sacrée réputation sur Internet. Intitulé Mon super spectacle :) et destiné au grand public, son « one-petit-gars show » transpose sur scène cet assemblage de blagues, de dessins, de chansons et de tours de magie qui ont fait la renommée de cet inconditionnel de mayonnaise. À l’Impérial Bell (Québec) le 18 septembre, puis en tournée jusqu’en juin.
Le premier choix au repêchage
Née à Toronto d’un père haïtien et d’une mère américaine, Rachelle Elie a écrit cinq one-woman shows dans la langue de Shakespeare avant de tomber en amour avec la scène humoristique francophone, il y a près de sept ans. En février 2025, en première partie de Billy Tellier, elle nous avait fait une très forte impression. Celle qui fut nommée dans la catégorie Découverte de l’année au Gala Les Olivier 2025 est une bête de scène que les admirateurs de Cathy Gauthier ont toutes les chances d’adopter. Abordant des questions culturelles, sexuelles et linguistiques d’une manière joyeusement décomplexée, son stand-up est d’une franchise rafraîchissante et d’une autodérision irrésistible. Intitulé Lâchée lousse, son spectacle permet à cette digne représentante de la génération X, fraîchement divorcée et mère de deux enfants, de déclarer son amour pour la culture (libératrice) et la langue (colorée) des Québécois. Au Théâtre Petit Champlain (Québec) le 2 novembre, à l’Espace St-Denis (Montréal) le 11 novembre, puis en tournée jusqu’en février.
Le véritable héros
Avec cinq spectacles officiels et trois « shows cachés » — plus de 1 479 738 billets vendus au cours de sa carrière ! —, Louis-José Houde, bientôt 49 ans, s’est taillé une place unique dans le milieu de l’humour québécois. Son parcours exceptionnel se poursuit cet automne avec un solo écrit sur une période de sept ans, alors qu’il accompagnait sa mère, Angèle, dans la maladie d’Alzheimer : Et jusqu’à la fin la beauté. Pour rire (et certainement être ému) avec un sujet pareil, on peut compter sur le doigté de Houde, qui parle de son spectacle comme d’un hommage à « une inimitable iconoclaste, libre penseuse », d’une « aventure familiale à travers le système de santé, ses failles, ses réussites » et d’une occasion de se questionner sur « notre rôle de proches aidants et notre rapport collectif bien curieux avec le vieillissement et le sort des aînés ». Au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 21 au 23 octobre, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec le 3 novembre, puis en tournée au moins jusqu’en décembre.
L’étoile toutes catégories
Adib Alkhalidey est un artiste inclassable, mais surtout authentique et talentueux. Entre l’enregistrement d’un album et la création d’une télésérie, l’homme a donné naissance à un nouveau spectacle d’humour. Après Québécois tabarnak et Des putes et des voleurs, Comme les Mongols à Baghdad s’articule autour de la notion de transmission. « Transmission du sens, du savoir, des blessures, des peurs, des contradictions et des élans qui traversent une époque ayant parfois l’impression d’avoir perdu confiance en sa propre capacité à transmettre quoi que ce soit. » Au menu, des sujets aussi « consensuels » que la fraude fiscale, la corruption politique, la mixité sociale et la religion. L’homme, qui adopte une liberté de ton qui lui confère une place absolument unique dans notre paysage humoristique, assure que son spectacle est « porté par une volonté sincère de rapprocher ce que l’époque s’acharne à séparer ». À la Cinquième salle de la Place des Arts du 25 septembre au 10 octobre, puis en tournée au moins jusqu’en décembre.
Les représentants de l’Est
Cet automne, trois comiques de l’est du Québec vont brûler les planches. D’abord, P-A Méthot, originaire de Chandler, en Gaspésie. Dans son 3e solo, Pardon ?!, le quinquagénaire s’intéresse aux questions existentielles et aux situations qui nécessitent qu’on présente des excuses. À l’Espace St-Denis (Montréal) le 3 novembre, à la salle Albert-Rousseau (Québec) le 3 décembre, puis en tournée. Ensuite, JF Otis, qui vient de Rimouski, plus précisément de Saint-Anaclet-de-Lessard. Dans son premier solo, Avec plaisir !, le trentenaire raconte des histoires inspirées par son clan, dit-on, haut en couleur. À la salle Albert-Rousseau (Québec) le 5 octobre, à la Cinquième Salle de la Place des Arts le 26 octobre, puis en tournée. Finalement, Dom Babin, Rimouskois d’origine gaspésienne. Dans son premier solo, Américain du Nord français, le vingtenaire « observe le Québec comme on observe une famille : de proche, avec affection, mais sans jamais s’empêcher de nommer ce qui craque ». À la salle Albert-Rousseau (Québec) le 11 novembre, à l’Olympia (Montréal) le 17 novembre, puis en tournée.
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