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Wednesday, October 14, 2026

Québec, «ville de l’auto», se promène de plus en plus sur deux roues

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Les cyclistes de Québec sont de moins en moins nombreux à remiser leur vélo dès l’arrivée des premiers flocons. La capitale québécoise, qui ne comptait que 6000 adeptes de bicyclette hivernale en 2020, en recensait 19 000 en 2025. Il s’agit, selon un rapport de Vélo Québec publié mardi, de « la plus forte progression observée parmi les grandes villes québécoises. »

Cette augmentation a suivi la croissance du réseau blanc, soit le tissu de pistes cyclables déneigées par la Ville. En 2020-2021, à peine 30 km de sentiers restaient accessibles pendant la saison froide, soit moins de 10 % du réseau. En 2024-2025, au terme du premier mandat de Bruno Marchand, lui-même cycliste et maire convaincu de la nécessité de faire de la place à la petite reine dans les rues de sa ville, Québec comptait 136 km de pistes cyclables déneigées ou damées.

Le nombre de cyclistes hivernaux a donc triplé pendant que le réseau blanc, lui, allongeait sa longueur par quatre fois et demie. L’engouement pour le vélo hivernal demeure toutefois à bien des coups de pédale de rejoindre la ferveur observée pendant la haute saison, où Vélo Québec a recensé 223 000 cyclistes en 2025.

Le rapport publié mardi valide largement les ambitions que le maire de Québec caressait pour sa ville à son arrivée à l’hôtel de ville. Bruno Marchand et son administration ont multiplié par six le budget consacré à l’essor du vélo depuis leur arrivée à la mairie.

« En 2025, note l’étude de Vélo Québec, ce sont même 40 $ par habitant qui ont été budgétés par la ville, faisant de Québec la ville étudiée avec les investissements dans le vélo les plus importants » par rapport à sa population.

L’étude mentionne aussi l’implantation des corridors VivaCité (CVC) — le nom donné aux artères cyclables névralgiques de Québec largement inspiré par le Réseau express vélo de Montréal — et d’àVélo, le service de location en libre-service de bicyclettes électriques, comme autant de réussites dans la capitale.

« L’efficacité des tronçons déjà réalisés se reflète dans leur forte utilisation, indique le rapport à propos des corridors. Ainsi, en 2025, les compteurs sur les CVC ont vu passer jusqu’à 32 % de cyclistes en plus par rapport aux compteurs sur les infrastructures hors-CVC les plus achalandées. »

« En cinq ans, constate-t-il encore au sujet d’àVélo, le nombre de déplacements effectué a été multiplié par près de 70 et, le nombre d’adeptes, par plus de 8. » En 2025, ces vélos électriques offerts en location ont permis de réaliser près de deux millions de déplacements, selon les données de la Ville.

Le parc de bicyclettes s’électrifie de plus en plus à Québec. Quelque 72 % des ménages possèdent au moins un vélo pour un total de 441 000 petites reines, soit 116 000 pour les enfants et 335 000 pour les adultes. La proportion de bicyclettes électriques a triplé depuis 2020 pour accaparer 18 % du total. La popularité de la propulsion assistée ne se dément pas puisque sur les 32 000 vélos achetés en 2025 dans la capitale, près de la moitié, soit 46 %, était électrifiée.

Vélo Québec rapporte que la place de la bicyclette peut encore croître dans la ville de Québec. « En 2021, note le rapport, 45 % des travailleurs et des travailleuses de Québec travaillaient à moins de 5 km de leur lieu de résidence, recense le document. Cela correspond à un trajet d’environ 25 minutes à vélo classique qui devient alors une alternative viable à la voiture pour du navettage. »

Ces données laissent croire à l’organisme que « 17 % des trajets motorisés pourraient être remplacés par un vélo classique et ce pourcentage pourrait monter à 42 % si le vélo utilisé est un vélo-cargo à assistance électrique ». Ces proportions placent la capitale « parmi les grandes villes québécoises avec le plus grand potentiel de transfert modal. »

En 2025, à peine 2,4 % des déplacements réalisés sur le territoire de Québec privilégiaient le vélo, une augmentation de 50 % en six ans, certes, mais qui ne représente encore qu’une fraction des 4,1 % de déplacements effectués sur deux roues pour se rendre au boulot dans la grande région de Montréal en 2023, selon l’Autorité régionale de transport métropolitain.

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