Nouvelle frappe contre l’aéroport de Riyad, au lendemain d’une attaque meurtrière

Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont réitéré, dimanche, leurs menaces de frappes sur les aéroports et l'espace aérien saoudien, au lendemain d'une attaque contre l'aéroport de Riyad qui a fait 12 morts, la plus meurtrière en 10 ans dans le Royaume.
L'ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont inédites depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales yéménites, qui avaient reçu le soutien militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite un an plus tard.

Des gens sont rassemblés devant une station de métro, sur la route menant à l'aéroport international King Khalid, à Riyad.
Photo : Associated Press
Sans revendiquer la frappe de samedi, les Houthis ont réitéré, dimanche, leur avertissement aux voyageurs, employés et compagnies aériennes de ne pas utiliser l'espace aérien saoudien et les aéroports, à l'exception
de ceux des villes saintes de La Mecque et de Médine.
Ils sont exposés aux frappes et constituent un théâtre d'opérations pour nos forces
, a affirmé sur X Yahya Saree, leur porte-parole militaire.
Les combattants pro-iraniens, qui n'ont pas revendiqué la frappe de samedi, avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l'aéroport de Riyad, ayant fait, au total, six morts.
La coalition militaire menée par le royaume leur a imputé la frappe de samedi, dénonçant un crime de guerre
auquel elle répondra avec fermeté
. Une source diplomatique l'a également attribuée à un missile houthi.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans le royaume depuis août 2015, quand un attentat suicide du groupe armé État islamique (EI) avait fait 15 morts dans une mosquée au quartier général des forces spéciales à Abha, dans le sud du royaume.
À l'international, les condamnations de cette frappe sur une infrastructure civile ont été nombreuses. Ce qui s'est passé [...] n'est pas acceptable
, a dit Donald Trump samedi, indiquant qu'il allait examiner une possible participation américaine aux opérations militaires contre les Houthis, et s'entretiendrait avec le prince héritier, Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume.
Les États-Unis n'avaient jusque-là pas donné suite à plusieurs demandes saoudiennes de soutien.
L'aéroport toujours à l'arrêt

Une tour de contrôle aérien à l'aéroport international King Khalid de Riyad, le 19 septembre 2026.
Photo : Getty Images
L'autorité de l'aviation civile saoudienne a recensé 12 morts et 309 blessés, samedi, à l'aéroport international King Khalid, mais le bilan pourrait être plus lourd, incluant notamment d'autres blessés légers, a indiqué à l'AFP un diplomate occidental basé à Riyad.
Les victimes sont quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais
, a précisé l'aviation civile.
J'ai vu des blessés. Tout le monde courait
, a indiqué à l'AFP un passager qui attendait un vol tout près de l'aérogare touchée.
Dans la soirée de samedi, la coalition a aussi signalé la chute d'un projectile près de l'aéroport de Dammam, dans l'est du royaume.
Après l'annonce de sa fermeture, samedi soir, l'aéroport de la capitale saoudienne restera à l'arrêt dimanche, ont confirmé deux sources du secteur aérien à l'AFP.
Les opérations sont suspendues jusqu'à nouvel ordre
, a déclaré l'une de ces sources, précisant que certains systèmes ont été endommagés, soit le radar et les équipements de communication
et que l'état des pistes de l'aéroport devait également être évalué.
Une résidente française à Riyad, dont le vol a été annulé, a indiqué dimanche à l'AFP qu'elle se rendrait en voiture à Doha, au Qatar, pour prendre l'avion.
L'ambassade saoudienne au Koweït affrétera quant à elle des bus pour rapatrier lundi les ressortissants saoudiens bloqués dans le petit émirat.
Plusieurs ambassades étrangères ont recommandé à leurs employés d'éviter l'aéroport pendant une semaine, a indiqué un diplomate occidental à l'AFP.
Et l'ambassade américaine a étendu aux aéroports de Dammam et de Jeddah des restrictions d'accès déjà imposées à son personnel pour celui de Riyad.
Le royaume doit accueillir ce mois-ci une série de grandes conférences internationales attirant dirigeants étrangers et personnalités du monde des affaires.
Plusieurs entreprises du centre d’affaires de Riyad ont fait télétravailler leur personnel, dimanche, selon de nombreux employés, et les écoles de la capitale sont passées en distanciel pour la semaine.
Escalade dangereuse

L'aéroport de Riyad a subi des attaques fréquentes, récemment. Cette photo a été prise lors d'une attaque le 19 septembre dernier.
Photo : Reuters / Stringer
L'ONU, Paris, Londres, Berlin, Doha, Amman, Bagdad et Islamabad ont condamné l'attaque de l'aéroport, qualifiée d'escalade dangereuse
par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Malgré des différends diplomatiques, notamment au Yémen, les Émirats arabes unis ont exprimé leur solidarité avec le royaume et leur soutien à toutes les mesures visant à préserver
sa sécurité.
Sur le terrain yéménite, les hostilités se poursuivent après l'offensive éclair lancée en septembre par les Houthis qui ont imposé leur mainmise sur la mer Rouge et le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive gouvernementale.

Des bateaux naviguent au large des côtes du Yémen, là où le détroit de Bab el-Mandeb relie la mer Rouge et la mer d'Oman.
Photo : Reuters
Les Houthis ont signalé, dimanche, deux frappes saoudiennes sur le gouvernorat de la capitale, Sanaa, tenue par le mouvement.
Des sources militaires du camp gouvernemental ont indiqué samedi à l'AFP que les forces yéménites avaient progressé autour du détroit, sans parvenir à le sécuriser.
Un responsable houthi a indiqué que le mouvement tenait toujours l'île de Mayyoun, au cœur du passage maritime qui a gagné en importance depuis que Téhéran restreint la navigation dans celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.
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