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Wednesday, September 16, 2026

Viol collectif extrêmement violent | Un bourreau veut une peine réduite en raison de la tuberculose en prison

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La Couronne réclame 14 ans de pénitencier à l’encontre du leader d’une agression sexuelle de groupe d’une brutalité extrême. Sans égard pour ses victimes, Marc-André Charron s’est plutôt plaint mercredi d’une éclosion de tuberculose en prison.

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Je ne veux pas me positionner comme faisant pitié, mais ça a été difficile la détention. Je veux pu vivre ça.. J’ai pas beaucoup de services pour m’accompagner là-dedans… L’incarcération que j’ai vécue depuis deux ans et demi, j’ai compris des choses, je veux pu revivre ça.

Marc-André Charron, mercredi, lors des observations sur la peine au palais de justice de Montréal

En raison notamment des conditions difficiles de détention, l’avocate de la défense MVicky Powell demande une peine très clémente, se limitant au temps déjà purgé du délinquant, soit deux ans et demi de détention.

L’homme de 51 ans a reconnu l’an dernier avoir agressé sexuellement deux femmes en 2021 et en 2024. Dans le premier cas, il a étranglé sa victime, tout en lui tirant les cheveux, alors qu’elle voulait partir. Chaque fois que son agresseur relâchait son emprise, elle disait « non ». Elle a cru mourir ce jour-là.

Les faits du second dossier sont abominables. Ils sont d’une violence telle que nous nous limitons à un résumé très partiel. Lors du plaidoyer, la procureure avait lu pendant 26 minutes la trame factuelle de cette histoire d’horreur.

Marc-André Charron et sa complice Nadège Rasson Saint-Louis dirigeaient un restaurant-bar axé sur « le kink et le fétichisme » sur la rue Sainte-Catherine, dans le Village. Rasson Saint-Louis et la victime, Marine*, étaient les « soumises » de Charron dans le cadre d’une relation BDSM. Un troisième complice, Faycal Fadli était un client « régulier ».

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Faycal Fadli souhaite une peine de prison à la maison pour éviter son expulsion du pays.

Dans la nuit du 1er au 2 mars 2024, le trio a agressé sexuellement Marine pendant des heures dans le restaurant-bar. Elle n’était pas consentante.

Marc-André Charron est celui qui se montre le plus violent envers Marine. Il la frappe à coups de poing, de pagaie et de fouet, pendant que lui ou ses complices agressent sexuellement la victime. À un moment, Marine tente de se protéger avec ses mains des coups de pagaie, mais Faycal Fadli l’en empêche.

Les caméras de surveillance montrent même Fadli et Charron en train de se taper dans la main (« high five »).

Le calvaire de Marine s’éternise de minuit à 6 h 30 du matin. À la fin, Marine saigne abondamment. Après trois heures de sommeil, elle a dû retourner au bar pour faire le ménage et effacer les traces de sang sur le plancher.

Un codétenu atteint du VIH l’attaque

Mercredi, devant la cour, Marc-André Charron a choisi de témoigner uniquement de ses conditions de détention « difficiles ». Il n’a exprimé aucune empathie à l’égard des victimes, dont l’une était dans la salle.

Marc-André Charron s’est notamment plaint d’avoir été confiné dans sa cellule pendant plusieurs fins de semaine pendant un été en raison des moyens de pression des agents correctionnels. « Il y avait un manque de personnel flagrant », a-t-il dit.

Il a aussi raconté avoir été attaqué par un codétenu atteint du VIH. « Il s’est jeté sur moi. Il s’est mordu la lèvre lui-même et m’a craché dessus », a décrit Charron.

Surtout, Marc-André Charron déplore d’avoir été touché par une éclosion de tuberculose à la prison Rivière-des-Prairies, en 2024. Il a pris des médicaments pendant quatre mois, mais n’a pas développé de symptômes de la maladie.

« Donc, votre préjudice, c’est d’avoir pris des médicaments pendant quatre mois ? », lui a lancé le procureur de la Couronne, MNicolas Charron, qui fait équipe avec MAnnabelle Sheppard.

[J’ai vécu] de l’inquiétude pendant la période d’incubation, de ne pas savoir si on a la tuberculose ou pas ».

Marc-André Charron, questionné par le procureur de la Couronne sur le préjudice subi

Les avocats plaideront la peine vendredi devant le juge Éric Poudrier.

Dans le cas du complice Faycal Fadli – toujours en liberté – la Couronne réclame quatre ans de pénitencier, alors que la défense souhaite une peine de deux ans de prison à la maison. N’étant pas citoyen canadien, il risque d’être expulsé du pays s’il écope d’une peine d’incarcération.

Faycal Fadli a récemment été accusé d’avoir agressé sexuellement une femme en 2016 à Montréal. Il n’a pas encore été jugé à cet effet.

Quant à Nadège Rasson Saint-Louis, les observations sur la peine auront lieu en décembre prochain.

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