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Friday, November 6, 2026

Un nouveau rôle pour le pharmacien en maison de repos : devient-il le nouveau bras droit du médecin ?

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Le docteur Lawrence Cuvelier, président du GBO, le Groupement Belge des Omnipraticiens, admet le problème : "Dans les maisons de repos, on voit que les médications s’empilent les unes sur les autres au gré des consultations des spécialistes". Cette revue de la médication, en concertation avec les médecins généralistes, ne lui semble pas en soi une mauvaise idée. "Ça ne peut fonctionner que s’il y a vraiment une consultation et pas simplement un échange d’avis. Si c’est fait en bonne entente, ça ne me pose aucun problème."

Par contre, ce qui le gêne, c’est la façon dont cela a été imposé, sans réelle concertation.

Nous avons aussi demandé l’avis d’un médecin qui fréquente les maisons de repos. C’est le cas du docteur Patrick Leleu qui exerce dans la région montoise. Il estime qu’il a déjà beaucoup de contacts avec les pharmaciens. Mais aussi avec le personnel infirmier : "On vérifie régulièrement les médicaments qu’il serait possible de supprimer chez le patient. La suppression d’un médicament ou le fait d’en rajouter un, ça doit rester l’apanage du médecin traitant".

Il le constate : beaucoup de personnes âgées prennent plus de 5 médicaments. C’est le cas, par exemple, des patients qui ont un problème cardiaque et du cholestérol. Mais il lui arrive aussi régulièrement d’en supprimer : "Je supprime régulièrement des médicaments qui ne sont pas nécessaires. Par exemple, des médicaments pour le cholestérol après 90 ans, ça n’a plus lieu d’être donné sauf chez des gens qui ont de lourdes pathologies".

S’il n’est pas contre cette mesure, ce qui l’ennuie, "c’est qu’aujourd’hui, on a l’impression d’être suivi à la trace, ils savent, par exemple, le nombre d’antibiotiques que vous prescrivez".

Ces dernières années, le pharmacien a reçu de nouveaux rôles. Le plus fréquent et le plus connu, c’est qu’il peut administrer aux patients le vaccin contre la grippe et contre le covid. Et ça marche : pour la saison grippe 25-26, 1.892.609 vaccins remboursés ont été délivrés. Dont 669.378 en pharmacie. Ce qui représente près de 35% de la vaccination.

Pour le GBO, une telle mesure pâtit parfois d’un manque de coordination. "Actuellement, il y a des systèmes informatiques qui devraient nous renseigner sur les vaccins que les gens ont faits. Mais parfois, ce n’est pas le cas. Au lieu de nous faciliter le travail, parfois ça nous le complique", estime le docteur Cuvelier.

Les pharmaciens ont aussi développé des services annexes aux conseils et à la distribution de médicaments. Ils peuvent vous proposer un BUM, soit un accompagnement de Bon Usage des Médicaments. Cela existe, par exemple, pour l’asthme : lors d’un entretien, le patient peut apprendre à bien utiliser son inhalateur, à bien comprendre sa maladie. Cela existe aussi pour le diabète ou encore pour le sevrage aux benzodiazépines, les anxiolytiques.

Autant de mesures qui fonctionnent si la relation médecin-pharmacien est claire et se fait en bonne entente.

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