Référendum en Alberta | Carney lance un dernier appel à l’unité aux Albertains

(Edmonton) Mark Carney est capitaine Canada. Même en Alberta.
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Diane et Gidget Bouchard n’allaient manquer leur premier ministre pour rien au monde.
« J’adore cet homme. C’est la voix de la raison. Sa façon de répliquer [aux séparatistes] tout en restant très professionnel est remarquable. J’admire son intelligence », souffle Diane, assise dans un immense amphithéâtre d’Edmonton où Mark Carney allait prendre la parole vendredi soir dans un ultime rassemblement du mouvement « Canadiens pour toujours ».
Les deux cousines originaires de l’Ontario vivent depuis des années en Alberta. Devoir voter dans un référendum sur l’avenir de leur province d’adoption n’était pas sur leur « carte de bingo », disent-elles en riant. Ce n’est cependant pas un rire enthousiaste. Au contraire. Elles peinent à croire que les Albertains soient plongés dans un référendum pour déterminer de la tenue ou non d’un référendum sur l’indépendance.
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Diane et Gidget Bouchard n’allaient pas manquer le dernier rassemblement pro-Canada à Edmonton, vendredi.
« Nous voulons être du bon côté de l’histoire, affirme Gidget Bouchard. Le Canada doit rester uni, et l’Alberta doit démontrer cet engagement envers la confédération, ainsi qu’envers nous tous, en tant que Canadiens. »
Les voilà, en ce vendredi soir d’octobre, les yeux illuminés devant le politicien le plus populaire en Alberta : un premier ministre libéral venu d’Ottawa. Dans la province la plus conservatrice au pays, là où il a grandi, l’effet Carney est palpable.
« Choisissons de continuer à bâtir ce pays ensemble, un pays assez grand pour accueillir toutes nos différences, et assez fort pour nous unir », a lancé M. Carney dans la capitale albertaine devant quelque 5500 fédéralistes.
Dans un discours qui reprenait de larges pans de celui qu’il a prononcé la veille à Calgary, M. Carney a tenté de donner un souffle supplémentaire aux fédéralistes qui n’ont pas encore voté.
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Dernier rassemblement du mouvement Canadiens pour toujours, à Edmonton
« Le moment est venu de bâtir, et non de détruire. À notre tour de prendre parti pour le Canada », a lancé le premier ministre.
La foule était à ce point bruyante qu’on en ressentait la vibration dans les gradins, enterrant du même coup les protestations d’une poignée de mécontents venus chahuter le premier ministre.
Le taux de participation sera déterminant pour ce référendum. Les sondages ne votent pas, seules les personnes votent.
Le référendum de lundi comprend 10 questions dont l’une vise à déterminer si un référendum sur l’indépendance de la province est nécessaire. Les neuf autres questions touchent des enjeux constitutionnels comme l’avenir du Sénat, la nomination des juges et surtout l’immigration.
La première ministre Danielle Smith se dit en faveur de la cause fédéraliste et dit avoir voté pour rester au sein du Canada, mais elle souhaite avoir un mandat clair des Albertains sur les neuf autres questions.
Or, Mark Carney, qui a fait du « fédéralisme coopératif » sa devise depuis son arrivée au pouvoir, a déclaré être contre les neuf autres questions, au grand dam de Mme Smith avec qui il a fait campagne à Red Deer, vendredi.
Dans une brasserie où Mark Carney a été accueilli par une foule chantant l’hymne national du pays, les deux premiers ministres se sont mutuellement félicités d’être des négociateurs tenaces qui défendent leurs positions tout en souhaitant le meilleur pour le Canada.
Au lendemain des commentaires de M. Carney, Mme Smith a remis à son homologue une brochure explicative des questions tout en le mettant en garde que « tous les premiers ministres provinciaux souhaitent discuter de l’immigration et de la manière dont nous pourrions la réformer ».
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Mark Carney et Danielle Smith
Si l’option fédéraliste semble jouir d’un fort appui dans la province, difficile de prédire si Mme Smith aura le mandat qu’elle revendique aux Albertains pour les neuf autres questions.
Selon la firme de sondage Pollara, M. Poilievre et Mme Smith sont les figures politiques qui inspirent le plus confiance chez les indépendantistes et les indécis.
Vendredi, le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a lui aussi fait un discours à saveur d’unité nationale devant des militants conservateurs à Calgary.
« À ceux qui envisagent d’exprimer leur frustration à l’égard du gouvernement actuel en votant pour la séparation lors du référendum, je dis ceci : le Canada est bien plus qu’un gouvernement. C’est un peuple, un drapeau, un territoire, une histoire et une promesse », a-t-il dit devant un public plus réservé.
Ces discours de figures fédéralistes survenaient alors que le vote par anticipation est en cours jusqu’à samedi.
D’ailleurs, le grand rassemblement de « Canadiens pour toujours » avait lieu dans un grand centre des congrès d’Edmonton où Élections Alberta a aménagé un bureau de scrutin. Il est interdit de faire campagne près des bureaux de vote, si bien que l’organisme indépendant a dû prendre des mesures pour atténuer les risques d’influence auprès des électeurs.
À l’instar des cousines Bouchard, des milliers de personnes ont fait la file vendredi après-midi, souvent le drapeau du Canada à la main dans l’enceinte de l’immense centre. Difficile, en effet, d’ignorer leur présence.
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