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Sunday, October 11, 2026

Louis Michel (MR) : "Je crois profondément dans le bien que représente le fait de remettre en permanence en cause ce que les politiques disent"

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La discussion débute autour de la neutralité des journalistes. Et à ce sujet, Louis Michel est clair : "La neutralité, ça n’existe pas". Toute personne qui écrit est influencée par ses émotions, son éducation, ses opinions, sa sensibilité personnelle. D’ailleurs pour lui, si la presse était neutre, cela ouvrirait un champ libre pour le politique : "Imaginons un miracle, les journalistes sont tous parfaitement neutres. Mais alors, ça voudrait dire que le politique aurait la voie libre à tout ce qu’il veut faire. Si tous ceux qui détiennent un pouvoir, à un moment donné, ne craignent pas, d’une certaine manière, qu’on dévoile des faits, ou même que l’on exprime une opinion morale sur un comportement, vous êtes en plein dans une société fasciste. Je pense que c’est peut-être ça le rôle principal d’un journaliste, c’est de garantir une sorte de pression permanente pour amener les décideurs à un minimum de vertu".

Le marqueur vraiment important, souligne Louis Michel, c’est donc plutôt "la justesse des faits". "Évidemment, si vous taisez certains faits, c’est inobjectif, c’est malhonnête."

Les journalistes sont souvent accusés d'être ancrés à gauche politiquement. Louis Michel y voit une part d'explication : "Je pense que les personnes qui veulent faire des études de journalisme, ce sont des personnes qui ont une ouverture sur l’humain qui est sans doute plus grande, bien entendu, que dans d’autres métiers. Et donc, il y a là une confusion qui se fait. C’est normal qu’un journaliste soit beaucoup plus sensible émotionnellement aux choses de la vie, aux choses humaines, etc. Mais ça donne un peu une connotation que la plupart des journalistes sont de gauche. […] Moi, je ne reproche pas ça, parce que je crois profondément dans le bien que représente le fait de remettre en permanence en cause ce que les politiques disent. Moi, je prétends que si on devait y porter atteinte […] on ne serait plus en démocratie".

L’ancien président du MR rappelle la fonction de quatrième pouvoir de la presse, mais aussi de prolongement de la voix de l’opinion publique, hors périodes électorales.

"Je pense que les médias, c’est aussi l’exercice de la démocratie en dehors des élections. Ça empêche en fait le pouvoir politique d’user d’une légalité… qui n’est pas vraiment de la légitimité. Et dans le fond, les médias comblent ce gap entre légalité et légitimité. Ce n’est pas parce qu’on est légalement élu qu’on a la légitimité. C’est une démonstration quotidienne, c’est rendre compte quotidiennement. […] La démocratie, ça ne peut pas fonctionner uniquement au moment des élections. Les choix qui s’offrent aux électeurs, ça doit être alimenté en permanence. Et c’est là où la presse joue, pour moi, c’est le pouvoir le plus important des quatre. Évidemment, sans les autres, il n’y a pas de démocratie. Mais le rôle de la presse, pour moi, est vraiment fondamental dans l’exercice de la démocratie et dans la survie de la démocratie. Et pour le moment, d’ailleurs, je suis très inquiet pour nos démocraties".

► Comprenez mieux les relations entre médias et monde politique en écoutant l’entièreté du podcast des Clés ci-dessus ou sur Auvio.

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