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Tuesday, November 3, 2026

Élections de mi-mandat aux États-Unis : Donald Trump à l’aube d’une défaite face aux démocrates ?

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Les deux chambres ont aussi des fonctions spécifiques. "Le Sénat a pour but de représenter l’intérêt de tous les États", nous explique Simon Desplanque, chercheur associé et professeur invité à sur les relations internationales à l’UCLouvain. "Que vous soyez un État très peu peuplé ou un État largement peuplé, vous avez toujours deux représentants. Le but est de faire en sorte que, lorsque les lois fédérales sont votées, l’intérêt de tous les États fédérés soit pris en compte."

Ce mardi, sur les 100 sièges du Sénat, 35 sont remis en jeu. Actuellement, le Parti républicain y compte une majorité de 53 députés.

À la Chambre des représentants, l’ensemble des 435 sièges seront renouvelés. L’élection se joue à la proportionnelle. Plus un Etat fédéré est peuplé, plus il compte d’élus. "Le but, ici, c’est de représenter l’intérêt de l’ensemble du territoire américain", ajoute Simon Desplanque.

À la Chambre basse, les Républicains sont majoritaires avec 219 élus. Sera-ce toujours le cas à l’issue des élections ? Les résultats sont attendus à partir de demain matin.

Les sondages sont favorables au Parti démocrate. Mais Simon Desplanque reste prudent face aux prédictions d’une vague bleue déferlant au Congrès.

"Il faut se méfier des sondages à l’échelle nationale aux Etats-Unis", souligne ce spécialiste des relations internationales, co-animateur du podcast "20 minutes pour comprendre". L'expert pointe certaines spécificités du processus électoral américain qui peuvent avoir un impact sur des résultats locaux, comme le gerrymandering, autrement dit le redécoupage des circonscriptions à des fins partisanes.

"Par exemple, il est tout à fait possible d’avoir des bastions démocrates découpés de telle sorte que la majorité soit tempérée voire complètement annulée sur un territoire donné. Une limite totalement artificielle peut être tracée au sein d’une ville, entre différents arrondissements, pour réduire l’influence démocrate dans les villes qui, en général, votent majoritairement démocrate."

Ce gerrymandering, aussi appelé charcutage électoral, est employé par les deux camps. Il pourrait légèrement favoriser le parti républicain sans pour autant lui permettre de garder le contrôle de la Chambre des représentants, avec une courte majorité de 219 élus contre 2014 pour les démocrates.

Selon le dernier sondage de l’organisation non partisane Cook Political Report, le Parti démocrate devrait décrocher la majorité à la Chambre, en prenant au moins 222 des 435 sièges.

"Les élections s’annoncent perdues pour les républicains, nous déclare Romuald Sciora. La vraie question est de savoir si ce sera une bérézina côté républicain ou une défaite plus modeste qui leur permettra de contester le résultat. "

En cas de défaite républicaine, Donald Trump va-t-il qui lui serait défavorable ? Le directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’IRIS répond en deux temps.

D’abord, rappelle-t-il, le président américain a tenté de manipuler les midterms à travers une série d’initiatives comme le redécoupage électoral ou à travers le renforcement de la vérification de la citoyenneté des électeurs pour rayer des listes électorales de possibles "non-citoyens".

"Cette histoire de prouver sa nationalité peut sembler étonnante en France ou en Belgique, mais aux Etats-Unis, nous n’avons pas de papiers qui prouvent notre nationalité. La carte d’identité, le plus souvent, c’est un permis de conduire. Les seuls documents qui prouvent notre nationalité étant notre passeport et certificat de naissance. Or 90% des Américains n’ont pas de passeport et le certificat de naissance, ce n’est pas toujours facile de remettre la main le jour de l’élection."

Par ailleurs, Romuald Sciora estime que Donald Trump a déjà préparé les esprits concernant un refus de respecter les résultats de ce mardi voire une annulation des élections.

"La contestation a débuté le 3 juillet dernier devant le Mont Rushmore à la veille du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Ce jour-là, Donald Trump a fait un discours où il explique que le danger communiste menace le pays de l’intérieur, que la gauche radicale risque de subvertir la République américaine. Quelques jours après, il a fait un appel à la nation pour nous expliquer que les méchants chinois truquaient, volaient nos élections depuis des années. Tout cela a pour objectif de faire perdre toute légitimité aux résultats des urnes ce 3 novembre."

Et si la contestation ne prend le tour violent de 2020, avec l’assaut du Capitole, le spécialiste de la politique américaine s’attend à des tensions entre les pouvoirs exécutif et législatif comme rarement vues aux Etats-Unis.

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