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Saturday, November 7, 2026

Rencontre entre St-Pierre Plamondon et Carney | Le Nouveau-Brunswick veut aussi sa place

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(Ottawa) La table où se tiendra la première rencontre entre Paul St-Pierre Plamondon et Mark Carney au Cambodge peut-elle accueillir une chaise supplémentaire ? Si tel est le cas, la première ministre du Nouveau-Brunswick souhaite l’occuper.

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« Le Cambodge, c’est un territoire neutre. On n’est pas à Ottawa, on n’est pas à Québec, on n’est pas au Nouveau-Brunswick, on est dans une place où nous sommes égaux », a affirmé Susan Holt en entrevue avec La Presse.

Mme Holt et son équipe tentaient encore vendredi d’organiser une rencontre trilatérale avec ses homologues. Ni Ottawa ni Québec n’avait de commentaire à offrir.

« Les rencontres bilatérales du premier ministre lors des sommets seront confirmées en temps et lieu », a déclaré une source au bureau de Mark Carney.

Cette volonté de la première ministre survient alors que Québec et Ottawa ont très publiquement tenté de trouver un moment et un endroit pour tenir une première rencontre entre les deux premiers ministres.

M. Carney avait tendu une branche d’olivier à M. St-Pierre Plamondon1 dans une entrevue accordée à La Presse après le sommet Canada-Union européenne où le premier ministre québécois avait brillé par son absence.

Le chef du Parti québécois avait ensuite décliné une rencontre dans la région d’Ottawa-Gatineau ou encore à Montréal avant la tenue du Sommet de la Francophonie du 14 au 16 novembre à Phnom Penh au Cambodge. Il réclamait plutôt une rencontre à Québec.

Les deux hommes ont finalement conclu qu’une rencontre aurait lieu en marge du sommet et qu’une autre se déroulerait à Québec en décembre. M. St-Pierre Plamondon s’est par ailleurs rendu à Toronto, vendredi, pour rencontrer le premier ministre Doug Ford.

« Une opportunité »

À l’instar du Québec et du Canada, le Nouveau-Brunswick est membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie et sa première ministre juge qu’une rencontre entre les trois dirigeants est nécessaire avec l’arrivée d’un premier ministre qui souhaite faire de sa province voisine un pays.

« Ça crée une situation pour des discussions plus ouvertes, plus constructives, avec moins de pression et je pense que ça peut être une opportunité pour un bon commencement de relations importantes », a dit Mme Holt.

Au fil de l’entrevue, Mme Holt semblait vouloir percer l’énigme St-Pierre Plamondon sur la question de la « séparation » du Québec, disant vouloir « mieux comprendre ses motivations, ses objectifs et comment il travaille ».

« M. Carney et moi, on est dans le même bateau : la division du pays est quelque chose qui nous inquiète. Particulièrement pour le Nouveau-Brunswick, c’est le Québec qui nous rattache au Canada, on ne peut pas le dire différemment », a-t-elle souligné.

« Je vais être honnête, oui, j’ai des inquiétudes [sur la question de l’indépendance], a-t-elle poursuivi. J’étais heureuse de voir que M. Plamondon a décidé que ce n’était pas le temps pour la question de se séparer. Je pense que c’est clair pour le Canada que c’est un moment important d’être uni comme pays. »

Mme Holt explique avoir des préoccupations par rapport à l’avenir des relations économiques avec le Québec, notamment des projets portuaires dans le nord du Nouveau-Brunswick qui impliquent l’entreprise QSL.

Passer à la prochaine étape

Elle affirme avoir déjà eu une première conversation téléphonique avec M. St-Pierre Plamondon après son élection. Elle souhaite désormais passer à une autre étape.

Elle veut connaître les plans de M. St-Pierre Plamondon en matière de relations canadiennes et sur la question de l’indépendance dans les années à venir.

Pour nous autres, c’est vraiment clair : c’est le moment pour le Canada de rester uni et de saisir l’opportunité qui se présente dans le commerce mondial et autour du monde et avec la francophonie.

Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick

En entrevue, elle affirme que sa province a un objectif économique en se rendant au Cambodge pour ce sommet, disant vouloir renforcer les liens avec des marchés d’importance pour les industries forestière, minière, énergétique, agricole et des produits de la mer.

Susan Holt confie vouloir entreprendre des discussions pour conclure des accords commerciaux avec d’autres pays, dont des pays asiatiques.

« Nous avons une stratégie de diversification des marchés qu’on n’a pas lancée encore, ça va venir dans quelques semaines, où on va dévoiler nos marchés prioritaires. Il y en a plusieurs qui se trouvent dans la francophonie », dit-elle.

« L’opportunité avec le Sommet de la Francophonie, c’est d’augmenter nos relations dans les places où les liens sont moins forts », ajoute Mme Holt.

Et peut-être, aussi, une occasion d’améliorer les relations avec le Québec et Ottawa.

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