L’extraordinaire aventure d’un chercheur pour sauver les données climatiques du Congo

Grâce à cette analyse, les auteurs ont pu pour la première fois documenter l’évolution des températures dans le bassin du Congo depuis les années 1960 et attester d’un réchauffement au long cours, qui se poursuit dans les années 2000. En moyenne, le nombre de journées chaudes par an a presque doublé entre les années 60 et les années 80. En revanche, le nombre de journées froides a diminué.
À chaque décennie, la région a gagné quelques dixièmes de degré entre 1961 et 1990, tant pour les températures maximales (+ 0,7 °C en 30 ans), que pour les minimales (+ 0,3 °C) et les moyennes quotidiennes (+ 0,5 °C).
La tache aveugle devient rouge
Wim Thiery est professeur en sciences climatiques à la VUB et coauteur de l’étude : "La conclusion est que le réchauffement climatique très clairement présent dans le bassin du Congo, déjà dans les années 60, 70, 80. On voit déjà un doublage des jours chauds dans cette période-là. C’est déjà très tôt et ça montre très clairement qu’il y a déjà une empreinte du changement climatique dans les observations météorologiques dans les années 1960-1980. On a bouché le trou, la tache aveugle devient rouge, on voit que le changement climatique est présent dans le bassin du Congo déjà dans cette période-là."
Quant à la pluie, les données du passé de trois stations météo congolaises montrent que le nombre d’épisodes de fortes précipitations a doublé dans les années 80 par rapport aux années 60 dans deux de ces stations. En RDC aussi, les phénomènes météo extrêmes sont plus fréquents et plus intenses. Ce n’est pas une surprise que l’Afrique n’échappe pas aux tendances mondiales, à la hausse des températures provoquée par nos émissions de combustibles fossiles. Là où c’est remarquable, c’est d’avoir pu le documenter et combler un vide manifeste.
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