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Tuesday, September 15, 2026

À la Une: le pétrole, une ressource de plus en plus rare

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Fini le temps où l’or noir coulait à flots et alimentait sans retenue l’économie mondiale. Depuis le début de la guerre en Iran, les robinets de pétrole se sont peu à peu fermés. Et depuis ces derniers jours, les événements s’accélèrent.

C’est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, a suspendu vendredi le fonctionnement de son oléoduc Est-Ouest, attaqué la veille par des drones provenant d’Irak. La principale infrastructure permettant au royaume d’exporter son or noir malgré la guerre au Moyen-Orient qui bloque le détroit d’Ormuz se trouve donc hors service.

« De leur côté, poursuit Le Monde, les rebelles houthistes pro-iraniens du Yémen ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage obligé pour les navires pétroliers sur la route la plus courte reliant l’Asie à l’Europe. Résultat : une hausse immédiate des cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a frôlé 110 dollars hier en séance, un niveau bien supérieur à ceux atteints au début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Le pétrole coûte 45 % de plus qu’en janvier, constate encore Le Monde, sans perspective de repli fort et rapide, malgré les propos rassurants de Donald Trump. »

Déstabilisation et mouvements de grogne

« Lentement mais sûrement, la guerre lancée inconsidérément par Donald Trump et Benyamin Netanyahu en Iran est en train de déstabiliser, non seulement la région, mais aussi les États-Unis et l’Europe, commente Libération. (…) Les approvisionnements en pétrole sont de plus en plus difficiles et le cours du baril, qui faisait jusqu’à présent du yo-yo, se remet à flamber. Et l’on ne voit pas bien ce qui pourrait freiner cette hausse. »

Conséquence, relève encore Libération, « aux États-Unis, l’électorat trumpiste commence à s’impatienter devant un prix moyen du diesel qui grimpe, pour la première fois de son histoire, au-delà des 6 dollars le gallon. Et ce, alors que le vote anticipé pour les midterms sera lancé dès la semaine prochaine dans certains États. Donald Trump sait qu’il est menacé d’une déroute dans les urnes (…). Il n’est pas le seul dirigeant occidental visé par la grogne populaire. En France, les prix du carburant mettent en difficulté de nombreux secteurs et des appels à la mobilisation contre la vie chère dans plusieurs villes de France commencent à fleurir sur les réseaux sociaux. Certains appellent même à un retour des gilets jaunes en octobre. »

Lutter contre les « malveillants » ?

Alors que faire ? Comment rouvrir le robinet du pétrole ? Déjà, préconise le Times à Londres, « l’Occident devrait aider l’Arabie saoudite à combattre les Houthis. Les rebelles sont instrumentalisés par un Iran malveillant qui prend en otage le royaume désertique et contribue à saboter l’économie mondiale. Il est temps que la communauté internationale réagisse », estime le quotidien britannique qui précise : « L'Occident doit renforcer les défenses anti-drones et anti-missiles de l’Arabie saoudite. Il est impératif d'intensifier le partage de renseignements sur les sites de missiles et de drones houthis et de contribuer à enrayer le trafic de composants de missiles entre l’Iran et le Yémen. »

Et il n’y a pas que l’Occident, s’exclame encore le Times : « la Chine et les autres consommateurs de pétrole du Moyen-Orient doivent s’impliquer dans la stabilisation du Yémen et la neutralisation de la menace que représentent les Houthis pour les voies maritimes. »

« Consommer moins » ?

En attendant, préconise le Süddeutsche Zeitung à Munich, « il n’y a qu’une seule solution à la pénurie mondiale de pétrole : consommer moins. C’est le message que nous transmettent les prix élevés. Les baisser artificiellement reviendrait à instaurer une normalité qui n’existe pas actuellement sur ce marché et qui ne reviendra peut-être pas de sitôt. Cela ne signifie pas pour autant (en Allemagne) que le gouvernement fédéral est impuissant : il peut développer les programmes d’incitation à l’achat de véhicules électriques – notamment pour les ménages à faibles revenus – et accélérer la construction des infrastructures de recharge. Mais s’il tente d’influer sur les prix à la pompe, cela ne peut que mal se terminer. »

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