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Saturday, September 12, 2026

« Le système climatique n’attend pas que nous débattions » : la découverte d’un « multiplicateur caché » inquiète les chercheurs

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Déforestation massive et surtout émissions de gaz à effet de serre. Le réchauffement climatique actuel est principalement dû aux activités humaines. Selon le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), c'est « sans équivoque ».

Le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) conclut qu'au cours des années à venir, notre planète devrait dépasser le seuil des 1,5 °C de réchauffement, nous exposant à des risques et impacts climatiques de plus en plus dangereux.

De nouveaux scénarios climatiques viennent d'être dévoilés pour la période de 2050 à 2100. © FutureLogic Studio, Adobe Stock

Vers quel futur climatique nous dirigeons-nous ? De nouveaux scénarios dévoilés

Les connaissances sur l’évolution du climat évoluent et les scientifiques du Giec ont mis à jour les différents scénarios du réchauffement climatique. Vers quel futur climatique nous dirigeons-nous ?... Lire la suite

D'autant que des climatologues de premier plan ajoutent aujourd'hui à l'inquiétude ambiante. Jusqu'ici, les projections comme les politiques climatiques ont oublié un paramètre : les émissions induites par le réchauffement. Or, selon une étude publiée dans les Environmental Research Letters, le phénomène pourrait amplifier le réchauffement de 20 à 30 % au cours de ce siècle !

En d'autres mots, à émissions anthropiques égales, nous pourrions avoir à affronter des températures de 0,2 à 0,4 °C supplémentaire avant 2100. Et lorsque l'on sait que chaque dixième de degré compte...

Global warming is set to cross 1.5°C, pushing climate risks and impacts to increasingly dangerous heights, a new UNEP report warns.

Predicted impacts include extreme weather and threats to human health and economies.

Action now can still limit the magnitude and duration of… pic.twitter.com/YGrAUaoEuT

— UN Environment Programme (@UNEP) September 2, 2026

Ces émissions que les modèles climatiques oublient (et qui changent tout)

Mais à quoi correspondent donc ces émissions induites par le réchauffement ?

Les scientifiques en parlent depuis longtemps. La hausse des températures pourrait entraîner une augmentation des émissions d'origine naturelle. Nous en avons vécu quelques exemples dramatiques cet été.

Nos forêts ont toujours brûlé. Mais avec le réchauffement climatique, les incendies s'aggravent. 1,7 °C en plus et leur nombre pourraient augmenter de 60 % d'ici 2050 -- par rapport à la moyenne de 2001 à 2020.

Avec le réchauffement climatique, les feux de forêt vont changer d’échelle en Europe. Avons-nous encore les moyens d’en limiter l’ampleur ? © Michal, Adobe Stock

« 39 % de surface brûlée en plus chaque année » : les modèles révèlent ce qui attend l’Europe même sous les +2 °C !

Jusqu’où les incendies peuvent-ils aller ? Les scientifiques commencent à entrevoir une réponse vertigineuse : dans une Europe plus chaude, certaines régions pourraient connaître des feux d’une ampleur encore inimaginable.... Lire la suite

Depuis début 2026, les feux de forêt survenus en France ont ravagé 96 300 hectares. Ils ont relâché au moins l'équivalent d'environ 4,1 millions de tonnes de CO2 -- plus que le record de 3,1 millions de tonnes de 2022. Et une étude récente suggère que le chiffre réel pourrait être deux fois plus élevé.

Le dégel du pergélisol qui provoque la décomposition de matières organiques anciennes gelées ou encore le réchauffement des zones humides et des lacs qui libèrent davantage de méthane sont d'autres exemples d'émissions induites par le réchauffement.

Et les climatologues proposent aujourd'hui enfin une quantification de l'impact combiné de ces émissions. Selon leurs résultats, même une fois atteint l'objectif de zéro émission nette d'origine humaine, elles pourraient encore ajouter environ 0,2 °C au réchauffement d'ici 2100 dans le cadre d'un scénario d'action climatique ambitieux. Dans un scénario caractérisé par des émissions plus élevées, elles pourraient ajouter environ 0,4 °C.

Les chercheurs montrent que le dégel du pergélisol est responsable de la moitié des émissions induites par le réchauffement prévues. Ces émissions sont déjà en cours et leur ampleur augmente avec chaque fraction de degré supplémentaire. © etfoto, Adobe Stock

La bonne nouvelle : on peut encore limiter les dégâts climatiques

« Ce qui nous a surpris, c'est l'ampleur de la rétroaction : nous avons découvert que les systèmes naturels pouvaient amplifier le réchauffement climatique de 20 à 30 %. Ce multiplicateur caché est absent des modèles qui orientent les politiques climatiques ; par conséquent, ces modèles sous-estiment probablement le réchauffement à venir -- et surestiment la quantité de carbone que nous pouvons encore nous permettre d'émettre », estime Sam Abernethy, chercheur chez Spark Climate Solutions et auteur principal de l'étude.

« Ces recherches démontrent clairement que le système climatique et terrestre n'attend pas que nous débattions des politiques à adopter. Les émissions provenant du pergélisol, des zones humides et des incendies de forêt pourraient réduire considérablement le temps dont nous disposons avant d'atteindre les seuils de réchauffement. Cela signifie qu'une réduction rapide des émissions liées aux combustibles fossiles est encore plus urgente que ne le suggèrent les projections actuelles », renchérit Brian Buma, climatologue chez Environmental Defense.

Derrière les records de l’été 2026 se cache une question vertigineuse : à quoi ressembleront nos étés dans 25, 50 ou 75 ans ? De nouveaux scénarios climatiques redessinent la carte des avenirs possibles. Pour le meilleur… ou pour le pire ? Illustration créée à l'aide d'un outil IA. © Xavier Demeersman, Futura

« Le pire scénario recule » : cette bonne nouvelle climatique cache une réalité beaucoup moins rassurante

L’été 2026 vient d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire climatique de la France. Mais ce record n’est que le début de l’histoire : les tout derniers scénarios climatiques mondiaux dessinent déjà nos étés de 2050 et 2100.... Lire la suite

La bonne nouvelle, c'est que nous avons les cartes en main. L'ampleur du réchauffement provenant de ces systèmes naturels est directement liée à celle du réchauffement causé par les émissions directes d'origine humaine. Autrement dit, si les émissions directes diminuent, ces émissions induites par le réchauffement diminueront également. En réduisant maintenant nos émissions de gaz à effet de serre, nous serons gagnants sur toute la ligne !

Chacun a donc son mot à dire, dans son quotidien comme dans ses choix collectifs et politiques. Voter, soutenir des mesures climatiques ambitieuses, interpeller ses élus, etc. Ce sont autant de leviers pour limiter ce réchauffement « en plus » que la science commence à peine à intégrer.

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