« Une chute du gouvernement serait catastrophique » : Maxime Prévot appelle à « éviter la kermesse aux petites phrases et aux slogans »


Faut-il réellement continuer à consacrer davantage de milliards à la Défense ?
On ne vit pas une période particulièrement rassurante. Il faut être lucide sur la marche du monde. On peut rêver le monde tel qu’on le souhaiterait, mais mon devoir est de le regarder tel qu’il est et d’agir en conséquence pour défendre les intérêts de la Belgique, de nos concitoyens et de notre économie.
Toutes les générations d’Europe occidentale n’ont connu que la paix, en oubliant que ces 80 années de paix sont, dans une perspective historique, une exception en Europe. Ce n’est pas la règle. Quand j’entends des citoyens nous fustiger parce qu’on remet des milliards dans la Défense, est-ce qu’ils croient qu’on s’est réveillés un matin en jouant aux fléchettes pour savoir quel budget augmenter ? Si tous les pays d’Europe et même du monde se réarment, ce n’est pas parce qu’ils sont tous gérés par des cons. C’est parce qu’il existe aujourd’hui un principe de réalité : un désengagement progressif du soutien américain. Les questions que nous nous posons tous les trois mois sur le fait de savoir si les États-Unis vont rester ou non dans l’OTAN, nous n’imaginions même pas devoir nous les poser il y a deux ans.
Vous considérez donc qu’une menace militaire existe réellement ?
Les Russes font des incursions de drones dans toute une série de pays européens. Nous avons des cyberattaques à foison. La guerre avec des soldats dans des chars est certainement révolue, mais la guerre informationnelle qui impacte les démocraties et les algorithmes qui soutiennent les projets de dislocation européens sont des réalités à prendre en considération. Il ne faut pas être naïf. Nous avons aussi des enjeux balistiques majeurs. Aujourd’hui, en Belgique, nous ne sommes pas capables d’avoir une contre-mesure de protection aérienne. On peut envoyer nos F-16, mais le temps qu’ils décollent et arrivent, le missile a déjà atteint sa cible. Moi, j’ai des services de renseignement de pays européens qui disent : « Attention ! » Les signaux clignotent. Est-ce qu’on a des certitudes sur un conflit futur ? Non. Est-ce qu’il y a une probabilité ? Oui. Et on ne peut pas la négliger.
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