ESPN DeportesBlog fichajes: ¿Viktor Gyökeres dejará al Arsenal en enero?Daily MaverickTrump says Ukraine has to want to settle warESPNFollow live: Big second quarter propels Celtics into the lead in season opener against PistonsThe Jerusalem PostYair Golan vows to replace Netanyahu, backs coalition with Arab party Ra'am - interviewInquirerNBI witness: ‘Kickbacks’ to lawmakers standard in gov’t projectsZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-NachrichtenstudioRolling StoneHow to Watch NBA Games Online During the 2026-27 SeasonSRF NewsUnruhen in Frankreich – Örtliche Ausgangssperren verlängert ++ Festnahme in LimogesRFI 中文万斯称乌克兰是美国“伙伴”但利益有分歧الشرقكندا وتركيا تستعدان لتوقيع تعهد لتعزيز علاقات الدفاع والطاقةDeadlineEmily Wickersham Joins ‘NCIS: Origins’ Season 3 In Return To Her Original RoleBBC NewsKing praises Strait of Hormuz peace efforts at glittering banquet
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 20, 2026

2 films, 1 État : pourquoi "Autant en emporte le vent" reste l’un des plus grands mensonges du cinéma américain ?

Translate

Aujourd’hui, en Géorgie, on s’intéresse à l’un des plus grands mensonges du cinéma américain : Autant en emporte le vent.

Notre trajet du jour : de Macon en Géorgie vers Nashville, Tennessee. 500 kilomètres de traversée du "Peach State". La Géorgie, ancien bastion du vieux Sud conservateur, est devenue un swing state avec l’essor démographique du monstre Atlanta. Six millions et demi d’habitants si l’on inclut sa grande banlieue, pour 46% de Noirs et 39% de Blancs. Joe Biden l’a remportée de justesse en 2020 avant que Donald Trump ne la récupère en 2024.

Une transformation spectaculaire pour un État qui porte en lui l’histoire tragique du Sud. La Géorgie fut en effet l’un des grands territoires de la plantation de coton, une économie construite sur le travail de millions d’Africains réduits en esclavage. En 1860, les esclaves représentaient d’ailleurs 44% de la population.

D’Hawkins aux studios : la Géorgie, nouvel eldorado des tournages

Aujourd’hui, la Géorgie attire aussi les tournages de films et de séries, comme The Walking Dead ou Stranger Things. Nous nous sommes d’ailleurs arrêtés sur la petite place de Jackson, minuscule ville dans laquelle a été tournée la série à succès. Hawkins, en réalité, c’est ici. Sur la place, au numéro 4, le magasin où travaille Winona Ryder. Juste à côté, les locaux de RadioShack. Et au milieu de la place, la bibliothèque municipale.

Mais pour comprendre la Géorgie, son histoire et son présent, il y a un film incontournable : Autant en emporte le vent, réalisé par Victor Fleming en 1939. Vivien Leigh en Scarlett O’Hara, Clark Gable en Rhett Butler et Hattie McDaniel en Mammy. Première actrice noire récompensée d’un Oscar, elle ne put pourtant pas assister à la première à Atlanta : le cinéma était soumis à la ségrégation.

La "Cause perdue" : quand Hollywood réécrit l’histoire

C’est l’une des œuvres de propagande les plus efficaces jamais produites. Et l’un des plus grands mensonges de l’histoire du cinéma.

Pour le comprendre, il faut faire un peu d’histoire et rappeler le concept de Lost Cause, la "Cause perdue". Après 1865, année de la défaite du Sud dans la guerre de Sécession, les États sudistes doivent affronter une réalité : ils ont mené une guerre pour préserver l’esclavage et ils ont perdu.

Ils inventent alors un autre récit. La guerre n’aurait pas défendu l’esclavage, mais les droits des États, l’honneur du Sud et une civilisation raffinée faite de plantations, de bals et de robes à crinoline. Un monde harmonieux détruit par la brutalité du Nord industriel.

Diffusé par les monuments, les manuels scolaires et les romans, ce récit dominera pendant un siècle la culture blanche américaine. Et Autant en emporte le vent en est l’expression la plus puissante. Tara, la plantation, est dépeinte comme un endroit où les esclaves peuvent être heureux et où Mammy est entièrement dévouée aux O’Hara. La guerre est quant à elle montrée comme une tragédie parce qu’elle a détruit ce monde supposément idéal.

Réécrire l’histoire ou l’affronter : un débat toujours brûlant

Autant en emporte le vent montre donc comment l’Amérique s’arrange avec son passé. Comment elle le faisait en 1939 et comment elle le fait encore.

En 2022, la Géorgie a en effet adopté une loi sur les "concepts divisifs". Elle n’interdit pas d’enseigner l’esclavage ou la ségrégation, mais prohibe la promotion de certaines affirmations liées à la race. Ses formulations sont suffisamment vagues pour inquiéter les enseignants. Certains évitent donc, presque par autocensure, les sujets sensibles par peur d’une plainte ou d’une sanction.

Réécrire l’histoire ou ne plus en parler : c’est l’un des grands débats qui agitent aujourd’hui la Géorgie et l’Amérique. Autant en emporte le vent est à revoir, mais avec les yeux du 21e siècle.

Atlanta, le contre-champ contemporain

Notre deuxième choix est une série : Atlanta, créée par Donald Glover, alias Childish Gambino. Quatre saisons, trente-deux épisodes. Donald Glover incarne Earn, qui tente de devenir le manager de son cousin Paper Boi, rappeur en pleine ascension.

La série raconte une Atlanta noire, créative, prospère, mais profondément inégalitaire. Une importante bourgeoisie noire y côtoie des quartiers pauvres, noirs eux aussi. Une ville devenue capitale culturelle de l’Amérique noire contemporaine, qui vote démocrate dans un État dont les campagnes sont encore largement républicaines. Une ville qui est peut-être en train de transformer la Géorgie.

Ce soir, nous arriverons à Nashville, la Mecque de la musique country américaine, mais aussi le sujet du sublime film de Robert Altman. Ce sera la suite de notre histoire.

View the original on RTBF Info →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.