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Wednesday, September 23, 2026

France: au procès Aramburu, 27 ans de prison requis contre Loïk Le Priol, 20 ans contre Romain Bouvier

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Au procès de l’assassinat en 2022 de l’ex-rugbyman argentin Federico Aramburu, l’heure était au réquisitoire ce mercredi 23 septembre. L’avocat général a requis 27 ans de prison contre Loïk Le Priol, poursuivi pour assassinat et auteur des tirs mortels, et 20 ans contre Romain Bouvier, poursuivi pour tentative d’assassinat après avoir tiré le premier sur le rugbyman, le blessant à deux reprises.

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Pour établir la préméditation et l’intention de tuer, nécessaires à la qualification d’assassinat ou de tentative d’assassinat, le magistrat a consacré plus de quatre heures à examiner le déroulement des faits. Après la bagarre près du bar, les deux accusés « veulent un deuxième round », souligne-t-il. Il évoque leur état de fureur, les menaces de mort proférées et leurs échanges avant de partir à la recherche des rugbymen. « Oui, c’est une chasse à l’homme ! », s’exclame-t-il.

L’avocat général rappelle surtout que les deux hommes sont partis armés et ont vidé leurs chargeurs sur un homme désarmé. Tous deux assurent qu’ils ne voulaient pas tuer, mais « ils ne se soucient pas de leur victime, ils fuient », relève Philippe Courroye. « Leur comportement ne montre aucun remords mais signe au contraire la volonté de disparaître et faire disparaître les preuves », poursuit-il.

La « dangerosité des accusés » mise en avant

Pour justifier les peines requises, le magistrat invoque la « gravité des faits » et la « dangerosité des accusés ». Il revient sur leurs liens avec l’ultradroite, qu’il présente comme un terreau de fascination pour la violence et les armes, ainsi que sur le « compagnonnage de prétoire » des deux hommes, déjà condamnés ensemble pour violences. Il relève également leurs violations récurrentes de précédentes injonctions judiciaires et leur absence de remise en question.

Concernant Loïk Le Priol, l’avocat général met particulièrement en avant les troubles psychopathiques relevés par plusieurs experts, notamment un sentiment de toute-puissance, un manque d’empathie et une posture victimaire. Des traits qui le rendent « inamendable », selon ces experts. Philippe Courroye achève son réquisitoire en demandant justice pour Federico Aramburu, cet homme solaire victime d’« une mort absurde, au sens d’Albert Camus » : « une mort pour un rien ».

« Cette violence qui a fait irruption dans leur monde ne conditionne pas leur existence »

Un peu plus tôt dans la journée, cinq avocats des parties civiles s’étaient succédé à la barre pour porter la parole des proches de Federico Aramburu et de son ami Shaun Hegarty, qui a partagé ses derniers instants et qui est également victime dans ce dossier.

Les plaidoiries ont évoqué « l’impensable, l’indicible pour une mère de perdre son enfant », la dévastation des frères et de la sœur du rugbyman, ainsi que la vie « à jamais bouleversée » de ses trois enfants. Leur mère se bat pour que « cette violence qui a fait irruption dans leur monde ne conditionne pas leur existence ».

Les parties civiles dénoncent un « renversement de culpabilité »

Les avocats ont aussi longuement insisté sur le « choc » ressenti par les parties civiles face à la défense des accusés. Me Félix Pelloux dénonce « l’infinie violence d’un renversement de culpabilité qui fait peser sur Federico Aramburu la responsabilité de sa propre mort ». Un discours qui « donne à sa mère l’envie de leur crier "vous avez cherché mon fils, vous l’avez suivi et tué à bout portant, dont trois balles dans le dos" », rapporte Me Sophie Thonon-Wesfreid.

Les deux principaux accusés ont exprimé leurs regrets, mais ont également expliqué n’avoir « pas eu d’autre choix » que de tirer, invoquant la peur pour leur vie, la panique, l’alcool et, dans le cas de Loïk Le Priol, un syndrome de stress post-traumatique. Les parties civiles contestent l’existence de ce syndrome chez l’accusé. « On a entendu des individus qui n’ont eu de cesse d’auto-légitimer leur passage à l’acte, dénonce Me Marie Tortos. Alors qu’il y a tellement de moments où ils auraient pu arrêter la mécanique infernale. »

Les avocats reprochent également aux accusés de « voler le verbatim des victimes », notamment celui de Shaun Hegarty, que son avocate décrit comme réellement traumatisé. Il « ne respire pas depuis 4 ans et demi, tant il est irrespirable de s’entendre dire qu’on est l’agresseur quand on est agressé », explique-t-elle.

Les parties civiles attendent désormais une décision « de bonne foi », « cohérente », qui dise la vérité et les « apaise ». « Après, Shaun, j’espère enfin que tu arriveras à respirer », conclut Me Véronique Massi.

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