Face-à-face : la CAQ et Christine Fréchette au cœur des débats

Une des questions de l’urne, la guerre tarifaire, aura finalement occupée peu de place lors du premier débat télévisé de la campagne électorale, mais le bilan de la Coalition avenir Québec oui cependant.
L'incertitude économique liée aux tarifs de l’administration Trump a été abordée au tout début du débat. Christine Fréchette a voulu y revenir plus tard alors qu’il était question d’un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec, advenant un gouvernement péquiste.

Paul St-Pierre Plamondon (PQ), Éric Duhaime (PCQ), Christine Fréchette (CAQ), Ruba Ghazal (QS) et Charles Milliard (PLQ), en compagnie de l'animateur du Face-à-face du 15 septembre 2026, Paul Larocque.
Photo : TVA
La cheffe de la CAQ a fait valoir que la stabilité
était la voie à privilégier. Un référendum, ça ferait simplement amener une épaisse couche additionnelle d'incertitude en plus de l'incertitude économique dans laquelle on baigne à cause de [Donald] Trump.
Les autres leaders avaient d’autres projets que de parler de la guerre tarifaire. C’est sur le terrain du bilan de la première ministre sortante qu’ils ont voulu jouer.
Charles Milliard a souligné à gros traits ce qu’il présente comme les échecs les plus importants de la CAQ.
Northvolt, c'est votre gouvernement. Nemaska, c'est votre gouvernement. SIFA, c'est votre signature.
Pour sa part, Paul St-Pierre Plamondon a souligné les transferts fédéraux en santé obtenus par la CAQ, nettement inférieurs à ce qui était attendu – 1 milliard au lieu des 6 milliards demandés.

Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon à son arrivée à la station de TVA à Montréal pour le débat Face-à-face.
Photo : Le Journal de Montréal / Martin Chevalier
Quant à lui, Éric Duhaime a ciblé le rôle de Mme Fréchette en tant qu'ancienne ministre de l'Immigration, affirmant que les entrées au pays sous sa gestion ont été beaucoup trop importante[s]
, contribuant aux crises du logement et des services publics.
Aussi, Ruba Ghazal a dénoncé l'inaction du gouvernement en qualifiant la CAQ de gouvernement [...] qui ne reconnaissait même pas la crise du logement
.

La co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal à son arrivée à la station de TVA à Montréal pour le débat Face-à-face.
Photo : Le Journal de Montréal / Martin Chevalier
Consciente que les attaques viendraient de toutes parts étant donné son rôle de première ministre sortante, Mme Fréchette a voulu prendre un bras de distance avec son prédécesseur en début de débat.
Je ne suis pas François Legault, je suis Christine Fréchette, et je viens avec ma propre façon de faire.
Devant les journalistes après le débat, Christine Fréchette s’est défendue de renier le bilan de la CAQ, disant avoir soulevé de nombreuses réalisations de son parti pendant la joute orale. Et les mauvais coups, eux? Il y a toujours un équilibre, il n’y a pas un parti qui arrive avec 100 %
, a-t-elle répondu.
Elle a insisté sur le fait que des leçons ont été tirées
, qu’elle a effectué un virage
dans la gestion du parti et qu’elle a des orientations nouvelles pour la suite des choses.
Est-ce que François Legault est votre principal adversaire?, a lancé un journaliste. Non, c’est Donald Trump
, a-t-elle rétorqué.
Elle est d’avis qu’elle incarne ce changement espéré par les Québécois grâce à son approche distincte
, son énergie, son « style de leadership », qu’elle appartient à la génération X et qu’elle est une femme, ce qui tranche avec le chef précédant.
Parler de souveraineté
Le référendum sur l'indépendance du Québec s’est aussi invité dans le débat. Charles Milliard s’est désolé de n'avoir pas réussi à obtenir de Christine Fréchette de réponse claire sur sa position quant à l'avenir du Québec dans le Canada.
J'ai eu [...] la confirmation que j'étais le seul fédéraliste dans la salle ce soir
, a-t-il déclaré dans son point de presse post-débat, reprochant à la première ministre sortante d'avoir usé de la cassette
et de lignes désincarnées
tout au long de la joute oratoire.

Le chef du Parti libéral du Québec Charles Milliard à son arrivée à la station de TVA à Montréal pour le débat Face-à-face.
Photo : Le Journal de Montréal / Martin Chevalier
Débattant de stabilité politique et du rôle que chacun des partis pourrait jouer dans un gouvernement minoritaire, Charles Milliard a aussi critiqué le fait que QS, dans son cadre financier, prévoit 840 millions de dollars sur quatre ans pour mettre sur pied une assemblée constituante ayant pour mandat d'écrire la constitution d'un Québec souverain, ce à quoi Ruba Ghazal a répondu que la démocratie, c'est important
.
De son côté, Paul St-Pierre Plamondon a mentionné qu’il souhaite collaborer avec Mark Carney et les autres provinces. Si et quand c'est dans le respect des intérêts du Québec [...] alors que M. Milliard veut que M. Carney soit en quelque sorte son patron. C’est-à-dire un peu ce qu' on a vu avec Christine Fréchette on attend que le téléphone sonne.
Y a pas de patron de personne
, a rétorqué M. Milliard. La Fédération canadienne, c'est des provinces souveraines dans des champs de compétences.

9:25
Sébastien Desrosiers et Sébastien Bovet reviennent sur ce qui a retenu l’attention.
Immigration : des visions aux antipodes
Éric Duhaime et Ruba Ghazal s’entendent pour dire que le peuple québécois est l’un des plus accueillants du monde, mais leurs visions en matière d’immigration divergent radicalement.
Pour faire face au défi démographique, oui, il y a l’immigration, des gens qui viennent construire le Québec avec nous
, a souligné Ruba Ghazal. Ce que ça prend, c’est une immigration intégrée et qui parle le français
, a dit la porte-parole solidaire.

Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime à son arrivée à la station de TVA à Montréal pour le débat Face-à-face.
Photo : Le Journal de Montréal / Martin Chevalier
Ce qui m'inquiète [...] c’est l’immigration incontrôlée
, a expliqué Éric Duhaime.
Selon le chef conservateur, une immigration beaucoup trop importante a contribué aux crises du logement et des services.
Parmi les quelque 200 000 demandeurs d’asile au Québec, certains viennent profiter de nos services, a dit M. Duhaime, estimant que les Québécois sont « généreux ».
Pour le chef conservateur, des tensions naissent quand des demandeurs d'asile arrivent ici et ont des services publics que la population, des Québécois, n'ont pas droit
.
M. Duhaime a cité les soins dentaires ou encore les services d’avocats à titre d'exmples.
La tension vient des coupes dans les services
, estime pour sa part Mme Ghazal.
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