Malgré le rapprochement avec le Canada, l'Europe du Pacifique à l'Oural attendra

Le Premier ministre canadien Mark Carney est à Strasbourg depuis mercredi 16 septembre. Il a assisté au discours sur l’état de l’Union européenne prononcé par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Elle a proposé au Canada un statut de membre associé. Et aujourd’hui, Mark Carney répond.
Le chef du gouvernement canadien s’exprime à son tour devant les eurodéputés. C’est une étape supplémentaire dans le rapprochement avec l’Union qu’il a entamé depuis des mois.
Depuis qu’il a choisi de faire face à Donald Trump en allant lui dire poliment - il est canadien -, mais directement dans le bureau ovale que le Canada n’est pas à vendre. Et c’est un sillon qu’il continue donc de creuser, en particulier avec les Européens, donc.
Étapes symboliques
Première étape symbolique, le fameux discours de Davos en janvier où il appelait à une alliance des puissances moyennes attachées au multilatéralisme face au retour de la loi du plus fort dans les relations internationales, pour qu’elles puissent être à table plutôt qu'au menu des géants. Une proposition qui ne concerne manifestement aucun pays du Sud global.
Ensuite, l’adhésion du Canada au programme européen SAFE de financement des industries de l’armement, avant la participation au sommet de l'union politique européenne à Erevan en mai. Puis, le choix d’une entreprise allemande pour un énorme contrat de construction d’une douzaine de sous-marins.
Mark Carney prononce également un discours devant le Parlement européen de Strasbourg. Après avoir rompu les négociations commerciales avec les États-Unis et lancé son pays dans une guerre douanière. Cela contrairement à Ursula von der Leyen, qui a elle accepté les conditions tarifaires de Donald Trump, sourire aux lèvres et pouces en l’air.
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Membre associé, un statut à définir
Pour l’instant, on ne sait pas grand-chose de ce statut de « membre associé ». Cela concernerait surtout un partenariat renforcé dans la défense, l’énergie, l’accès aux ressources minières, la recherche et l’intelligence artificielle.
Un statut spécial ne serait pas une nouveauté. Quatre pays n'appartenant pas à l'UE - la Norvège, l’Islande qui a récemment repoussé par référendum l’idée de relancer des négociations d’adhésion à l’Union, le Liechtenstein et la Suisse - font partie de l’espace Schengen où la libre circulation des personnes est assurée sans contrôles aux frontières.
Il n’est pas question de cela pour le Canada, de même qu’il est très peu probable qu'il adopte les nombreuses et parfois complexes réglementations européennes, quand plusieurs pays européens, dont la France, n’ont pas ratifié le Ceta, l’accord commercial entre l’Europe et le Canada signé il y a 10 ans.
Relation à la carte
Mark Carney l’a clairement dit : il ne s’agit absolument pas de devenir le 28eme membre de l’Union européenne. Plutôt de prendre ce qu'il y a à prendre dans la relation et de diversifier les sources d’investissement et les marchés d’exportation.
Pour paraphraser le général Charles de Gaulle - un autre homme qui a jadis dit non à la puissance américaine -, on n’est pas près de voir l’Europe du Pacifique à l’Oural. Mais quand votre voisin immédiat devient imprévisible, il est parfois utile de se tourner ponctuellement vers ceux de la rue d'à côté.
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