Pourquoi le prix de l’électricité diffère-t-il d’un pays à l’autre de l’UE ?

La CREG analyse en premier lieu les prix de marchés de gros. "On parle ici des bourses de l’électricité", explique Laurent Jacquet, le directeur. "Chaque pays a sa propre offre et sa propre demande". Les prix sont fixés sur cette base dans chaque pays et varient tous les quarts d’heure.
En effet, "certains marchés nationaux sont couplés entre eux", reprend Laurent Jacquet. "Il y a des interconnexions, donc des lignes à hautes tensions, entre les pays. Dans la conception du marché européen, on voit que l’électricité va aller du pays où elle est produite le moins cher vers le pays où elle est produite le plus cher". Différents flux se propagent alors à travers ces interconnexions d’un pays à l’autre. "Si les interconnexions sont suffisantes pour assurer les échanges, il y aura une convergence des prix, un seul prix au niveau européen".
Le problème, c’est que les capacités des interconnexions ne sont pas infinies. "Il en existe une entre la France et la Belgique d’une certaine capacité, une autre entre l’Allemagne et la Belgique d’une autre capacité… Toute une série de lignes qui ne sont pas toujours disponibles à 100%" en raison de travaux d’entretien notamment. "Ces réductions de capacité font qu’à un moment T, tous les électrons, par exemple bon marché, produits par le nucléaire en France ne pourront aller vers la Belgique et l’Allemagne qui ont moins de nucléaire, et donc une demande plus soutenue. Cela va créer un découplage des prix. Le prix sera peut-être de 100 €/MWh en France, alors qu’il sera de 120 €/MWh en Belgique parce qu’il y a de la congestion entre les deux pays et 150 €/MWh en Allemagne parce que la congestion est plus forte".
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