Il demande un arrêt des procédures | Un présumé trafiquant se dit victime d’une vendetta policière

Marc-André Lachance, une ancienne relation des Hells Angels condamné pour avoir intimidé un policier violemment battu au Mexique en 2011, demande que des accusations de trafic de cocaïne portées récemment contre lui soient abandonnées, se disant victime d’une vendetta personnelle d’un commandant du Service de police de la Ville de Montréal.
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Lachance, 43 ans, dénonce une « campagne de peur, une intimidation organisée sous le couvert de l’uniforme et une omerta » dans une requête déposée en cour et qui doit être débattue la semaine prochaine, au palais de justice de Montréal.
Marc-André Lachance a été arrêté en juin 2025 à la suite d’une enquête de la Division du crime organisé du SPVM dirigée par le commandant Francis Renaud.
Or, M. Renaud faisait partie du groupe d’enquêteurs du SPVM en vacances au Mexique lorsque l’un d’entre eux-dont l’identité est couverte par un interdit de publication-a été brutalisé après avoir tenté de photographier des criminels qui fraternisaient avec des policiers, dans un bar de Playa del Carmen.
De l’acharnement
Selon la requête de Lachance, Francis Renaud a autorisé et était présent lors de son arrestation le 20 juin dernier dans un parc de Sainte-Thérèse, et qu’il s’en est même pris à lui verbalement et physiquement.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Le commandant de la Division du crime organisé (Antigang) du SPVM, Francis Renaud.
D’après les avocats de l’accusé, Me Günar Dubé et Me Xavier Desrosiers, il est inhabituel pour un commandant d’être présent sur les lieux durant ce genre d’opération et cela dénote un acharnement dû à « un historique personnel », plaident-t-ils.
Marc-André Lachance soutient également que tous les policiers présents lors de l’opération ont omis d’indiquer dans leurs notes que le commandant Renaud était sur place.
Lachance accuse aussi le Groupe tactique d’intervention (GTI) d’avoir utilisé une force disproportionnée lors de l’arrestation, en tirant sur lui deux projectiles en caoutchouc, l’atteignant à un mollet et le blessant.
L’accusé trouve louche qu’après son arrivé dans un poste de police, il n’a pas été interrogé formellement et a plutôt eu avec un lieutenant-détective une conversation d’une demi-heure qui n’a pas été enregistrée ou consignée.
Marc-André Lachance reproche également au SPVM d’avoir tardé à partager avec les autorités carcérales le fait qu’il n’était plus relié aux Hells Angels et que 48 heures après son arrivée en prison, sa vie s’en est retrouvée soudainement menacée.
Enfin, Lachance dénonce le fait qu’après avoir obtenu sa libération provisoire, le jour même de sa fête en mars 2026, le Groupe tactique d’intervention l’a de nouveau arrêté pour un bris de condition signalé pourtant deux semaines plus tôt et pour lequel il n’a jamais été accusé.
Un ressentiment personnel
« Pris un à un, chacun de ces épisodes pourrait peut-être s’excuser. Pris ensemble, ils cessent d’être des incidents et deviennent un système », écrivent Me Dubé et Me Desrosiers dans la requête de 34 pages de leur client.
Marc-André Lachance demande un arrêt des procédures en vertu des articles 7 et 11d de la Charte canadienne des Droits et Libertés, relativement au droit à la vie, à la sécurité et à la liberté de la personne, et au droit d’être présumé innocent tant qu’il n’est pas déclaré coupable à l’issu d’un procès public et équitable.
« Permettre la tenue d’un procès en dépit de cette conduite reviendrait à cautionner la proposition voulant qu’un policier haut-gradé puisse, en toute impunité, instrumentaliser l’ensemble de l’appareil qu’il dirige — l’enquête, l’arrestation, l’usage de la force, l’interrogatoire, l’opération subséquente et jusqu’au classement carcéral — pour donner libre cours à un ressentiment personnel », arguent les deux criminalistes qui décochent également quelques flèches aux procureurs de la Poursuite qui pilotent le dossier.
Pour joindre Daniel Renaud, composez-le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.
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