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Thursday, October 29, 2026

Sommet Canada-Union européenne | Un rapprochement sans statut de membre associé pour le Canada

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(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney fera des gestes pour cimenter son rapprochement avec l’Union européenne lors du sommet à Montréal, ce jeudi et vendredi, sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis. Plus d’un mois après l’offre d’Ursula von der Leyen de faire du Canada son premier membre associé, l’Europe a décidé d’écarter cette idée qui divisait les 27 pays membres.

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« Il s’agit du lancement de discussions formelles et de négociations qui se poursuivront tout au long de l’année à venir, avait déclaré le premier ministre Mark Carney mardi. La bonne nouvelle, c’est que les noms ou la terminologie employés importent peu. Ce qui compte, c’est l’incidence concrète que cela aura sur la vie des Canadiens. »

Une source bien au fait des discussions a confirmé que la déclaration commune attendue à l’issue du sommet vendredi ne ferait pas référence au statut de membre associé. Le gouvernement canadien était plutôt mal à l’aise avec ce nouveau statut qu’il n’avait jamais réclamé et parlait plutôt d’une « alliance pour l’avenir ».

Plusieurs pays s’y opposaient, l’Allemagne en tête. Le chancelier Friedrich Merz avait plutôt proposé en mai d’accorder le statut de membre associé à l’Ukraine pour lui permettre de participer aux sommets et rencontres ministérielles de l’UE sans en être membre en règle.

PHOTO RIE KIKUCHI, ASSOCIATED PRESS

Le chancelier de l’Allemagne, Friedrich Merz, photographié mercredi

Malgré tout, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a continué à y faire référence. « Un océan sépare l’Europe du Canada. Pourtant, nous ne nous sommes jamais sentis aussi proches », a-t-elle écrit sur le réseau social américain X pour marquer son arrivée à Montréal. « Nous nourrissons une nouvelle ambition : rapprocher le Canada de nous plus que jamais, en tant que membre associé de l’UE. »

« Grâce à une “Alliance pour l’avenir”, nous ferons front commun pour répondre à un monde marqué par des rivalités croissantes », a-t-elle ajouté.

Les objectifs restent les mêmes

Peu importe la nomenclature, les objectifs du Canada restent les mêmes, ont indiqué des hauts fonctionnaires du gouvernement lors d’une séance d’information mercredi. Il s’agit d’élargir les opportunités économiques, de renforcer la sécurité et la résilience ainsi que de consolider sa capacité à innover et à être compétitif.

Cela signifie tirer parti de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne conclu il y a dix ans. L’entente de libre-échange a surtout profité aux entreprises européennes. Le ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, était d’ailleurs en Irlande la semaine dernière pour peaufiner une entente avec l’UE sur le commerce numérique.

Le gouvernement souhaite également bâtir des chaînes de valeur pour les minéraux critiques et fournir à l’Europe du gaz naturel liquéfié afin d’assurer sa sécurité énergétique.

Outre la participation des jeunes canadiens au programme Erasmus+ pour les échanges étudiants, le Canada et l’UE pourraient s’entendre sur « la reconnaissance mutuelle des qualifications, ce qui pourrait se révéler utile du point de vue du marché du travail », a affirmé en entrevue l’ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne, Jonathan Wilkinson.

Le premier ministre Mark Carney recevra la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa.

PHOTO HARRY NAKOS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen

Huit ministres – Anita Anand (Affaires étrangères), François-Philippe Champagne (Finances), Julie Dabrusin (Environnement), Mélanie Joly (Industrie), Marc Miller (Culture), David McGuinty (Défense), Maninder Sidhu (Commerce international) et Evan Solomon (Intelligence artificielle) – l’accompagneront à Montréal, où ils rencontreront leurs vis-à-vis européens.

« Symboliquement, c’est très fort »

« Symboliquement, c’est très, très fort », observe Frédéric Mérand, directeur du département de science politique de l’Université de Montréal. Il doit animer ce jeudi une discussion entre la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, et la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand.

Il se souvient d’une époque où les sommets Canada-UE suscitaient peu d’émotion et étaient même annulés « parce que d’un côté ou de l’autre, on considérait que ce n’était pas une priorité ».

L’incertitude causée à la fois par la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump et par les guerres en Ukraine et en Iran a changé la donne. Le discours du premier ministre Mark Carney au Forum économique de Davos où il constatait la rupture de l’ordre mondial aussi.

Je reviens d’un congrès sur les relations transatlantiques. D’habitude, on ne parle jamais du Canada, et en ce moment, on ne parle que du Canada. Pourquoi ? Parce que Mark Carney est devenu l’incarnation de l’homme qui a su résister à Donald Trump.

Frédéric Mérand, directeur du département de science politique de l’Université de Montréal

Au-delà des initiatives communes qui seront annoncées, le Canada travaille concrètement à une reconnaissance de sa réglementation. « Il s’agit, dans certains cas, de voir si nous pouvons examiner nos systèmes réglementaires et convenir mutuellement que les résultats obtenus sont équivalents. Par conséquent, il ne serait pas nécessaire de les modifier », explique en entrevue l’ambassadeur Jonathan Wilkinson. Cette mesure pourrait, elle aussi, stimuler les échanges commerciaux.

Il a bon espoir que le sommet servira à régler quelques motifs d’irritation, notamment la reconnaissance de la taxe sur le carbone industriel afin d’éviter que les produits canadiens ne soient frappés de la taxe européenne par l’entremise du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Autre source de contrariété : la réglementation de l’UE sur la déforestation, qui nuit aux produits forestiers canadiens.

Il estime également que le rapprochement avec l’Europe pourrait accélérer le processus de ratification de l’AECG. Neuf pays ne l’ont toujours pas approuvé, soit la France, la Belgique, l’Italie, la Pologne, l’Irlande, la Bulgarie, la Grèce, la Hongrie et Chypre. Presque l’entièreté de l’accord est toutefois en vigueur puisqu’il relève du champ de compétence de l’UE.

L’Union européenne est une organisation qui regroupe 27 pays du Vieux Continent avec un Parlement et des députés qui peuvent adopter des lois supranationales. Le siège officiel du Parlement européen est à Strasbourg, en France, mais une partie du travail des élus se fait également à Bruxelles, en Belgique. La Commission européenne est la branche exécutive et a son siège à Bruxelles.

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