Prestation de serment des ministres | Gentilcore numéro 2, Girard et Paquet superministres

(Québec) En la chargeant de préparer la démarche référendaire, de négocier avec l’opposition et de réduire l’immigration, Paul St-Pierre Plamondon fait de Catherine Gentilcore la numéro deux du gouvernement en la nommant vice-première ministre, leader parlementaire, ministre responsable de l’Accession du Québec à l’indépendance et ministre de l’Immigration. Si son cabinet est petit, les mandats de plusieurs ministres sont gros.
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Il n’y a pas un, mais bien deux superministres sous le gouvernement péquiste, avec Stéphane Paquet, au Développement économique et à l’Énergie, et Nicolas Girard, aux Affaires municipales et aux Transports.
Le 34e premier ministre du Québec se réserve un portefeuille, celui de la Lutte contre l’itinérance. Comme premier geste de son gouvernement, Paul St-Pierre Plamondon débloque des sommes d’urgence pour aider ceux qui vivent dans la rue. « L’hiver arrive. On va être prêts », a-t-il affirmé avant de réunir son Conseil des ministres mercredi soir.
Le cabinet qu’il a présenté mercredi est l’un des deux plus petits depuis la Révolution tranquille. Avec 13 hommes et 9 femmes, il se trouve dans la zone de parité. Et il aura du pain sur la planche, avec des réformes annoncées en santé, en éducation et dans l’administration de l’État.
La cérémonie a réuni au Salon rouge d’ex-élus du Parti québécois (PQ), dont l’ancienne première ministre Pauline Marois, qui donnera une formation aux députés péquistes lors d’une réunion du caucus jeudi. Il y avait aussi Claude Charron, dernier survivant des sept premiers députés du PQ élus en 1970, de même que l’ancien chef Pierre Karl Péladeau, patron de Québecor.
Une absence historique : depuis son bureau situé à un jet de pierre du de l’hôtel du Parlement, la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte a suivi la cérémonie à la télévision pour signer les actes de nomination, à la demande de Paul St-Pierre Plamondon.
Bras droit du chef, numéro deux du gouvernement, femme de confiance, peu importe l’étiquette qu’on lui donne, Catherine Gentilcore pèsera lourd dans ce gouvernement. Elle devient vice-première ministre et ministre de l’Immigration, et elle hérite d’un nouveau poste : ministre responsable de l’Accession du Québec à l’indépendance.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
Catherine Gentilcore
En Chambre, c’est elle, à titre de leader parlementaire du gouvernement, qui sera l’architecte des stratégies législatives du PQ. Paul St-Pierre Plamondon lui demande de réduire les seuils d’immigration, de trouver des « voies de passage » avec les partis de l’opposition dans un contexte minoritaire et de préparer le prochain référendum. Elle aura des alliés, certains députés auront un nouveau rôle : secrétaire parlementaire à l’indépendance.
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Nicolas Marceau, ministre des Finances et ministre responsable des Infrastructures
Aux Finances et aux Infrastructures, les villes reconnaîtront un tandem qu’elles connaissent bien. Nicolas Marceau est le grand argentier du gouvernement pour la deuxième fois de sa carrière. Il aura pour chef de cabinet Samuel Roy, un économiste avec qui il vient d’écrire un rapport choc sur la crise des infrastructures municipales et sur les pistes de solution pour réparer le Québec. M. Marceau a souligné que l’esprit du document qu’il a cosigné avec l’ex-ministre libérale Monique Jérôme-Forget se retrouve dans les promesses du PQ. Pour y arriver, il a pour mandat, avec son collègue des Affaires municipales, de réformer la fiscalité des villes pour qu’elles puissent entretenir leurs immeubles, leurs rues, leurs usines d’épuration et leurs réseaux de distribution d’eau.
Débureaucratisation
Dans son combat pour retrouver l’équilibre budgétaire, Nicolas Marceau aura pour compagnon d’armes Alain Therrien au Trésor, également responsable de l’action communautaire. Il doit lancer un chantier de débureaucratisation – pour que l’État se concentre sur les besoins du terrain. Les villes, les groupes communautaires et les fonctionnaires doivent se concentrer sur leurs missions plutôt que sur des règles inutiles, de la paperasse et des formulaires.
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Alain Therrien, président du Conseil du trésor, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et ministre responsable de l’Action communautaire
M. Therrien déposera le premier projet de loi du gouvernement, qui gèlera le salaire des députés et des dirigeants de l’État jusqu’à ce que l’équilibre budgétaire soit atteint. En qualité de ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Nguyen, spécialiste de l’intelligence artificielle, aura de son côté le mandat d’encadrer cette technologie qui évolue à vitesse grand V et déclenchera un audit sur l’ensemble du secteur informatique, dans la foulée du scandale SAAQclic.
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Stéphane Paquet, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal
L’ex-PDG de Montréal International Stéphane Paquet sera superministre du Développement économique et de l’Énergie et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal. Il doit faire le ménage dans le « bar ouvert » des subventions aux entreprises, réduire leurs impôts. Et comme ministre de l’Énergie, il devra favoriser les PME avec les blocs d’énergie et se tourner vers l’« efficacité énergétique » pour dégager des surplus d’électricité.
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Pascal Bérubé, ministre de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française et ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent
Les autres députés qui ont siégé aux côtés du chef lors du dernier mandat accèdent tous au saint des saints : Pascal Bérubé reçoit de son côté le portefeuille de la Culture et la Langue française, Joël Arseneau prend la tête de l’Éducation nationale et Marie-Karlynn Laflamme hérite de la Santé. Abolir Santé Québec, « il ne faut pas le faire n’importe comment. Le réseau de la santé, c’est un réseau qui est l’objet de réformes depuis des années. Les gens sont épuisés. Donc on va faire ce qu’on a dit qu’on allait faire, mais on va le faire intelligemment », a dit Mme Laflamme en soirée.
Plus tôt, au Salon rouge, elle s’était entretenue brièvement avec la PDG de Santé Québec, Geneviève Biron, en marge du traditionnel cocktail.
« J’ai eu la chance de lui donner une bonne poignée de main, a affirmé Mme Biron à La Presse. Elle m’a dit qu’on va se rencontrer bientôt, et c’est ce que je souhaite. » Lors du discours de Paul St-Pierre Plamondon, « je n’ai pas entendu le mot “abolition” […], mais j’ai entendu des beaux mots : “respect”, “dialogue”, “vouloir consulter”. On a entendu l’importance de réduire la bureaucratie, de décentraliser. On y adhère parfaitement », a-t-elle ajouté.
Les atomes crochus
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Nicolas Girard, ministre des Transports et de la Mobilité durable et ministre des Affaires municipales
Plusieurs ministres auront des emplois du temps très chargés. Nicolas Girard se retrouve au volant des Transports et des Affaires municipales, en plus d’avoir la responsabilité de la Capitale-Nationale, région où le Parti québécois n’a fait élire aucun député. Il y a des « atomes crochus » entre les deux portefeuilles, qui concernent l’aménagement du territoire, a expliqué M. St-Pierre Plamondon. Le gouvernement Marois avait lui-même fait ce choix, en 2012, en confiant ces deux importantes responsabilités ministérielles à Sylvain Gaudreault.
Spécialiste du transport collectif, M. Girard a été député péquiste de Gouin de 2004 à 2012 et il a ensuite dirigé la destinée des sociétés de transport des trois plus grandes villes de la province : Montréal, Laval puis Québec. Il doit combattre les bouchons de circulation et aura quatre projets prioritaires : le tramway de Québec, un projet de transport en commun pour l’est de Montréal, l’élargissement de l’autoroute 20 dans l’Est et la construction d’un pont vers la Côte-Nord.
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Elsie Lefebvre, ministre de l’Enseignement supérieur, ministre responsable de l’Habitation et ministre responsable de la Condition féminine
L’ex-chroniqueuse Elsie Lefebvre devra également trouver du temps pour dormir la nuit. Avec l’Enseignement supérieur, elle doit réformer le financement des universités et s’assurer que les campus sont des milieux où la « méthode scientifique a préséance sur toute autre considération ou idéologie ». À l’Habitation, elle doit formuler une réponse pour cette génération de jeunes Québécois qui se sont fait « confisquer le droit de devenir propriétaire ». Elle obtient également la Condition féminine et a pour mandat d’accélérer la construction de maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales, dans un contexte où les discours « masculinistes et fondamentalistes » prennent de plus en plus de place.
Trois semaines de vacances pour tous les travailleurs
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Camille Pellerin-Forget, ministre responsable des Institutions démocratiques et ministre déléguée à la Santé mentale et aux Services sociaux
La députée d’Iberville Camille Pellerin-Forget se retrouve également avec des missions diverses : elle doit livrer la réforme du mode de scrutin que Paul St-Pierre Plamondon a promise durant la campagne électorale, tout en occupant la fonction de ministre déléguée à la Santé mentale et aux Services sociaux.
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Marie-Claude Sarrazin, entre autres ministre de la Justice
L’ex-procureure de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic Marie-Claude Sarrazin se retrouve de son côté avec le titre de la plus longue nomenclature pour un ministre. Outre la Justice, elle s’occupera également de la Laïcité, des Affaires intergouvernementales canadiennes, des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, de la Lutte contre le racisme et la discrimination et de l’Accès à l’information.
Le nouveau ministre du Travail Mathieu Lebrun aura de son côté le mandat de modifier les normes du travail pour instaurer un « minimum de trois semaines de vacances » pour tous les travailleurs, une annonce surprise de la cérémonie. Le député de Trois-Rivières Jean Pellerin, un homme d’affaires et ex-président de chambre de commerce, s’en va à l’Environnement.
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